Nefarious Dismal Orations

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Nom du groupe Inquisition (USA)
Nom de l'album Nefarious Dismal Orations
Type Album
Date de parution 25 Mars 2007
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album140

Tracklist

1. Ancient Monumental War Hymn 05:43
2. Nocturnal Gatherings and Wicked Rites 05:37
3. Strike of the Morning Star 05:03
4. Through the Infinite Sphere Our Majesty Shall Rise 05:36
5. Infernal Evocation of Torment 02:56
6. Where Darkness Is Lord and Death the Beginning 07:20
7. Nefarious Dismal Orations 04:11
8. Enter the Cult (Instrumental) 03:38
9. Before the Symbol of Satan We Vow and Praise 05:57
Total playing time 46:01

Chronique @ Icare

22 Mai 2015

Peut-être un peu en dessous des albums précédents, Nefrious Dismal Oration n’en est pas moins une franche réussite

Si vous suivez un peu l’actualité de Season of Mist, vous savez certainement que le label français a décidé de rééditer tous les albums de la discographie du duo américano colombien Inquisition agrémentés d’un nouvel artwork signé Paolo Girardi. C’est au tour de Nefarious Dismal Orations, quatrième album de la formation, de sortir en ce mois de mai 2015, dont la splendide nouvelle pochette, bien plus blasphématoire, rend mieux compte de l’art satanique du combo, nous décrivant une scène infernale digne de la Divine Comédie de Dante.


Une intro grésillante semblant provenir d’un vieux film d’horreur nous accueille et fait doucement monter la tension pendant une minute, avant que le premier blast, terriblement lourd et mat, ne vienne exploser nos oreilles, appuyant un riff lobotomisant à l’épaisseur opaque et occulte : c’est Ancient Monumental War Hymn qui démarre réellement, et c’est parti pour 46 minutes d’un black à la fois violent, mélodique, envoûtant et malsain dont seul Inquisition a le secret. Lors des breaks plus lents, les guitares se font particulièrement dissonantes, nous engluant de leurs harmonies poisseuses qui nous possèdent de leur noirceur hypnotique.

La musique d’Inquisition a finalement assez peu changé depuis le premier album, toujours aussi facilement identifiable, avec en premier lieu le chant toujours aussi spécial de Dagon, véritable marque de fabrique du groupe, résonnant comme une litanie grave, rauque, sèche et coassante et baignant les neuf morceaux de cette offrande dans un occultisme étouffant et d’autant plus terrifiant que la voix est presque posée, calme, comme déterminée à mener son rituel innommable jusqu’au bout, quelles qu’en soient les conséquences ( elle est plus décharnée et incantatoire que jamais sur Strike of the Morning Star, morceau par ailleurs assez simple basé sur quelques riffs efficaces et une double pédale omniprésente).
Pour le reste, on reconnaît ces riffs simples mais extrêmement graves et sombres, terriblement efficaces et envoûtants, renforcés par ce son titanesque qui nous immerge dans les profondeurs des abysses, ainsi que cette batterie infatigable qui alterne blasts et mid tempi lugubres.

D’ailleurs, on remarquera qu’Incubus a pris du galon, martyrisant ses futs avec une vitesse et une précision redoutable, et d’une manière générale, les nouveaux morceaux sont plus rapides et plus violents que sur les albums précédents : certains passages font presque penser à du Belphegor (c’est flagrant lors de certaines parties de blasts à la lourdeur écrasante, et plus précisément sur Ancient Monumental War Hymn lorsque, dès 4,10 minutes, les invocations de Dagon sont doublées de ces éructations death proprement terrifiantes qui rappellent beaucoup la bestialité vocale d’Helmuth).
Oui, Inquisition a indubitablement radicalisé sa musique (ces cris d’horreur et de souffrance qui nous déchirent les tympans à la fin de Nocturnal Gatherings and Wicked Rit), une influence thrash venant même parfois pointer le bout de son nez (le début de ce même morceau avec ce solo hurlant et bordélique qui sent bon l’urgence, le court et tonitruant Infernal Evocation of Tourment). On pense parfois à Immortal, autant pour ces vocaux lugubres et grinçants que pour ces riffs simples effectués en allers retours hystériques et ce rythme déchaîné qui nous entraînent dans un blizzard glacial et maléfique (les riffs furieux et le matraquage impitoyable du titre éponyme).

En revanche, ce regain d’agressivité se fait au détriment des mid tempos magiques et envoûtants si caractéristiques du groupe, qui, bien que toujours présents, se font moins diaboliquement irrésistibles : hormis l’excellent Ancient Monumental War Hymn, il faut attendre le quatrième titre Through the Infinite Sphere Our Majesty Shall Rise pour avoir un titre majoritairement mid tempo avec ces quelques plages atmosphériques et lancinantes où les guitares grésillent délicieusement, nous berçant de leurs mélodies aussi noires qu’astrales. Disons que d’une manière générale, si le duo est plus direct dans sa musique, il est un peu moins prenant et intense dans les ambiances qu’il développe et fatalement plus linéaire (un titre comme Before the Symbol of Satan We Vow and Praise, bien qu’assez bon, est plutôt dispensable). Ceci dit, Where Darkness Is Lord and Death The Beginning nous sert également ce riffing si particulier à la beauté hébétée, qui nous assomme littéralement par sa lourdeur plaintive, mélange de bestialité et de mélancolie imparable. Même si le titre est un peu long, les parties blastées restent mélodiques grâce à ces riffs majestueux, puissants et désolés à la fois, et à un certain groove désabusé appuyé par l’écho sourd de la double pédale.


Inquisition montre ainsi qu’il n’a pas perdu son savoir-faire et qu’il continue à propager un art noir malsain, envoûtant et inspiré dont lui seul a le secret. Peut-être un peu en-dessous des albums précédents, Nefrious Dismal Oration n’en est pas moins une franche réussite, une de plus dans la discographie d’Inquisition qui réalise jusqu’ici un sans-faute. Si vous ne l’avez pas déjà en votre possession, il serait dommage de passer à côté de cette réédition: n’attendez pas de mourir pour profiter de l’Enfer !

1 Commentaire

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Seul - 22 Mai 2015: Je ne trouve pas l'intérêt à Season of Mist de rééditer les albums à part ce faire des sous. En plus les pochettes originales sont vraiment plus sympa avec leurs petits côté "Old School" qui colle plutôt bien avec le groupe. C'est d'autant plus con car au même moment Hells Headbanguers rééditait tous les albums sur un putaing de beau digipack !
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