Nazareth

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Nom du groupe Nazareth
Nom de l'album Nazareth
Type Album
Date de parution Novembre 1971
Labels Pegasus
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album37

Tracklist

1. Witchdoctor Woman
2. Dear John
3. Empty Arms, Empty Heart
4. I Had a Dream
5. Red Light Lady
6. Fat Man
7. Country Girl
8. Morning Dew
9. The King Is Dead
Bonustracks (Re-Issue 2002)
10. Friends (B-Side)
11. Dear John (Single Edit)
12. Morning Dew (Alternate Edited Version)
13. Friends (Alternate Edit of B-Side)
14. Morning Dew (Extended Single Version)
15. Witchdoctor Woman (Previously Unreleased Version)

Chronique @ melpo

27 Mai 2018

Voila du Nazareth qui expérimente mais qui n’a pas encore trouvé sa voie

J’ai toujours été intrigué par Nazareth et sa place dans la famille « métal » en France. Voila un groupe qui assurément, s’inscrit dans la lignée des fondateurs du hard –rock mais qui pourtant n’a jamais eu la même reconnaissance que les grands.

On le sait les quatre créateurs du groupe sont des Ecossais qui ont commencé dans un groupe amateur qui faisait essentiellement des reprises et qui tournait dans les pubs écossais. C’est en 1970, que le groupe qui a pris le nom de Nazareth en référence à une chanson de The Band, s’installe à Londres pour lancer sa carrière professionnelle. On est dans une période bénie pour les rockeurs anglais. Certes, les Beatles finissent leur décennie, mais les Rolling Stones sont à leur apogée et surtout une nouvelle « vague » de groupes anglais adopte résolument un son plus agressif et forme ce qui est train de devenir le hard rock. C’est pourquoi lorsque les jeunes Ecossais débutent en s’inspirant des grands du hard, certains ont pu les associer à ses contemporains que sont Led Zeppellin, Deep Purple et Black Sabbath. D’ailleurs, quel groupe de hard rock né à la charnière des années soixante et soixante-dix, n’a pas écouté ces trois là ?

Si Nazareth ne joue pas vraiment dans la même catégorie que les groupes cités plus hauts, ce qui explique sans doute qu’à ce jour, la bande à Mc Cafferty et Charlton n’ait bénéficié d’aucune chronique sur notre site, ils méritent quand même qu’on s’intéresse à eux. Ils ont quand même vendu plusieurs dizaine de millions d’album au cours de leur longue carrière.

Ce qui caractérise Nazareth et cet album en particulier, c’est cette faculté de s’imprégner des influences différentes pour sortir un son qui est assez unique et qui en même temps ressemble un peu à tous ce que l’on a déjà entendu.

Nous sommes donc en 1971 et on peut sentir l’influence du mouvement psychédélique et progressif. Ce qui n’est pas très surprenant, dans la mesure où le producteur Dave Hitchkock qui débute sa carrière, est en train de devenir un producteur de groupe de rock progressif. Il a, et aura à son tableau de chasse Genesis, Caravan, Camel ou encore Marillon, excusez du peu.

L’atmosphère psychédélique est évidente sur les morceaux « Witchdoctor Woman” et « Empty Arms, empty Heart ». Ce sont deux titres en mid-tempo dont on sent bien les influences du moment, ou peut-être même des inspirations plus anciennes. Je pense en particulier à Cream ou même Grateful Dead. La sensation « rock progressif » s’entend dans certains titres avec l’utilisation de l’orgue et des violons. C’est le cas avec « Red Light Lady », un morceau qui nous évoque Deep Purple. On notera que l’orgue est joué par Dave Stewart qui est un claviériste anglais qui à joué dans différents groupes de rocks progressifs des années 70. Quand au final, « The King is Dead » c’est une véritable envolée progressive aux charmes désuets mais qui se laisse écouter. Dans le même genre, on passera assez vite sur la ballade « I had a dream » où l’harmonium a un coté vieillot et poussif. Quand à « Fat Man », le 6ème titre de l’opus, il est assez original, en tout cas sa première partie avec un son de basse très lourd, très heavy et une voix chantée avec la gorge.

L’autre facette des Ecossais est leur attachement aux racines américaines du rock. Ainsi, la ballade « Country Girl » est révélatrice de cette aspiration, même si ce n’est pas un morceau d’anthologie. Probablement trop larmoyant à mon goût et la voix de McCafferty n’a pas encore ce coté rugueux qui fait son charme et qui surtout a fait sa réussite sur d’autres ballades. En revanche le titre « Dear John », bien plus énergique nous fait irrémédiablement penser à Status Quo qui, au même moment adopte son orientation « boogie hard ». Attention, cependant à ne pas faire d’anachronisme, les gars de Status Quo n’ont pas encore la renommée qu’ils auront par la suite et il n’est pas du tout certain qu’ils aient influencé les Ecossais. Mais Nazareth sent bien à ce moment là qu’il y a un créneau à prendre, puisque cet extrait est choisi pour être sorti en single et que c’est l’un des rares titres qui sera repris ultérieurement dans les anthologies et autres best-of de la formation. Pour information, les membres du groupe se font épauler au piano sur ce titre et sur « Morning Dew » par Pete Wingfield, un pianiste britannique qui participe à différentes formations de blues et de soul. Quant à « Morning Dew », c’est une reprise de 1961, écrite par la canadienne Bonnie Dobson. En fait, cette chanson avait déjà été reprise par de nombreux artistes, en particulier, Grateful Dead et Jeff Beck Group puis plus tard par Robert Plant. Ici, il serait plus juste de dire que Nazareth s’est inspiré davantage de l’interprétation du groupe de Jeff Beck que de l’original folk, cela explique le ton plus rock et plus psychédélique. En revanche, l’écoute de ce titre en live nous montre que Nazareth est une formation d’abord faite pour la scène. On a parfois comparé la voix de McCafferty avec celle de Brian Johnson ce qui ne semble pas évident sur ce premier album. Mais en réécoutant Jeff Beck Group et leur version de « Morning Dew », sorti en 1968 avec comme chanteur Rod Stewart, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a vraiment une similitude dans les voix de ces deux artistes. Cette capacité à chanter à la fois sur un ton aigu et avoir une voix rocailleuse ou râpée.

Au fond quand on analyse ce premier essai de Nazareth, on voit bien qu’il s’agit d’un groupe qui se cherche avec des interprétations psychédéliques, progressives, blues-rock et même heavy-rock. La formation expérimente et part dans différentes directions, les musiciens n’ont pas encore trouvé leur route. Si on entend bien que la voix de Dan McCafferty et la guitare de Many Charlton nous donnent des pistes sur la future marque de fabrique du groupe, l’ensemble manque encore de cohérence et d’énergie. D’autant que la production a bien vieillie et ne permet pas de donner toute la puissance que devrait avoir cette musique. C’est donc un album peut-être à conseiller pour les « historiens » du genre mais surement pas à ceux qui souhaitent découvrir ce groupe. Il faudra être un peu plus patient et attendre le troisième album.

2 Commentaires

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frozenheart - 27 Mai 2018:

Félicitation et merci pour cette magnifique chronique (la première sur SOM), du premier album d'un groupe qui m'est cher et pas souvent mentionner sur les forums. Un album plutôt intéressant à défaut d'être exceptionnel, pour cela Il faudra attendre l'année 1973 et la sortie des superbes Razamanaz et Loud 'N' Proud (mon album préféré).

 
Rellum - 28 Octobre 2018:

Très belle chronique qui décortique assez bien le 33T et qui nous replace dans le contexte de l'époque.

NAZARETH, c'est un groupe que j'apprécie beaucoup, et que dire de ces superbes pochettes!

Evidemment, le grand départ c'est bien sûr Razamanaz.

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