Ma-Ion

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15/20
Nom du groupe Acherontas
Nom de l'album Ma-Ion
Type Album
Date de parution 27 Fevrier 2015
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album22

Tracklist

1.
 Fires of Prometheus
Ecouter03:08
2.
 Nereid Tide of Neptune's Rudra
Ecouter05:02
3.
 Convolut-ion, Manifestat-ion, Secret-ion, Karma-lravatl The Thunders Emerged
Ecouter01:35
4.
 Ma-Ion 'Formulas of Reptilian Unification'
Ecouter09:34
5.
 Permutation in the Aetheric Void (Ma-Ion Sacred Seal)
Ecouter03:33
6.
 Shaman and the Waning Moon
Ecouter07:46
7.
 Lunar Transcendence & the Secret Kiss of Nut
Ecouter10:57
8.
 The Awakening of Astral Orphic Mysteries - Behind the Eyes of Irida
Ecouter10:56
9.
 Copper Arcana
Ecouter05:18
10.
 Therionic Transformation
Ecouter08:17
11.
 Orgiastic Feast of Flesh, Beheld Thine Vicissitude
Ecouter04:02

Durée totale : 01:10:08

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Acherontas



Chronique @ Icare

31 Mars 2015

Quelques moments de grâce et d’exaltation, mais bien trop long, chiant, pédant et répétitif sur la durée.

Le black metal grec a une identité indéniable et est plus reconnu pour ses mélodies envoûtantes et ses teintes à la fois chaudes et mystiques que pour sa brutalité outrancière. Pourtant, il y a quelques groupes qui se démarquent de l’identité sonore locale en proposant un art noir plus froid et vindicatif lorgnant du côté du grand Nord, et parmi lesquels on peut citer Naer Mataron et, dans une certaine mesure, Acherontas, qui mêle habilement ses racines musicales à des influences plus radicales. Fondé en 2007 seulement sur les cendres de Stutthof, le combo athénien est déjà fort de 4 full lengths et jouit d’une notoriété croissante, la flopée de splits exécutés avec des groupes tels Necromantia, Leviathan, Drowning the Light ou Nightbringer y ayant probablement autant contribué que la qualité indéniable de ses albums.


C’est donc sur World Terror Committee que nous revient le quatuor pour ce cinquième disque des plus ambitieux qui nous plonge dans les sombres arcanes des Origines et, aux dires du hiérophante Priest, tente d’invoquer les entités du Savoir et prétend être une clé révélant les éléments ataviques du passé.

Concept ésotérique oblige, la musique du combo grec se fait de plus en plus marquée par le black orthodoxe, évoluant dans des sphères spirituelles plus noires et suffocantes qu’auparavant, notamment via la voix très profonde et grave de Priest, ces choeurs religieux, ces riffs sombres, lents et rampants et ce mid tempo lourd et caverneux soutenu par la double, émaillé de ces petites notes sournoises faussement belles à la portée hypnotique qui viennent flotter comme des cadavres de notes sur cette ossature musicale abyssale. Le tout baigne dans un occultisme sulfureux que ne renieraient pas des groupes comme Ondskapt, Ofermod ou Mayhem et que l’on retrouve très largement dans le dernier Enthroned, et Acherontas étonne sur les pistes que sont Nereid Tides of Neptune’s Rudra ou le long Ma-Ion (Formulas of Reptilian Unification), s’éloignant de son style d’origine plus lumineux et mélodique et ne retrouvant ses accointances helléniques qu’à la fin du morceau éponyme, sur ce long passage au riff plus aérien et entêtant qui se répète pendant presque deux minutes.

Le son, particulièrement épais et amplifié, sied parfaitement au nouveau style des Grecs, ajoutant à ce côté chtonien qui nous prend immédiatement à la gorge, ainsi que les vocaux, plus graves et liturgiques que sur le précédent full length. De fait, même quand ça blaste, le tout reste pesant, et nous plonge immanquablement dans ce rituel occulte. Les compos metalliques sont parfaitement exécutées, solides et prenantes de par leurs ambiances très marquées, mais on ne peut nier que le combo perd une partie de son identité au profit d’un metal plus convenu.

Et ce n’est malheureusement pas le plus gros reproche que l’on peut faire à ce disque : en plus de manquer d’originalité, Ma-Ion (Formulas of Reptilian Unification) manque d’intensité, grevé par de longs et nombreux interludes ambiant qui cassent considérablement le rythme de l’ensemble. Si le côté ethnique et religieux a toujours été présent chez le groupe et qu’il peut renforcer efficacement l'aspect rituel d'un album (prenez au hasard Nile ou Necros Christos), ici, Acherontas pèche par excès, nous imposant notamment un Shaman and the Waning Moon interminable composé de quelques percus, de clochettes lointaines, de bruitages mystérieux, d’un souffle rauque, de vocaux poussiéreux et de cordes sibyllines aux saveurs d’Orient; en soi, l’idée n’est pas mauvaise, mais sur huit minutes, en plein milieu d'album, et intervenant juste après quatre minutes d'ambiant qui proposaient déjà plus ou moins la même chose sur la piste précédente, non : pourquoi plutôt ne pas intégrer ces sonorités en intro, ou lors d’un court passage comme sur Lunar Transcendance and the Secret Kiss of Nut ? Ce titre est d’ailleurs plutôt bon, avec une ambiance soignée et des riffs prenants - bien que déjà mille fois entendus - surtout ces parties blastées aux guitares impétueuses en milieu de piste, mais il intervient malheureusement un peu tard, le groupe nous ayant déjà perdus, ou, dans le meilleur des cas, assoupis.

La fin d’album est particulièrement difficile à digérer, avec des longueurs incompréhensibles (putain, mais pourquoi faut-il que The Awakening of Astral Orphic Mysteries dure 11,17 minutes ? Oui, l’intro est bien foutue, avec ces flûtes évanescentes et ces cordes perdues dans les brumes du temps, et le côté mélodique et épique est très soigné, avec des riffs superbes de mélancolie, mais pourquoi doit-on se taper cette déclamation monocorde et soporifique là-dessus, qui vient littéralement endormir notre intérêt pour la musique, et ce pendant plus de sept minutes ?), et il paraît superflu de préciser que l’enchaînement des morceaux est très mal agencé et que, passée la première moitié de l’album, on s’emmerde sec. Heureusement que Therionic Transformation vient nous tirer de notre torpeur sur la fin, avec cette voix black plus criarde, ces riffs magnifiques de feeling et de mélancolie, ce rythme endiablé, et ces explosions mélodiques incarnées en des pluies de notes cristallines qui viennent - enfin! - nous faire frissonner de plaisir et d’émotions.


Pour conclure, malgré ses qualités indéniables et sa prestation musicale solide, Ma-Ion (Formulas of Reptilian Unification), avec ses 72 minutes boursoufflées dont six titres purement ambiant, est une véritable déception, et est loin de nous emporter dans son univers mystique comme les albums précédents. Finalement, la comparaison avec la liturgie déjà esquissée dans cette chronique est plutôt judicieuse: dans les deux cas, on a une sorte de rituel auréolé d’une ambiance spirituelle et mystérieuse, nimbé de quelques moments de grâce et d’exaltation, mais bien trop long, chiant, pédant et répétitif sur la durée. Amen.

2 Commentaires

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Volesprit - 31 Mars 2015: Hélas Vamachara était un mauvais présage. Ce disque confirme ...
Seul - 31 Mars 2015: Putain la déception... Bon je suis encore à mes premières écoutes m'enfin quant tu attends un album avec impatience, ça fait mal au moral... Un peu comme le dernier Blessed in Sin. Depuis les débuts d'Acherontas, on commençait à sentir la tournure de plus en plus expérimental... Autant j'aimais bien ce côté mystique sur leurs deux derniers albums (Vamachara une belle claque !). Autant la ils ont atteint ma limite !
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