Mysterium

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Nom du groupe Temple Of Baal
Nom de l'album Mysterium
Type Album
Date de parution 02 Octobre 2015
Enregistré à Hybreed Studio
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album43

Tracklist

1. Lord of Knowledge and Death 09:07
2. Magna Gloria Tua 09:16
3. Divine Scythe 07:17
4. Hosanna 08:00
5. Dictum Ignis 01:31
6. Black Redeeming Flame 06:29
7. Holy Art Thou 06:48
8. All in Your Name 07:00
Bonustrack (Vinyl Edition)
9. The Golden Walls of Heaven (Bathory Cover) 05:23
Total playing time 55:28

Chronique @ growler

14 Octobre 2015

Temple Of Baal accouche de l’album le plus ambitieux et abouti à ce jour

Deux ans après un « Verses of Fire » très réussi, les Parisiens de Temple Of Baal, fer de lance de la scène black-metal hexagonale, reviennent avec leur nouvelle offrande, intitulée « Mysterium ». Toujours composé de Skvm à la batterie, d’Arkdaemon à la basse et d’Amduscias au chant et à la guitare, le groupe a pourtant subi un changement d’importance suite au départ d’Alastor en 2013, pour intégrer Saroth (The Order Of Appolyon, Antaeus (live), Aosoth (Live), Hell Militia (live)) à la seconde guitare. Comme on ne change pas une formule qui fonctionne, « Mysterium » a, une nouvelle fois, été produit par Andrew Guillotin au Hybrid Studios (Glorior Belli) et publié par le label polonais, Agonia Records.

L’artwork, à la fois sombre et moderne (exit les couleurs « rosées » de « Lightslaying Rituals »), signé David Fitt (Aosoth, Secret Of The Moon, Svart Crown) et Maria Yakhnenko, plante littéralement le décor. En effet, « Mysterium » est une masse compacte, d’une homogénéité obscure qui happera l’auditeur afin de l’entraîner dans un univers poisseux, glauque, sur lequel le Malin règne en maître, et ce, dès l’introduction de « Lord Of Knowledge and Death ». Ce titre s’ouvre sur des sonorités oppressantes et inquiétantes, qui seront suivies d’un arpège très doux mais d’une mélancolie tristement lugubre, servant de fil conducteur au morceau, avant que la déflagration sonore ne débute. Et, force est de constater que Temple Of Baal n’a rien perdu de sa verve haineuse qui l’habite depuis ses débuts. Cette composition à tiroirs, émaillée de nombreux changement de rythme, représente l’essence même du Temple Of Baal d'aujourd’hui. Et ce qui était le leitmotiv de « Verses of Fire », le sera également pour « Mysterium », mais élevé ici à son maximum.

En effet, les Franciliens ont décidé de peaufiner à l’extrême leurs compositions, prenant le temps de développer leur art, ne s’embarrassant pas de concision et composant des morceaux plus longs, avec un côté épique plus prononcé. Point ici de « Golden Wings Of Azazel » ou de « Bloodangel », Temple Of Baal se fait ambitieux et prend le soin d’accoucher d'une œuvre la plus aboutie possible.

Cependant, la violence et la brutalité, inhérentes à la musique pratiquée par le quatuor, sont toujours bien présentes comme les couplets de « Divine Scythe » (titre sur lequel intervient Georges Balafas (Decline Of The I, Drowning)), « Magna Gloria Tua » ou « Black Redeeming Flame » et « Holy Art Thou », pour ne citer que ces titres. En outre, les multiples breaks mettent en exergue les accélérations tonitruantes dont le groupe a le secret comme sur « Lord Of Knowledge And Death », « All In Your Name » ou encore « Hosanna » et, ces césures font également office de respirations salvatrices afin que l’auditeur ne soit pas sujet à l’asphyxie avant la découverte intégrale de ce nouvel enregistrement.

L’atout principal de « Mysterium » réside principalement dans l’art de Temple Of Baal de créer des compositions à rallonge, en évitant l’écueil de la linéarité, de la répétitivité et de l’ennui qui sont trop souvent l’apanage des longs morceaux. L’incessante alternance rythmique y est très certainement pour beaucoup. Le quatuor a su y insuffler des mélodies sous-jacentes très efficaces donnant encore plus d’intérêt à leurs titres qui n’en manquent pourtant pas (« Black Redeeming Flame », All In Your Name » ou « Lord Of Knowledge And Death »). Aussi, « Mysterium » est un condensé de puissance et de haine, asséné par des riffs massifs tout simplement écrasants trouvant leur apogée sur « Hosanna » qui, avec « Lord Of Knowledge And Death», représentent le point d’orgue de cet album. Malgré un commencement blasté, cette composition, plutôt d’obédience mid-tempo, est dotée d’une mélodie directrice très accrocheuse, d’un riffing énorme, d’une accélération hallucinante et d’un solo fracassant, le tout enrobé d’une atmosphère moite et poisseuse pour un rendu massif et d’une puissance rare. Il faut ajouter à cela d’autres moments de bravoure comme le passage « poétique » dans la seconde partie de « Magna Gloria Tua », ainsi que la partie médium de « All In Your Name », pour se rendre compte de la richesse de cet opus.

En plus de la vélocité, de la férocité, de la haine et de la puissance que renferme cet enregistrement, l’accent a été indéniablement mis sur la mise en place d’atmosphères lugubres, obscures, glauques, brumeuses et religieuses, le break de « Magna Gloria Tua » et ses chœurs en arrière-plan, ou « Dictum Ignis », un interlude ritualiste en forme de messe noire, appuient en ce sens.

La production de « Verses of Fire » signée Andrew Guillotin, avait pourtant beaucoup d’allure, mais celle de « Mysterium » la supplante complètement: chaque instrument est parfaitement audible, elle possède une puissance décuplée et un côté plus charbonneux qui sied à merveille aux compositions de Temple Of Baal, donnant beaucoup de relief à ces dernières. Les musiciens sont tous au diapason et interprètent leurs morceaux comme si leur vie en dépendait avec notamment Skvm, en très grande forme, enchaînant les multiples plans sans aucune faiblesse, et Amduscias, qui vocifère des vocaux terrifiants avec une dévotion au Malin non dissimulée (le cri sur le final de « Lord Of Knowledge And Death» fait froid dans le dos), sans compter les nombreux solos qui jalonnent l’opus, prouvant par la même occasion que les membres de Temple Of Baal sont loin d’être des manchots.

Le seul point noir que je pourrais adresser à l’encontre de « Mysterium » est la première partie de « Magna Gloria Tua » qui, à mon goût, est en-dessous du reste de l’album. Le riffing entêtant y tourne en rond et les attaques blastées n’atteignent aucunement leur cible. Mais heureusement, la seconde partie de cette composition sera d’un autre acabit et sauvera la première. Votre serviteur ajoutera à cela l’agencement similaire de toutes les compositions (hormis « Dictum Ignis », bien sûr), enlevant de ce fait, tout effet de surprise sur la durée, tendant vers une certaine prévisibilité.

Comme une réponse à la destruction du Temple De Baal par l’Etat Islamique dans la cité antique de Palmyre, Temple Of Baal revient plus fort que jamais, avec sa dernière œuvre, « Mysterium », qui est le point d’orgue de sa discographie. A la fois plus épique, plus haineux et colérique, mais également empreint de tristesse et de mélancolie, Temple Of Baal accouche de l’album le plus ambitieux et abouti à ce jour. Il séduira assurément tous les amateurs de « black/death » mais également beaucoup d’autres.

ENORME !!!

6 Commentaires

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Deathstars59 - 14 Octobre 2015: Intéressant je ne penser pas me l'acquérir de suite mais au vu de cette chronique il est bien probable que je passe commande pour ce skeud en même tps que le nouveau KAMPFAR et le nouveau VREID Thanks
growler - 15 Octobre 2015: Merci pour tes compliments Rachel!! Oui, j'aime la scène hexagonale qui regorge de nombreux talents.
growler - 15 Octobre 2015: Merci mon David!!!!
jocemcmxcix - 19 Octobre 2015: Après avoir beaucoup aimé Verses of Fire, mais hélas aussi après avoir été déçu par un concert inaudible (au son pourri) au Motocultor, voilà un album qui me réconcilie avec eux !
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