La scène
Deathcore ne se sera jamais montré aussi active et aussi mordant cette année. Beaucoup de nouvelles galettes (et des monstrueuses) n'auront pas fini de nous faire tourner la tête et paraîtront inouïs aux auditeurs friands. Et pour cette toute nouvelle chronique, oubliez les grosses têtes. Nous allons nous attaquer à une formation moderne, jeune et dynamique, inconnue au bataillon :
Alpha Wolf. Des Australiens et surtout un quintuor comme leurs doyens
Thy Art Is Murder. Nous sommes en droit, par conséquent, de nous poser la question suivante : le groupe est-il un clone de TAIS ou bien au contraire, va-t-il réinventer un genre devenu pour certains, trop banal ? Nous allons bien vite le découvrir en parcourant le premier album du nom de "
Mono".
Une solitude bien résumée sur cette pochette de l'album tout de noir et blanc vêtu. Celle-ci se révèle malheureusement bien trop quelconque même si elle reste néanmoins percutante. Avant de pondre ce nouvel opus, nos Australiens ont réalisé deux EP (dont les pochettes étaient très bien réalisées) qui se sont montrés assez fades et très vite lassants avec des tonalités électro assez agaçantes et une batterie tapant abusivement sur la caisse claire et la double pédale, des derniers défauts que l'on retrouve malencontreusement dans la majorité des formations
Deathcore. On notera cependant cette pointe d'
Originalité avec ce côté Hardcore bien présent et un vocal, en conséquence, fort intéressant. Nous espérons qu'avec ce "
Mono",
Alpha Wolf ne produira pas les mêmes erreurs d'antan et qu'il gardera ce côté atypique.
Nous allons nous rendre vite compte que les qualités vont devenir des défauts et que les erreurs, et bien, resteront des imperfections ... Dans cet album, le vocaliste
Aiden Ellaz va modifier sa voix en la rendant bien plus metalcore/hardcore, voire même moshcore. Pour vous expliquer ce qu'est le moshcore, il s'agit d'un mélange entre du punk et de l'hardcore. Pour un ou deux morceaux, cela n'est pas vraiment gênant mais lorsqu'il s'agit des douze titres (quasiment trente-cinq minutes), cela devient très vite fatiguant et exténuant. Malgré cela, nous nous retrouvons parfois avec un chant clair (qui ne dure seulement qu'une poignée de secondes) pouvant faire référence à une autre formation de
Deathcore (
Suicide Silence) mais aussi à un groupe de nu-metal (
Deftones mais là encore, on peut compter les secondes sur les doigts de la main), notamment sur le morceau #104. En ce qui concerne l'instrumental, on se retrouve sur le même schéma que le chant : du metalcore/hardcore. On garde ces connotations électro, toujours aussi désagréables et chiantes (désolé du terme). On comprend, en outre, que ce schéma est équivalent pour tous les titres (couplet, refrain, couplet, refrain). Il n'y a absolument aucun surprise et vous aurez l'impression d'écouter le même morceau en boucle. Nous trouvons quand même des éléments très positifs en ce qui concerne les breakdowns, où on reste fascinés et énormément surpris. Il suffit d'écouter Golden
Fate; Water Break pour en avoir le coeur net (deux breakdowns pour le prix d'un).
En parlant de cet opus, vous avez sans doute l'impression que toutes les chansons envoient de la patate et pourtant, c'est loin d'être le cas car bon nombre des morceaux sont des morceaux "planants" et "atmosphériques" (ces morceaux sont d'ailleurs les plus courts de l'album et surtout les mieux réussis). Pourquoi ces guillemets allez-vous me dire ? Car tout bonnement, ces mélodies sont gâchées, une nouvelle fois, par ce vocaliste qui, cette fois-ci fait penser à d'autres formations de nu-metal tels que Slipknot ou
Korn. Et encore une fois, on peut voir cette similarité avec
Suicide Silence pour ce côté, neo-deathcore.
Un autre point qui aurait pu sauver cet album, ce sont les paroles mais même de ce côté-ci, ça ne vole pas bien haut. Et comme toujours, on se retrouve dans le cercle vicieux de
Suicide Silence et ses compositions dignes de collégiens (bon, j'exagère peut-être un poil mais l'idée est là). Tout n'est pas non plus mauvais mais dans l'ensemble, c'est vraiment pas terrible ...
Vous l'aurez compris, ce "
Mono" est tout simplement désastreux. Certes, il ne manque pas de sortir un peu des sentiers battus mais il reste néanmoins tout aussi assommant et endormant que ces prédécesseurs. On notera mine de rien ces rares points positifs que sont les breakdowns et les musiques plus sereines. Ce n'est malheureusement pas suffisant pour produire un album de bonne facture. On espère, malgré ces nombreux points négatifs, que le groupe trouvera son empreinte afin de nous procurer durant les prochaines années, des opus concluants. En attendant, "
Mono" restera définitivement seul, dans sa pénombre et dans son ... anonymat ...
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