Livin' in Hysteria

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Heavens Gate
Nom de l'album Livin' in Hysteria
Type Album
Date de parution 1991
Labels Steamhammer
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album74

Tracklist

1. Livin' in Hysteria 04:38
2. We Got the Time 04:32
3. The Never-Ending Fire 05:29
4. Empty Way to Nowhere 04:51
5. Fredless 02:20
6. Can't Stop Rockin' 05:21
7. Flashes 03:22
8. Best Days of My Life 05:52
9. We Want It All 03:53
10. Gate of Heaven 04:35
Total playing time 44:53

Acheter cet album

 $65.77  118,06 €  17,49 €  £446.00  $118.80  123,96 €  123,96 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Heavens Gate


Chronique @ ZazPanzer

10 Août 2011

Stars inconnues ...

Bien avant qu’il ne devienne le complice de Toby Sammett dans Avantasia, et surtout le formidable producteur des talentueux et néanmoins insupportables albums de Rhapsody, Sascha Paeth se contentait plus humblement d’être le guitariste d'un énième groupe de Heavy allemand essayant de percer au sein de la redoutable scène germanique de la fin des 80’s, dont les fers de lance n’étaient autres qu’Helloween, Grave Digger, Running Wild, Rage, Blind Guardian ou encore Scanner pour n’en citer que quelques uns.

Le respect profond qu’évoquent ces noms mythiques donne la couleur, il ne fallait pas être un pleu-pleu pour prétendre à se faire un nom au côté des poids lourds teutons de cette époque, qui rêvaient tous de prendre la relève de Scorpions et d’Accept. Écartés les groupes de seconde catégorie qui avaient pourtant fait le charme de la majeure partie des 80’s à l’instar des Stormwitch, Atlain, Living Death ou autres Gravestone; en ce début des 90’s, l’épuration battait son plein.

Ambitionnant d’intégrer cette élite, Sascha Paeth est recruté durant l'été 1987, suite au départ d'Ingo Millek, par un jeune groupe de Wolfsbourg, qui vient de se rebaptiser Heavens Gate; le patronyme précédent, Steeltower, ayant été abandonné avec sa musique moins ambitieuse. Le line-up est déjà au complet : le collègue guitariste au sourire jovial du nom de Bonny B. (Mais vous êtes fous ? – Oh oui !), une puissante section rythmique typiquement germanique (Manni Jordan à la basse et Thorsten Müller derrière les futs), et l'arme fatale : Thomas Rettke et sa voix sublime, dont le timbre peut à première écoute évoquer Rob Halford ou Ralf Scheepers, mais qu’on n’associe plus à personne qu’à lui-même une fois l’écoute d’un album achevé.

Le groupe se fait remarquer par Frank Bornemann d'Eloy, signe un contrat chez No Remorse Records, et sort en 1989 In Control, première galette produite par Tommy Hansen, absolument mythique et plutôt difficile à trouver aujourd'hui, suivie d'une tournée en première partie de W.AS.P. . C'est un carton total au Japon : le groupe, encensé par Burrn ! et Metal Gear, rentre dans le Top 20 des charts nippons et Thomas Rettke est plébiscité par les lecteurs de Burrn ! meilleur chanteur de l'année devant Alice Cooper.

C'est dans ce contexte euphorique qu'arrive en 1991 Livin' in Hysteria, distribué cette fois par SPV / Steamhammer suite à la faillite de No Remorse Records. Les compositions, tout comme celles du premier album de la porte céleste, sont divines pour peu qu’on apprécie le pur Heavy classique. Cette fois armé d’une production plus ambitieuse et résolument moderne signée Charlie Bauerfeind, l’escadron de Sascha frappe très fort et nous bombarde dix missiles sans faille aucune, alliant avec génie puissance et mélodie dans la plus pure lignée des Keepers of the Seven Keys. Des titres rapides (Flashes) aux mid-tempi (Neverending Fire), en passant par l’instrumentale Maidennienne (Fredless), l’hymne Priestien (We Can’t Stop Rockin’) et la ballade émouvante (Best Days of My Life), ces morceaux ont comme dénominateurs communs des chœurs allemands puissants et majestueux, des soli rapides et mélodieux, des breaks alambiqués témoignant d’un travail certain, et surtout un talent fou.

L’artwork, représentant l’esclave d’un dragon bleu en train de balayer les restes d’un repas humain, alors que le patron fume sa pipe digestive, est tout à fait sympathique, sans être à la hauteur de la peinture illustrant les débuts du groupe, dans laquelle résidait une certaine magie, un mystère invitant à la découverte de la Musique, et un sens de l’esthétisme visant à associer Heavens Gate avec une vision mystique, comme Running Wild à la piraterie ou Grave Digger à la culture celte. Le développement de cette imagerie sera vite abandonné, mais on la retrouve encore sur ce second album, avec l’ultime morceau Gate of Heaven ou encore la reprise dans Neverending Fire du thème Path of Glory issu de l’opus In Control. Les deux morceaux étaient d’ailleurs joués à la suite en live.

Malgré cet étalage de savoir-faire et cette réussite artistique totale, certains, qui ne découvriront ce groupe qu’aujourd’hui, hurleront au cliché et au déjà-entendu, c’est compréhensif. Heavens Gate utilise tous les codes du Heavy, sans originalité aucune, mais en maîtrisant merveilleusement bien le sujet. Le trio d’influences Maiden / Priest / Accept saute aux oreilles mais il est parfaitement digéré, et à l’heure où les Dinosaures sont incapables de ressortir un album aussi bon que ce Livin’ In Hysteria, il est agréable en se repassant cet opus de constater que l’héritage s’est bien transmis, et que certains enfants, non contents de reprendre l’entreprise, l’ont développée de fort belle manière.

Ce disque est donc conseillé à tout fan de Maiden, Helloween, Edguy ou Gamma Ray, qui prendra une bonne claque et découvrira, peut-être avec une légère érection, une voix à ranger aux côtés des grands ténors du Metal. A l’attention des mélomanes recherchant un Heavy plus singulier, l’écoute des deux derniers disques du groupe sera éventuellement conseillée avant celle de l’album faisant l’objet de cette chronique. En effet, après trois full-lengths dans cette veine ultra-classique, Sascha et ses comparses, cherchant à se renouveler artistiquement, réaliseront deux oeuvres tout aussi intéressantes et bien plus personnelles, dont l’incompris et pourtant génial Menergy, qui sera le dernier témoignage du groupe en 1999, avant qu’il ne mette la clé sous la porte du ciel, Sascha appelé à une destinée plus lucrative. Il faut bien remplir son caddie, même lorsque le firmament est votre quotidien.

Mais pourquoi, malgré une starification éclair au pays du Soleil Levant, Heavens Gate n'a-t-il pas été reconnu à sa juste valeur en Europe ??? Si le succès commercial ne fut pas au rendez-vous, c’est rétrospectivement vraiment curieux car ce groupe avait pour réussir au moins autant de potentiel que les célèbres citrouilles. Le combo restera un second couteau, et ce malgré la sortie de cinq albums remarquables, dont ce Livin’ In Hysteria particulièrement réjouissant que je vous invite à découvrir ou redécouvrir afin de vous mettre la tête dans les étoiles.

16 Commentaires

16 J'aime

Partager

Elvangar - 30 Novembre 2012: Oh putain ! tu l'as chopé où le In Control (une vraie galère pour le dégoter celui-là) ?
Elvangar - 30 Novembre 2012: Arf, je le cherche en CD (c'est quand même pas si vieux que ça)...
MattMaiden - 02 Décembre 2012: Merci Zaz pour cette chro fort intéressante sur un groupe d'outre-Rhin inconnu à mon bataillon ! Vu les influences citées, je pense que ça devrait me plaire.
Sperma_frost - 11 Octobre 2018:

Enfin chopé en dur, une bonne leçon de Heavy, vraiment !

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ dark_omens

12 Juillet 2013

Loin des tergiversations vaines, Livin In Hysteria s'impose donc comme un monument dans son genre...

Livin In Hysteria, qui sort en cette année 1991, est déjà le deuxième album des allemands d'Heavens Gate. Après un premier essai prometteur, In Control, sortis deux ans plus tôt qui aura réussi la prouesse de convaincre, malgré quelques petites imperfections causées par une production insuffisamment claire et précise, un auditoire certes relatif (surtout en Europe).

Ce qu'il nous faut dire d'emblée, concernant ce nouvel effort, c'est que rien n'a véritablement changé. Les saxons s'y emploient toujours à nous proposer un Heavy Metal classique parfois vif, parfois plus posé, s'égarant parfois en des contrées connues mais toujours de manière très inspirée. Une musique à laquelle devrait assurément s'intéresser tout adepte épris des œuvres des britanniques d'Iron Maiden, de Judas Priest ou encore des allemands d'Helloween ou de Gamma Ray.

Le traitement sonore, de surcroit, est en nette amélioration, offrant aux titres de ce nouveau méfait davantage de cette grandeur à laquelle ils aspirent tant. Toutefois on lui trouvera, encore, quelques défauts gênants qui corrigés auraient probablement donnés une autre dimension à cet album.

Au delà de ces analyses succinctes, il faudra surtout noter que le groupe aura, en comparaison d'un In Control, énormément progressé atteignant désormais une maturité remarquable. De plus, clairement, ce second volet se place sous le signe d'une intensité délicieusement accrue. Effectivement, plus vifs et plus entrainant, plus travaillé et mieux construits, les titres de ce Livin In Hysteria révèlent davantage encore ce que nous laisser subodorer une première œuvre pourtant délectable. Ainsi les prompts et nerveux, mais non moins excellents, Livin In Hysteria, We Got the Time, Flashes ou encore, par exemple, Gates to Heaven, s'inscrivent indiscutablement dans cette évolution. De même que les plus posés The Never-Endig Fire, le superbe We Can't Stop Rocking à l'énergie plus lourde et délicieusement pesante, mais aussi, par exemple, We Want it All qui eux aussi ne viennent pas démentir cette excellence.

Best Day of my Life, quant à lui, est un morceau intimiste et romantique, une ballade émouvante très réussie, dans laquelle Thomas Rettke dévoile l'étendue d'un talent qu'on avait déjà découvert immense, précédemment.

D'ailleurs, indiscutablement, une fois encore, celui qui éclabousse de ses remarquables qualités vocales l'ensemble de cette œuvre est ce chanteur dont les intonations aigues et écorchés, puissantes et granuleuses, précises et remarquables, proche de celles de l'excellent Rob "Metal God" Halford, nous offrent un plaisir, aujourd'hui encore, rarement égalé. Peu auront, en effet, impressionné votre humble serviteur à la mesure de ce Thomas Rettke. D'ailleurs, on ne pourra que déplorer d'avoir entendue bien trop peu les éclats de cette voix qui en dehors des quelques albums d'Heavens Gate et, plus récemment, de Redkey et d'Avantasia, est bien silencieuse. Une absence cruelle qui ne pourra se consoler qu'à l'écoute de chacun des titres que le vocaliste transcende littéralement.

S'agissant de la qualité de ces musiciens évoquons encore le superbe travail dont nous gratifie Sascha Paeth à la guitare, mais aussi Thorsten Muller qui derrière ses fûts nous propose de découvrir des plans nettement plus intéressant que ceux qu'ils nous fit entendre sur In Control.

Les membres de ce trio, sans vouloir porter ombrages aux autres acteurs de cet album (Bonny Bilski et Manni Jordan), sont les principaux artisans d'une telle perfection.

Loin des tergiversations vaines, Livin In Hysteria s'impose donc comme un monument dans son genre. D'un point de vue artistique il mérite louanges et compliments, alors que dans la réalité il ne pourra offrir aux musiciens d'Heavens Gate cette reconnaissance à la mesure de celle que, pourtant, ils auraient mérité. A n'y rien comprendre.

1 Commentaire

2 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire