Mach Dich Frei

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17/20
Nom du groupe Finsterforst
Nom de l'album Mach Dich Frei
Type Album
Date de parution 30 Janvier 2015
Enregistré à Iguana Studios
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album39

Tracklist

1.
 Abfahrt
 00:58
2.
 Schicksals End'
 14:48
3.
 Zeit für Hass
 09:43
4.
 Im Auge des Sturms
 01:38
5.
 Mach dich Frei!
 07:49
6.
 Mann Gegen Mensch
 09:32
7.
 Reise Zum...
 05:32
8.
 Finsterforst
 23:53

Durée totale : 01:13:53


Chronique @ AlonewithL

30 Mars 2015

Enfermé dans la glace de Moonsorrow.

« Rastlos » aura séduit, mais aura aussi déçu. « Finsterforst », il y a de cela quelques années à peine était considérée comme une formation de premier plan en matière de folk pagan, parmi les plus convoitées et prestigieuses qu’offrait alors l’Allemagne. Seulement, leur accointance trop prononcée au profit du finlandais « Moonsorrow » commence à lasser et à interroger quant aux capacités du combo. Il ne s’agit aucunement d’un problème de qualité, mais bien de personnalité, car les premières places sont avant tout servies à ceux qui font preuve d’originalité, plus encore que de technique. « Finsterforst » se retrouve donc ainsi prisonnier de ses propres inspirations, enfermé dans la glace de « Moonsorrow ». C’est presque logiquement que le groupe emmené par Simon Schillinger perd de son prestige. Ils ont de quoi se faire du souci. La réponse de Simon, quelque peu pris par son autre formation « Cryptic Forest », ne va pas se faire trop attendre. Celui-ci va composer aux côtés du vocaliste Oliver Berlin des morceaux qui vont constituer le quatrième album de « Finsterforst », « Mach Dich Frei », qui va constituer le tout début d’une libération pour une formation en proie à un désamour quelque peu incompréhensible.

Tout commence par une introduction tout en mystère et inspirée par des sonorités propres à l’Asie Centrale. Une introduction en somme qui n’aurait franchement pas déplu à « Darkestrah », mais qui se révèle plutôt assez inédite pour « Finsterforst ». Peut-on y voir un changement d’orientation ? En fait non. La découverte de « Schicksals End’ » nous remet dans les hauteurs rocheuses connues à travers « Rastlos ». C’est enivrant, contemplatif, tout en grandiloquence, jouant sur les percussions et les renforts cuivrés. Une véritable aventure dans les hauteurs, qui n’est pas sans rappeler bien entendu « Moonsorrow », véritable ligne de mire de la formation germanique. Le tout se montre riche et subtil, même si on pressent une sensation de collage mis bout à bout. La dimension atmosphérique de l’extrait est importante. Celle-ci est néanmoins prépondérante à travers les deux instrumentaux que sont « Im Auge des Sturms » et « Reise Zum… », au point d’en faire de véritables masses nuageuses. Le dernier cité s’illustre également par l’apport de la flûte traversière, mais aussi de l’accordéon à partir du milieu de piste. Un instrument qui faisait la pointe d’originalité de « Finsterforst », groupe décrié pour son penchant trop prononcé pour « Moonsorrow ».

L’accordéon animera mélodieusement une partie assez raisonnable de « Mann Gegen Mensch », contrastant avec l’austérité et la noirceur offertes par les guitares et les parties vocales. Même en constatant de larges passages contemplatifs parfois ponctués de chants aériens, on revit une expérience quasi-identique à l’obscur et alléchant album de « Finntroll », « Ur Jordens Djup ». Là où les allemands nous surprennent véritablement, c’est à travers leur titre « Finsterfrost ». L’entame pourrait préfigurer un titre façon « Einherjer », seulement après coup c’est un fort côté blues associé à un fond sonore atmosphérique qui domine, faisant de ce début de morceau un véritable havre de paix. Des chants clairs envoutants, l’accordéon, s’y ajoutent, parachevant ce paradis terrestre. Néanmoins, le climat va changer, et on passera à des contours un peu plus familiers au black pagan, même si la dimension atmo-contemplative règne en maître sur une bonne majorité du titre. Sur le dernier tiers une charge décapante viendra semer le doute et créera une brèche bienvenue dans ce nouvel édifice à l’architecture inspirée par « Moonsorrow ». L’admiration pour l’œuvre du maître est décidément trop forte, et ne se heurte qu’à quelques petits obstacles, qui ne terniront aucunement son assise sur le combo de la Forêt Noire.

« Moonsorrow » est présent et bien présent, irremplaçable même si on en croit le palpitant « Zeit für Hass ». Lourd, imposant, mais copie de ce qu’offre hélas la formation des Sorvali. On s’en contente néanmoins pour ses impacts, ses à-coups percutants, ses breaks tout ce qu’il y a de plus enivrant. Fidèle à son maître, mais très proche de lui quant à la qualité de la performance offerte. « Finsterforst » a tout de même la bonne volonté de placer des blasts en seconde moitié de piste, histoire d’allonger le morceau, de le rendre intrépide aussi, alors qu’on l’a découvert sage et assez docile. Parmi, les bastions abrupts et vertigineux de l’opus, on retiendra surtout le titre éponyme « Mach Dich Frei ! », non pas pour ses fréquentes descentes de toms, mais beaucoup plus par sa grandiloquence, sa constitution en marche himalayesque et ses chœurs graves, qui ont font un titre épique par excellence, que l’on s’évertue sans regret à retenir. Une ambiance à la fois dantesque et héroïque.

« Mach Dich Frei » était un ordre. L’ordre a t-il été accompli ? « Finsterforst » s’est-il libéré du carcan « Moonsorrow » ? Rien n’est moins sûr. L’emprise des finlandais sur la musique de leurs confrères allemands est une certitude, presque un handicap désormais. On ne dénote qu’un faible détour depuis « Rastlos », mais pas assez concret ou franc pour évoquer une éventuelle libération. Ceux qui détestent « Finsterforst » pour leur soumission vont donc continuer à les détester, même si la musique offerte par « Mach Dich Frei » se montre dans l’ensemble charmante et propice au voyage lointain et au rêve. C’est un effort que l’on pourrait estimer plus intéressant que son précédent, car plus riche et plus élaboré. Aussi plus ouvert à d’autres influences. Malgré cet attachement que l’on peut légitimement porter à ce volume l’avenir du groupe est toutefois menacé, car à trop répéter une formule identique ou à trop se cacher dans l’ombrage des autres, on en devient peu visible sur la grande scène qu’offre actuellement le folk pagan. La liberté est une affaire de temps, sauf que celle de « Finsterforst » se s’avère urgente sur le plan vital.

15/20

3 Commentaires

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Sgt_Svendsen - 06 Avril 2015: Excellent chronique. Y a surtout une sacrée différence avec Moonsorrow (et j'adore ce groupe), c'est qu'au moins Oliver sait "crier" comme il faut et le son fait moins quand même black crasseux. Un excellent album qui tourne en boucle depuis le jour de sa sortie
arkona60 - 05 Juillet 2015: Excellent album. Il tourne également en boucle. Une très bonne surprise
keketomax - 27 Janvier 2016: Mon album préféré du groupe, et de loin!
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