Macro

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17/20
Nom du groupe Jinjer
Nom de l'album Macro
Type Album
Date de parution 25 Octobre 2019
Style MusicalGroove Metal
Membres possèdant cet album65

Tracklist

1.
 On the Top
 05:28
2.
 Pit of Consciousness
 04:12
3.
 Judgement (& Punishment)
Ecouter04:19
4.
 Retrospection
 04:24
5.
 Pausing Death
 04:45
6.
 Noah
 04:14
7.
 Home Back
 04:20
8.
 The Prophecy
 04:01
9.
 Lainnerep
 05:28

Durée totale : 41:11

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Jinjer



Chronique @ Scoss

23 Novembre 2019

Jinjer se contente du très bon plutôt que de réaliser quelque chose de grand

"Slowly to the top! Is it lonely on the top?" clament et demandent les Ukrainiens de Jinjer dès le premier morceau de "Macro", leur nouvel album. Une affirmation et une question qui, en 2019, semblent parfaitement résumer la carrière du quatuor de Horlivka tant le groupe a su gravir un à un les échelons de la scène métallique et s'imposer à la fois comme référence incontournable de la scène Metal moderne et comme porte-drapeau des groupes dits "à chanteuse". Pourtant, pas grand monde n'aurait misé un kopeck sur un groupe de Metalcore venant de l'Est de l'Ukraine il y a une dizaine d'année. Mais grâce à son talent et à un énorme boulot, le groupe a su braver les épreuves (notamment la guerre d'indépendance en Crimée et dans le Donbass qui les a forcés à s'exiler à Kiev) pour sortir deux albums, "Cloud Factory" (en 2014) et "King of Everything" (en 2016), de très bonne facture, mais péchant encore par endroits. Malgré cela, Jinjer s'est forgé une solide réputation tant sur scène que sur la toile où l'organe de la belle Tatiana n'en finit plus de décrocher les mâchoires des youtubeurs non avertis.

Ne souhaitant pas faire attendre ses fans plus longtemps après 2 ans et demi sans nouvelles compositions, Jinjer avait livré en janvier "Micro", un EP de 5 titres unanimement acclamé, qui présentait une musique beaucoup plus mature, variée et progressive, où les différentes influences du combo, savamment exploitées, donnaient une saveur particulière à des morceaux presque immédiatement considérés comme les meilleurs de la carrière du groupe ("Ape" et "Perennial" notamment). Mais ambitieux et désireux d'enfoncer le clou, les Ukrainiens sont déjà de retour, 9 mois plus tard, pour accoucher du grand frère, "Macro", censé reprendre là où les choses avaient été laissées par "Micro".​

C'est donc à "On the Top" que revient la charge d'ouvrir le bal. Un riff de guitare sinistre se charge de poser une ambiance lourde et oppressante que la basse et la batterie viennent renforcer avant que les hostilités ne soient définitivement lancées par la voix rageuse de Tatiana, pour un premier couplet à la rythmique alambiquée et incroyablement lourde. Un refrain plein de cynisme - "Is it lonely on the top? Is there anyone for you?" - se charge d'apporter une touche mélodique bien sentie, avant que les coups de boutoir du couplet ne reprennent de plus belle. Puis, un pont mélodique savamment amené permet au groupe d'amorcer le final d'un morceau qui fait indéniablement penser à une version plus hardcore et urbaine de l'excellent Perennial.​
Si le groupe n'avait jamais renié apporter des influences extérieures au Metal dans sa musique, notamment de la pop et du rock alternatif, c'est à un mélange osé de Metalcore progressif et de...Reggae auquel on a à faire sur "Judgement (& Punishment)", le troisième morceau de "Macro". Déroutant au départ, le morceau s'avère être le plus accrocheur de l'album grâce à son couplet Reggae entrecoupé d'un refrain à la fois très lourd et mélodique. Mais chassez le naturel, et il revient en blastant à tout va sur la seconde moitié d'un titre qui permet et au groupe de montrer son talent de composition et à Tatiana d'étaler avec brio sa versatilité vocale.​
On parlait d'influences jusqu'à présent, nous allons désormais utiliser le terme racines, pour décrire "Retrospection." Le groupe réussit le pari de chanter une partie du morceau en russe pour narrer la nostalgie des foyers qu'ils ont du abandonner et la tristesse d'être loin de leurs parents. Un magnifique morceau, dont la dualité des chants et des langues le font osciller entre rage et émotion et démontre, si cela était encore nécessaire, tout le talent vocal de la belle Tatiana.​

Dès l'annonce de la sortie de l'album (voire dès les annonces d'entrée en studio du groupe), Jinjer avait annoncé que "Macro" serait la "suite" de "Micro" et, effectivement, on ne peut que leur donner raison. On retrouve le Metalcore/Djent agressif de "Micro", toujours avec cette approche progressive qui donne tout son intérêt à la musique du groupe. Les textes restent dans la même veine que ceux sortis début 2019 et certaines lignes de "Micro" sont réutilisées sur les nouveaux morceaux ("Retrospection", "The Prophecy"). Tatiana reste bien évidemment le centre d'attention grâce à ses parties de chant impeccables, qu'elles soient hurlées avec hargne, grognées lourdement, chantées ou déclamées, elle confirme, si le doute était encore permis, qu'elle est définitivement l'une des meilleures vocalistes de la scène Metal actuelle, tous genres confondus. ​
Les trois autres musiciens constituent, eux, une section rythmique en béton armée. Vlad, sans être le batteur le plus technique du circuit, délivre des parties de batterie fouillées et ultra carrées, se permettant quelques subtilités bienvenues (les ghost notes de caisse claire à contre temps sur le riff principal de "Retrospection"), même s'il est un peu moins en vue que sur "Micro". Eugène continue de contribuer énormément au son du groupe avec son jeu de basse compensant l'absence d'un second guitariste, à base de jeu aux doigts, parties slappées et tapping. Enfin, Roman est de nouveau un peu plus en vue, avec un jeu un peu plus varié (le mini lead qui introduit le refrain de "On the Top", le couplet reggae de "Judgement"), mais reste avant tout un excellent pourvoyeur de riffs en acier trempé, très groovy malgré leur relative complexité.​

Cependant "Macro" déçoit quelque peu, tout d'abord parce que l'album possède en quelque sorte les défauts de ses qualités, à savoir la complexité et l'homogénéité. En prenant un virage progressif, la groupe a considérablement complexifié ses morceaux, ce qui n'est pas nécessairement une mauvaise chose mais rend la musique du groupe plus difficile à appréhender et plusieurs écoutes seront nécessaires pour les assimiler. À cela s'ajoute l'homogénéité de l'album qui a tendance à rendre l'écoute un peu monotone dès lors que l'auditeur relâche sa concentration.
Néanmoins la plus grosse "faiblesse" de "Macro" se situe dans la seconde moitié de l'album, beaucoup moins intéressante que la première. Si "Pausing Death" reste dynamique avec son riff à 200 à l'heure et son pont mélodique, l'écoute de "Noah" et "Home Back" est dispensable. "The Prophecy" rattrape néanmoins le tout, avant le "final" de l'album: un remix atmosphérique de Perenial (lainnereP) pas déplaisant mais qui aurait davantage sa place comme bonus track d'une édition limitée que comme morceau à part entière.
"Macro" donne l'impression d'avoir été composé et enregistré rapidement entre deux tournées (ce qui est très certainement le cas) et qu'autant d'efforts ont été nécessaires pour les 9 titres de "Macro" que pour les 5 morceaux de "Micro". Finalement, on se demande si Jinjer (ou leur management) n'a pas été trop gourmand en voulant sortir un EP et un album la même année, et on se dit que "Macro" aurait pu avoir la qualité d'un album de l'année si le groupe en avait retiré les 2-3 morceaux dispensables et ajouté les morceaux de "Micro" à la place.

Malgré ses reproches, "Macro" reste un très bon album, solide, technique, brillamment exécuté, mais péchant dans sa seconde partie, qui ne rivalise pas avec la première en terme d'intensité et de qualité. C'est dommage, car Jinjer se contente du très bon plutôt que de réaliser quelque chose de grand, suffisant pour confirmer nos 4 Ukrainiens comme l'une des valeurs sûres du Metal Moderne, mais encore en-dessous de leur véritable potentiel.

18 Commentaires

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Scoss - 26 Novembre 2019:

Sincèrement quand j'ai lu le commentaire initial de pielafo, je me suis dit: "encore un fan de Black Metal tendance facho qui s'est mis à aimer l'Ukraine parce que Peste Noire est allé y tourner ses derniers clips..." Puis pour ne pas rester dans mes préjugés je suis allé voir son profil et sa discothèque et finalement il écoute plein de groupes différents et a des goûts infiniment plus variés que ses commentaires ne laissent penser.
Donc soit il trolle juste pour le plaisir, soit s'insurge avec véhémence, quitte à utiliser un argumetaire bidon et non élaboré, contre tout ce qui est tendance et ne lui plaît pas.

Quand j'ai découvert Jinjer, ma première réaction a été "encore un groupe de Metalcore lambda, qui veut essayer de percer en mettant en avant sa chanteuse au physique agréable". Puis au final en ouvrant un peu mes oreilles plutôt que mes yeux  je me suis rendu compte que le groupe avait quand même du talent et apportait quelque chose au Metalcore (sans rien non plus révolutionner), ce que bon nombre de groupes même majeur du style n'ont jamais réussi à faire. 

Donc oui, pour moi, Jinjer est un très bon groupe et un de mes préférés à l'heure actuelle. Ca ne m'empêche de trouver certains de leurs morceaux faibles et d'autres tout bonnement excellents et novateurs. Le groupe doit-il son succès uniquement à la musique et non à un gros travail de promotion? Bien sûr que non, mais cela fait, malheureusement, partie du jeu.

Enfin pielafo je t'invite à me faire part de tes sources quant au fait que Jinjer est un groupe prônant une certaine idéologie extrême, en quoi ils veulent "cramer des hommes blancs et des mangueurs de viande" etc... parce que j'ai beau eu regarder des interviews et connaître quelque peu les paroles de leurs chansons, sincèrement je ne vois pas.

David_Bordg - 01 Décembre 2019:

 On peut dire ce que l’on veut, ce groupe a un truc et du talent, c’est indéniable. Rendez-vous vendredi à la machine du moulin rouge.

 
Madness77 - 19 Juin 2020:

J'ai écouté quelques morceaux de ce groupe qui fait parler de lui. La chanteuse -hurleuse a beaucoup de talent c'est indéniable mais le style m'a guère surprit au final et c'est pas nouveau souvenez vous d'un certain system of a down par exemple. 

Maquistador - 19 Août 2020:

Je n'ai pas accroché non plus. Pour moi loin, très loin du niveau des débuts d'Otep et Kittie ou de Walls Of Jericho.

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