Ce n'est pas souvent qu'Unique Leader Records laisse ses poulains en dormance pendant de longues années. En principe, les sorties sont régulières et les groupes qu'il soutient ont toujours quelque chose à nous dire en l'espace de deux-trois ans en moyenne. Pour les Turcs de
Carnophage, c'est assez spécial puisqu'ils ne se sont pas fait entendre depuis huit ans. Et pendant ce laps de temps, la scène death technique a pas mal évolué. Difficile donc de revenir en force après tant d'années d'absence, mais la bande relève le pari avec un nouvel opus "
Monument" qui fait suite au remarqué "
Deformed Future / Genetic
Nightmare" de 2008.
Une introduction dark pose le décor, avec son ambiance morbide et sinistre, avant d'enchaîner sur un "Second Genesis" prouvant que
Carnophage ne s'est pas endormi sur ses lauriers. Ça part direct et sec avec une rythmique carrée et un couple de guitaristes à l'aise et très en phase. La brutalité est toujours de mise avec une technicité contrôlée, sans étalage, entrecoupée de passages mid tempo qui aèrent l'ensemble et développent une certaine atmosphère.
Même si l'influence
Suffocation est toujours bien présente,
Carnophage arrive parfois à être imprévisible grâce à des changements de tempos et de signatures rythmiques comme sur "
Resistance Against Mind Clouding
Heresy". Il n'éprouve pas le besoin de blaster en continu et sait comment varier ses compos, avec une sacrée technique au niveau de la batterie (Onur Özçelik est inhumain) et quelques mélodies subtiles ("At the Backside of Our Civilization").
L'alliance "brutal" et "technical" du death metal de
Carnophage est assumée et maîtrisée avec un goût prononcé pour la diversité des rythmiques. Ce "
Monument", enregistré aux Studio Deep d'Unsal Ozata (
Burial Invocation,
Decaying Purity,
Inhuman Depravity...) et mixé par Sasha Borovykh (
Cerebral Effusion,
Soils Of Fate,
Epicardiectomy...), jouit d'une production puissante qui met bien en avant les guitares furieuses ainsi que le growl convaincant d'
Oral Akyol. On se serait cependant attendu à plus de prises de risques et à plus de titres évocateurs, ces derniers étant bons, pas renversants, mais au sein d'une scène saturée,
Carnophage ne fait pas pâle figure, bien au contraire.
J’ai franchement aimé ce second LP, assez technique, plus personnel et plus imposant que son prédécesseur. En tous cas, c'est une sacrée progression entre deux albums. Moins commun qu'à ses débuts, ce bon quintette turc est aussi adroit que ses compatriotes Decaying Purity et Decimation, pour lâcher de bons brûlots incandescants, comme le génial 'Second Genesis' en ouverture. FABIEN.
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