Lunar Lore

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14/20
Nom du groupe Lycania
Nom de l'album Lunar Lore
Type EP
Date de parution 15 Novembre 2025
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Fenrir
Ecouter05:28
2.
 Eclipse
Ecouter04:28
3.
 Can't Fight the Moonlight (LeAnn Rimes Cover)
Ecouter03:33

Durée totale : 13:29

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Lycania



Chronique @ ericb4

20 Novembre 2025

Un propos, certes, dans un mouchoir de poche et un brin complexe mais des plus immersifs...

Impulsé par un solaire et sensible « My Kingdom Come » – son premier album full length – on pouvait penser que le combo allemand cofondé voilà dix ans par la soprano et parolière Sarah Gorzelitz, le guitariste Julian Körner-Schuchardt et le claviériste et orchestrateur Peter Lenz (Lost Dawning) ne s'arrêterait pas en si bon chemin... Pari gagné ! Toutefois, si sept ans séparent leur introductive démo, « My Empty Page », de l'effort sus-mentionné, deux années seront cependant requises jusqu'à la sortie du présent méfait, « Lunar Lore » ; un inattendu EP 3 titres déroulé sur un ruban auditif de 13 minutes tout au plus. Ce retour à pas de loup symbolise-t-il une pause nécessaire dans le process créatif ou une étape transitoire assimilée à une simple parenthèse dans la carrière du sextet teuton ? Ou encore un heureux trait d'union entre passé et présent, comme pour mieux préparer l'avenir ?

Pour ce faire, nos trois maîtres d'oeuvre se sont à nouveau agrégés les talents de Daniel Engström (Lost Dawning, Riveroath) à la guitare et au chant et de Samuel Karres à la batterie ; Felix Schmidtmann se verra, lui, remplacé par Jan Schöngarth à la basse. Restés fidèles à leurs gammes d'hier, nos six acolytes nous livrent un essai rock'n'metal mélodico-symphonique classique, dans la veine coalisée de Xandria, Epica, Visions Of Atlantis, Dark Sarah et de Therion. Pour une mise en exergue de l'opératique et progressif propos, la troupe à misé quelques espoirs de l'emporter par le truchement de joutes oratoires, pour lesquelles ont été sollicitées les empreintes de : Snowy Show (Snowy Show, Mad Architect, feu-Notre Dame, guest chez Therion, Elvenking, Kamelot...), Philippa Sztencel (Lost Dawning, guest chez Power Quest) et James Delbridge (Lycanthro, Witchkiller, guest chez Red Cain...). A ce prestigieux parterre de vocalistes se superpose le fin doigté de Connor McCray (Vis Mystica, ex-Perdition, guest chez Delusions Of Godhood...) à la lead guitare sur l'une des pistes. Excusez du peu !

Ce faisant, ce frugal mais seyant et complexe set de compositions jouit à son tour d'une production d'ensemble difficile à prendre en défaut : mixé par le pluri instrumentiste, vocaliste et producteur du groupe de black/death symphonique canadien Atavistia, Matt Sippola, et à nouveau mastérisé par le guitariste et producteur du groupe de metal symphonique étasunien Seven Spires, Jack Kosto, le méfait jouit d'un parfait équilibrage entre lignes de chant et instrumentation, n'accuse pas l'once d'une sonorité résiduelle tout en octroyant une saisissante profondeur de champ acoustique. Et pour mettre les petits plats dans les grands – tout comme pour Neverus – le groupe allemand a requis la finesse de trait comme les fins contrastes de couleurs de la palette graphique de Philipp Schneider (guitariste/vocaliste et graphiste du groupe de death mélodique allemand Ysgramor) pour sa pochette. De quoi nous intimer de monter à bord de la frêle goélette...

A la lumière des truculentes et immersives séries de notes dont elle a le secret, c'est sans ambages que la formation germanique parvient à nous rallier à sa cause. Et si le plus clair de la traversée s'effectue sur une cadence un brin réfrénée, quelques soubresauts percussifs parsèment le terrain de leur empreinte. Ce qu'atteste, tout d'abord, « Fenrir », mid/up tempo metal mélodico-symphonique à la touche celtique et aux riffs épais, à mi-chemin entre Epica, Visions Of Atlantis et Therion ; glissant le long d'une radieuse rivière mélodique, recelant parallèlement un pont techniciste bien amené mâtiné d'un vibrant solo au synthé et octroyant d'insoupçonnées et grisantes montées en régime de son corps orchestral, ce fringant élan ne se quittera qu'à regret. Et ce n'est pas le saisissant face à face entre les angéliques inflexions de la belle et les serpes oratoires tout en profondeur de Snowy Shaw qui nous débouteront davantage de ce hit en puissance, loin s'en faut.

Sur un même modus operandi, mais décliné en un duo féminin en voix claires, cette fois, on ne saurait davantage éluder le second mouvement de la galette, « Eclipse », mid/up tempo syncopé aux riffs crochetés au confluent de Dark Sarah et de Xandria ; jouant habilement sur des jeux de correspondances oratoires entre les fluides impulsions de la sirène et les cristallines ondulations de Philippa Sztencel tout en disséminant de sémillants arpèges d'accords ainsi qu'un flamboyant solo de guitare, signé Connor McCray, l'enjoué mouvement poussera assurément à une remise en orbite sitôt l'ultime mesure envolée.

Quand le convoi instrumental en vient à lâcher les chevaux, nos compères trouvent là encore les clés pour aspirer le tympan du chaland dans la tourmente. Ce à quoi nous sensibilise « Can't Fight the Moonlight », revisitation ''metalisée'' du hit pop de la chanteuse de country américaine LeAnn Rimes, réalisé en 2000 et extrait de la bande originale du film ''Coyote Girls'', sortie dans la foulée. Originellement à destination des dancefloors, cette piste bien cadencée se voit ici muée en un fougueux up tempo heavy symphonique aux virulents coups de boutoir ; une originale et truculente alternative se dessine, où les chatoyantes modulations de la frontwoman et les puissantes attaques de James Delbridge évoluent à l'unisson. Et la sauce prend sans tarder.

En définitive, la formation teutonne nous livre un propos, certes, dans un mouchoir de poche et un brin complexe mais des plus immersifs. Si l'exiguïté de son format nuit à sa diversité en matière d'exercices de style, la qualité de l'ingénierie du son et des arrangements qu'il recèle plaident en la faveur de cet effort. Ayant par ailleurs consenti à varier ses joutes oratoires, affiné ses lignes mélodiques et affermi sa technicité instrumentale au fil du temps, le combo disposerait dès lors d'armes non négligeables pour asseoir un peu plus sa position parmi les sérieux espoirs de ce segment musical. Il lui faudra cependant se distancier un peu plus des vibes de ses maîtres inspirateurs, et donc, renouveler quelques gammes de son répertoire, pour espérer, à terme, rejoindre les valeurs montantes du si couru registre metal symphonique à chant féminin. Wait and see...

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