Hell for Sale est le troisième et dernier volet d'une trilogie dans laquelle les allemands d'
Heavens Gate auront tenté de s'imposer dans une veine Heavy
Metal, Heavy Speed
Metal proche de celle de
Judas Priest, Iron maiden,
Helloween ou encore, par exemple,
Gamma ray. Si l'entreprise, d'un point de vue de la reconnaissance du public, n'aura pas atteint le succès escompté, des albums tels que l'excellentissime Livin In
Hysteria (1991) ou encore le prometteur
In Control (1989) n'auront pourtant pas démérités (Même s'ils ne sont pas totalement dénués de tout défaut et que la production bien trop imprécise et bien trop claire, notamment d'
In Control, aura, indéniablement, desservis les desseins du groupe
Le temps relativement court qui sépare ce nouvel effort de son prédécesseur nous renseigne directement sur le contenu de ce
Hell for Sale qui s'inscrit donc directement dans l'exacte continuité de Livin in
Hysteria. La principale différence qui distinguera les deux œuvres réside, essentiellement, dans un traitement sonore qui, enfin, met ici admirablement en valeur le travail de l'ensemble de ces musiciens. En effet, désormais, chacun d'entre eux s'exprime dans un espace suffisament claire et précis exhaussant, ainsi, pleinement les titres de cet opus. Tant et si bien que l'auditeur se surprendra même à découvrir des lignes de basses très présentes alors que jusqu'alors, du fait de cette indigence sonore, elles avaient été anecdotiques et fantomatiques. Des lors on pourra encenser chacun des acteurs de cette nouvelle offrande.
Si chacun de ces artistes s'affirme comme un des artisans de l'excellence d'une telle offrande, il conviendra, encore et encore, de dire, inlassablement, à quel point Thomas Retkke et sa voix formidable en est une des chevilles les plus actives. Que dire de plus sur le chanteur qui n'est pas été dit? Quel autres mots pourraient aussi décrire l'excellence de cet artiste dont les intonations aigues, écorchées et puissantes, font de lui un des dignes héritier de Rob "The
Metal God"
Halford? Aucun, sans doute.
Au delà de ces premières vérités énoncées, parlons plus précisément d'une œuvre qui, si elle n'a rien oublié des qualité de celle qui la précédé, aura eu l'intelligence de nous offrir quelques bonheurs supplémentaires. En effet, outres les morceaux rapides dans lesquels excellent toujours autant le groupe (le superbe Under
Fire,
Rising Sun), outres ceux plus posés où il se sublime (
Atomic, No Matter qui s'inscrit comme la suite logique de Can't Stop Rocking (Livin In
Hysteria (1991)), outre une ballade où Thomas s'illustre (un
Don't Bring Me Down intéressant mais sans doute moins marquant que Best Days of my
Life (Livin In
Hysteria (1991)) et outres ces morceaux plus classiques mais néanmoins nerveux et admirables (
Hell for Sale...),
Heavens Gate nous propose quelques délicieuses nuances qui lui permettent de varier formidablement son propos.
Et ainsi des titres comme He's the Man au côté épique souligné par ces mélodies, cornemuses et autres ambiances moyenâgeuses, un peu, toute proportions gardées dans l'état d'esprit des ballades médiévales à la
Blind Guardian ou comme White
Evil et son côté très sombre et tourmenté, nous enchantent.
Il y a aussi, sur cet album des titres tels America au groove et à la rythmique particulière et syncopé. Un morceau où certains chœurs sont chantés avec un débit propre aux musiques noire-américaines lui donnant un parfum urbain et funky. Ajoutons que son break reprends subrepticement l'hymne The Star-Spangled Banner (La Bannière Etoilée)et que son solo possède un son très rond, presque bluesy. Un hommage, donc, au Etats-Unis qui reprends certaines des caractéristiques des musiques de ce pays. Un témoignage très réussi de la part d'
Heavens Gate.
Il y a encore Up and
Down et son intro bluesy et ses guitares Boogie Rock du plus bel effet.
Il y a surtout, au delà d'un sérieux et d'une maturité exemplaire, une légèreté côtoyant admirablement une efficacité nerveuse. Une envie de ne pas se prendre plus que de raison au sérieux qui se traduit dans cette reprise amusante, mais énergique, de Always Look on the
Bride Side of
Life écrit par Eric Idle des Monthy Python pour le film La Vie de Bryan.
Mais assez de mots car ils sont presque insuffisants à décrire l'indicible. Les derniers de votre modeste serviteur seront ceux là:
Hell for Sale est un chef-d'œuvre que beaucoup, malheureusement, ignorent.
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