Live to Tell the Story

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Nom du groupe Beyond Forgiveness
Nom de l'album Live to Tell the Story
Type Album
Date de parution 23 Septembre 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Echoes
 06:11
2.
 Live to Tell the Story
 04:48
3.
 If I Fall
 06:09
4.
 One Last Time
 06:29
5.
 Reverie
 04:40
6.
 Leaves of Lothlorien
 05:15
7.
 Labyrinth
 05:59
8.
 When Rivers Turn Red
 05:03
9.
 Consolation
 05:38
10.
 Forever Dream
 03:53

Durée totale : 54:05

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Beyond Forgiveness


Chronique @ ericb4

02 Octobre 2019

Un sensible et troublant mouvement apte à générer quelques frissons...

De l'eau aura coulé sous les ponts pour le combo nord-américain depuis ses tâtonnants débuts voilà tout juste dix ans. Portés par l'encourageant EP « The Ferryman's Shore » (2016) et leur dantesque et premier album full length « The Great Wall » (2017), et suite à trois années riches en prestations scéniques à l'échelle locale et européenne, le temps semble venu pour les cinq natifs de Fountain, dans le Colorado, de porter l'estocade. A cet effet et parallèlement à ses concerts, le collectif étasunien se consacrera deux ans durant au peaufinage de son ingénierie du son ainsi qu'à l'affûtage de ses compositions et du trait de sa plume. En émane ce second opus de longue durée répondant au nom de « Live to Tell the Story » ; une galette généreuse de ses 54 minutes sur lesquelles s'enchaînent sereinement, tout comme son prédécesseur, 10 pistes d'obédience metal mélodico-symphonique gothique aux relents prog, folk et dark, rappelant tour à tour Leaves' Eyes (première période), Xandria, Within Temptation, Tristania, Savn et Midnattsol.

Après une refonte de son line-up, à bord du vaisseau amiral, nous accueillent dorénavant : la soprano, parolière et arrangeuse Talia Hoit (ex-AnaDies) ; le parolier, guitariste rythmique et growler Richard Marcus (Hell's Eden, ex-Dun Moloch, ex-Vindiction) ; le lead guitariste et growler Greg Witwer (Hell's Eden, Vital Malice) ; le batteur/percussionniste Sean Rogers ; le bassiste Jim Lasselle (Distant Warning), récemment intronisé, en lieu et place de Kevin Moore. Pour l'occasion, sur deux des titres de la rondelle, ont été sollicités les talents du baryton Dakota Brown. De cette étroite collaboration harmonisant l'expérience et les compétences de ses membres émane une œuvre épique, luxuriante, un tantinet mystérieuse, un brin romantique, souvent calée sur le schéma oratoire devenu classique de la Belle et la Bête. A l'instar de son aîné, écoulé via le puissant label Sliptrick Records, ce nouvel arrivage témoigne d'un mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation et de finitions passées au peigne fin. Indices révélateurs d'une réelle envie d'en découdre de la part de nos compères...


A nouveau, c'est à l'aune de leurs passages metal symphonique pur et sur une cadence mesurée que nos acolytes parviennent le plus naturellement à aspirer le tympan. Ce qu'illustre, d'une part, « Echoes », avenant et ''xandrien'' mid tempo arc-bouté sur un épais riffing et une basse vrombissante, offrant simultanément une judicieuse triangulation vocale. Ainsi, les angéliques inflexions de la belle n'ont de cesse de donner le change aux growls caverneux d'une bête ronchonneuse, la chatoyante empreinte vocale de Dakota Brown venant alors à brûle-pourpoint comme pour éteindre un incendie naissant. D'autre part, non sans rappeler un Within Temptation des premier émois, « If I Fall » se pose tel un mid tempo progressif aux refrains immersifs à souhait, doté d'un bref mais sémillant solo de guitare et mis en exergue par les graciles volutes de la déesse.

Dans une visée dark symphonique gothique, tout en nous menant en d'insécurisantes contrées, la troupe nous octroie, là encore, quelques passages susceptibles de nous retenir plus que de raison. Ainsi, à mi-chemin entre Tristania et Draconian, l'obscur, voire anxiogène, mid tempo « Live to Tell the Story » nous plonge dans une atmosphère résolument gorgonesque, apte à laisser quelques traces dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon. Sous-tendu par un duo mixte en voix de contraste bien habité et sans jamais nous débouter d'une ligne mélodique au demeurant engageante, le glaçant méfait n'a manqué ni d'emphase ni de panache. Plus déconcertant encore, décochant ses riffs en tirs en rafale tout en délivrant une sidérante force de frappe dans un climat volontiers oppressant, le ''draconien'' « One Last Time » ira jusqu'à se jouer de nos inquiétudes et de notre effroi. Ce faisant, le brûlot finit par s'imposer à nous, un peu malgré nous.

Comme il nous y avait accoutumés, le collectif a parallèlement opté pour une voie symphonico-progressive pour tenter de nous rallier à sa cause, et ce, selon un triple regard. Aussi, éprouvera-t-on quelques frissons à l'abord du ''tristanien'' « Labyrinth », mid/up tempo aux relents dark gothique. Développant un énigmatique propos aux riffs corrosifs adossés à une rythmique rageuse, mais néanmoins doté d'une sente mélodique difficile à prendre en défaut ainsi que d'insoupçonnées montées en puissance de l'instrumentation, nos compères génèrent ainsi une énergie aisément communicative. Par ailleurs, dans une perspective folk/dark symphonique, nos belligérants ne se sont guère avérés moins efficaces. Ce qu'illustre « Consolation », manifeste à la fois éthéré, tonique et pénétrant, à la jonction entre Draconian et Leaves' Eyes, où un fluide picking à la guitare acoustique alterne avec de saisissants effets de contraste rythmique. Dans cette mouvance, c'est sans jambage que l'altier et ''xandrien'' mid tempo symphonique progressif pur « When Rivers Turn Red » imposera son entêtant refrain mis en habits de lumière par les limpides oscillations de la belle. Aussi, effeuille-t-on un grisant et tubesque méfait faisant la part belle aux choeurs et où la bête n'est jamais bien loin, prête à sortir de sa tanière pour venir rejoindre sa dulcinée dans un duo en parfaite harmonie.

Lorsqu'il nous conduit en d'intimistes moments, et notamment quand il s'écarte des sentiers battus, le combo délivre une charge émotionnelle difficile à endiguer. Ainsi, à la fois câlinante et écorchée vif, la ballade progressive « Reverie » est une véritable invitation au voyage. Doté de délicats arpèges au piano, d'un léger tapping et d'un vibrant solo de guitare, cet espace tamisé laisse également entrevoir un corps orchestral qui, lentement, mais sûrement, s'épaissit. Combinant savamment les délicates patines de la maîtresse de cérémonie, les profondes impulsions du baryton et les serpes oratoires du growler, alors immergées dans un enchanteur paysage de notes, la tendre offrande aura peu de chances de rater sa cible.

Dans cette lignée, le groupe a parallèlement diversifié ses atmosphères. Aussi, ne saurait-on éluder « Leaves of Lothlorien », aérienne et radieuse ballade folk au carrefour entre Savn et Midnattsol. Pétrie d'élégance, la caressante ritournelle délivre également ses séries d'accords peu convenues mais aux enchaînements bien négociés et qui, bon an, mal an, finissent par atteindre notre fibre émotionnelle. Plus classique dans son architecture mais recelant un filet mélodique propice au total enivrement de nos sens, « Forever Dream » s'offre telle une ballade romantique jusqu'au bout des ongles. Un instant privilégié d'une sensibilité à fleur de peau, aux envoûtants accents folk et enjolivé par les troublantes modulations d'une frontwoman que l'on croirait touchée par la grâce. Bref, une corde de plus et non des moindres à rajouter à l'arc déjà bien fourni de nos inspirés créateurs...


A l'issue de notre longue et jouissante traversée, on éprouve l'impérieux désir d'y revenir aussitôt les dernières mesures de l'opus envolées, histoire de goûter à nouveau au charismatique et poignant paysage de notes dispensé. Force est d'observer que le potentiel technique a judicieusement été exploité et que les mélodies ont subi un véritable lifting, les rendant un poil plus immersives aujourd'hui qu'hier. Restés fidèles à leurs fondamentaux stylistiques, la présente livraison rappelant de par son empreinte symphonique gothique dominante leur introductif EP, nos acolytes nous octroient également d'intrigantes et nouvelles sonorités.

Ce faisant, le groupe étasunien signe là un message musical à la fois enjoué et troublant, aux forts contrastes atmosphériques, rythmiques et vocaux, où les temps morts tout comme les espaces de remplissage sont aux abonnés absents. Guère plus originale que son aînée, cette rondelle a toutefois gagné en épaisseur artistique ce qu'elle n'a nullement perdu en qualité de production d'ensemble, loin s'en faut, et surtout confirmé les talents de l'expérimenté quintet nord-américain. Bref, une œuvre aussi rayonnante que sculpturale, aux compositions coulées dans le bronze et peu convenues, susceptible de propulser nos gladiateurs parmi les challengers à ne pas occulter sur la scène metal symphonique internationale. A bon entendeur...

Note : 15,5/20

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