Neurasthénie

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Gris
Nom de l'album Neurasthénie
Type Album
Date de parution 19 Décembre 2006
Style MusicalBlack Doom
Membres possèdant cet album67

Tracklist

Recorded when the band's name was NIFLHEIM.
Re-Issue in 2006 by Sepulchral Productions with a new cover.
1. Le Neurasthénique 04:05
2. The Cold Wind of My Breath Is Always Blowing 05:33
3. Lueur d'Ombre 08:02
4. Where So Many Tombs Were Forgotten 09:45
5. Elder Moons 06:07
6. Funérailles 06:13
7. Aux Serres de la Mélancolie 10:28
Total playing time 50:13

Chronique @ Naiwan

13 Juillet 2013

Avant de devenir des géants, il faut apprendre à s'imposer parmis les rats.

C'était il y a cinq ans déjà.
Cinq ans que j'ai découvert Gris de par leur superbe album « Il était une forêt... », et c'était la première fois que je me penchais vers un genre de Black Metal différent de ce qui se faisait chez les têtes de files du mouvement, issus de leurs baraques en bois et lotissements scandinaves, tout de noir et blancs barbouillés.
Gris, déjà même s'il reste dans le froid et la neige, change de longitude, change de continent et met un bon gros océan atlantique entre ses racines Black Metal et son apport personnel de musique moins occultiste.

Adieu Vieille Europe, bonjour ancienne Nouvelle-France.
Car c'est au Québec et sur sa scène underground de Metal extrême que l'on retrouve Gris, au milieu des comparses comme Sombres Forêt, ou encore Monarque, développant une musique qui se différencie de leurs pairs (pères?) scandinaves par une propension à filer le mouron et à jouer plus sur l'aspect dépressif et négativiste plus que sur la haine et l'occultisme de nos brûleurs d'églises préférés.

C'est de manière anti-chronologique que je me suis mis à écouter « Neurasthénie », album enregistré à l'époque où le groupe s'appelait encore Niflheim. On m'a prévenu que la musique serait bien différente de leur second opus, mais j'ai décidé de faire fis de ces mises en gardes, ayant entière confiance en un groupe dont le talent m'avait sauté aux yeux si brutalement.
J'ai eu tort. Du moins c'est ce que j'ai cru à ce moment là.

Au premier abord, je n'ai pas reconnu Gris. Je n'ai pas reconnu ces structures travaillées, cette folie enchanteresse qui guide de la première à la dernière piste comme sur leur deuxième album...
J'ai été déçu. J'ai été choqué. Peut-être même anéanti. Et puis je me suis ressaisi.

Neurasthénie commence mal. Mal dans le sens où ca fait mal, véritablement. La composition est lente, répétitive, totalement dénuée d'envolées ou de passages épiques comme sur la suite de leurs travaux. La production est sale. Tellement sale que j'ai failli m'étouffer. Icare joue de la batterie aussi bien que moi: un poum tchack des plus basiques que ne pourraient même pas envier AC/DC, chante sous une nappe d'effets et de distorsion complétement dégueulasse, et me déprime partiellement tellement je trouve ça mou. Neptune quant à lui ne semble pas aussi inspiré dans la composition. Les riffs, parfois beaux, parfois chiants, se suivent, se ressemblent, s'alternent, mais ne surprennent pas. Loin est le grandiose, loin est le magistral. Je me sens trahi, violé. J'arrête.

Quelques semaines ou mois plus tard, je retente l'expérience.

C'est toujours aussi mauvais. Mais j'ai changé d'avis. Je vais prendre ce disque pour ce qu'il est, à savoir un exemple flagrant de DSBM on ne peut plus classique. Je supprime même de moi l'idée que c'est Gris qui est à l'origine de ce disque, et je décide d'utiliser leur première appellation, Niflheim, comprenant du même fait pourquoi le nom a changé entre temps.
Le résultat est... étonnant. J'écoute et à force de le réécouter, je finis par aimer ce que je considérais comme étant une daube infâme.

Gris était à l'époque un groupe jeune qui avait décidé de faire du Black Metal, mélangeant le sombre et la noirceur des racines du genre à la dépression maladive que subissent ses deux géniteurs. Le Black Metal étant une manière simple et efficace d'exprimer les idées les plus épaisses, il n'est pas incompréhensibles d'avoir voulu produire quelque chose de destructeur plutôt que de détruire quelque chose de créateur, à savoir eux-mêmes.
Le choix de la musique plutôt que l'abandon de la vie a été judicieux dans un sens car le talent bien que présent déjà aux prémices de leur travail ne pouvait que s'améliorer par la suite. Les mélodies de Neurasthénie sont certes simplistes et peu travaillées, elles reflètent pourtant parfaitement le type de composition auxquels nous ont habitués les cadors du DSBM. Le but de Neurasthénie n'était sans doute pas de faire quelque chose d'original et de magistral comme ils l'ont fait sur Il était une forêt... Mais sans doute de faire quelque chose de classique, de simple, d'expiateur afin de se plonger dans un univers musical, de se faire un nom et surtout de poser les bases d'un genre qui finira par devenir ce que l'on connait d'eux aujourd'hui.
Par deux fois donc, ce groupe m'a surpris. Alors il est certain que comparer le premier et le second album est une erreur que j'ai commise à ne surtout pas reproduire, d'ailleurs je ne recommande pas de les écouter à la suite de peur d'y trouver une scission trop grande, mais il n'empêche que...

Quand on développe la patience, l'attention nécessaire pour rentrer dans Neurasthénie, avec ses répétitions, sa réverbération, sa production dégueulasse et ses trop nombreuses erreurs de jeu... Et bien on arrive à vivre cet album. On arrive à y voir de la tristesse, du désespoir, de la noirceur, de la saleté et du vide... Beaucoup de vide.
Et c'est en ça que réside la beauté: que l'artiste par sa musique puisse transmettre les sentiments, sensations et idées qu'il y met.

1 Commentaire

3 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ XxDeadPianistxX

17 Août 2010
Ayant connu Gris par leur plus récent album, Il était une Forêt, j'ai découvert que Gris avait un autre album qui date de 2006 lorsque le duo s'appelait Niflheim . Je suis surprit de voir que aucune chronique n'a encore été fait sur cet album vu le nombre de chroniques que leur album «Il était une Forêt» possède. Donc, je me lance.

Neurasthénie comporte sept morceaux dont deux instrumentaux. Elle s'ouvre sur un pièce de ce genre joué à la guitare: «Neurasthénie». Troublante, elle montre bien le ton de l'album...

On remarque une nette différence par rapport aux hurlements de Icare, ils sont beaucoup plus brouillés que sur «Il était une Forêt». Sur «Lueur d'Ombre» c'est par moment intolérable, si oppressant. Par exemple, il est extrêmement difficile de déchiffrer les paroles de ce dernier titre. Mais, nous refusons d'arrêter cette torture... effectivement pour apprécier pleinement cet album il faut être un peu masochiste.

Les morceaux créent une ambiance ô combien étouffante, notamment grâce au mélange de guitares, utra saturés (non sérieusement vous n'en aurez entendu de telle c'est littéralement hallucinant) et de batterie très lourde. Merci au claviers, ils sont les poumons de cet album, grâce à eux nous pouvons respirer, nous sortir hors de cette immonde masse de son et de cri. Le titre reflétant le plus cette ambiance est à mon avis «Where so Many Tombs Were Forgotten».

Gris nous montre aussi des morceaux instrumentaux tels que «Elder Moons». Ces morceaux nous montrent l'autre facette de ce duo. Beaucoup plus douce et mélancolique. Mais n'est ce pas ce que l'artwork nous montre? Un paysage gris, l'équilibre entre la beauté et la laideur. (Il ont effectivement commencer a pensé à ce concept lors de l'enregistrement de cet album sans doute. Mais, ils ont mis leur démarche à l'oeuvre en changeant leur nom de groupe pour «Gris» car le concept d'équilibre est beaucoup plus présent sur le nouvel opus. Cependant, ce sera pour une autre fois)

«Funérailles»... que dire de ce morceau. C'est la pièce maîtresse de cet album. À elle seule, on ressent tout le désespoir de l'humanité grâce au chant, au clavier et à la guitare et au texte. Tout les instruments font vraiment de ce morceau une marche funèbre. Personnellement, je trouve que c'est le meilleur.

Les textes sont sublimes, ils savent parfaitement manier notre belle langue française. Langue qui a mon avis est la plus poétique par la polysémie des mot. Car les paroles de cet album sont de magnifiques poèmes rempli d'image à vous donnez froid dans le dos. Mon préférer est «Au serre de la mélancolie». Je vous en donne une strophe, c'est de toute beauté:

«Pendu à l'arbre de mes torts
Mon corps flasque secoué par la pluie
Marqué de plaies noircies
?Oeuvre inachevée des serres de ma mélancolie »

Conclusion? Cet album est certes très différent de Il était une Forêt. Ici, les pièces sont plus... beaucoup plus étouffante, le chant d'Icare y est pour beaucoup. Donc, a ne pas mettre entre les oreilles de personne atteinte de claustrophobie, il vont faire une crise d'angoisse. Non mais sans rire, on y retrouve des merveilles. Amateurs de BM dépressif, si vous passez à coter de cet opus, non comment c'est possible TOUT fan de ce genre ce doit d'écouter cet album. Une perle noire enfoui dans les ruines de notre monde....

4 Commentaires

0 J'aime

Partager
Maggy - 19 Septembre 2010: Il faut tout de même savoir une chose, cet album n'est pas (vraiment) comparable à "Il étais une forêt...", ce n'est pas pour rien que le groupe à changer de nom.

Tant au niveau des sonorités de guitare, batterie, du chant, de l'ambiance même, c'est différent.

Personnellement, je pense que je préfère cet album.

[Pour cet album, le groupe portais très bien le nom de Niflheim]
XxDeadPianistxX - 19 Septembre 2010: Oui, en effet j'ai essayer d'éviter les comparaisons, mais j'ai voulu faire une chronique sur les personnes comme moi, qui connaissent Gris avec "Il était une forêt" et de leur montrer que cette album est différent.

Mais effectivement ces albums ne se comparent pas.
Doomouton - 05 Fevrier 2011: Niflheim et Gris ne sont pas le meme groupe donc tout est different, mais j'ai aussi découvert niflheim grace a "il etait une foret...". Tu as fait une tres bonne chronique !
XxDeadPianistxX - 05 Fevrier 2011: Merci de ton commentaire,
c'est ma deuxième chronique, et je vais continuer à en écrire pour toujours m'améliorer héhé
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire