Liquid Tension Experiment

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Nom du groupe Liquid Tension Experiment
Nom de l'album Liquid Tension Experiment
Type Album
Date de parution 1998
Labels Magna Carta
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album94

Tracklist

1. Paradigm Shift 08:55
2. Osmosis 03:26
3. Kindred Spirits 06:29
4. The Stretch 02:00
5. Freedom of Speech 09:19
6. Chris and Kevin's Excellent Adventure 02:21
7. State of Grace 05:01
8. Universal Mind 07:53
9. Three Minute Warning 28:31
Total playing time 1:13:55

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Liquid Tension Experiment



Chronique @ Innerself

13 Août 2007
Tant de choses à dire à propos d'un groupe aussi talentueux qu'éphémère. Né en 1998 d'une volonté de sieur Portnoy de faire de la musique improvisée avec des amis (et ainsi de prendre le contre-pied de Dream Theater), Liquid Tension Experiment ne connaîtra que 2 albums : celui ci, engendré dans la foulée de la composition du quatuor, et son successeur non moins sobrement intitulé "II" l'année suivante... tous 2 composés et enregistrés en une semaine chrono.
Effectuons un petit flashback de 9 ans en arrière (emportez un peu d'argent, les clopes étaient moins chères à cette époque). Mike Portnoy se lance dans la formation d'un nouveau groupe sans aucun autre but que de s'amuser. Le choix du guitariste était à l'origine Dimebag RIP Darrell, qui dut finalement céder sa place au comparse Dream Theaterien John Petrucci. Rajoutons Jordan Ruddess au clavier, Tony Levin à la basse et au chapman stick, et le combo de luxe est posé. Vous venez de comprendre la raison pour laquelle seules 2 galettes furent pondues... en 98, Dream Theater est au bord du split, la faute au claviériste Derek Sherinian. Derek se barre et est remplacé par Jordan Ruddess. 3 membres en commun entre les 2 groupes, Mike décrète que Liquid Tension Experiment perd là toute légitimité et la belle aventure s'arrête en 99.
Et pourtant, allez donc évoquer Liquid Tension Experiment à tout amateur de metal prog. Vous verrez celui-ci tour à tour pester, prendre des yeux de chien battu (mais pas aussi bien que moi hein, faut pas déconner), et se ruer sur le frigo pour noyer sa peine dans la Grim.

Premier constat : comme il est bon de ne pas devoir subir un chanteur. Combien de fans de Dream Theater ont un jour rêvé que le brailleur canadien James LaBrie fasse une indigestion de sirop d'érable jusqu'à en exploser et retapisser les murs de chez lui ? Juste des instruments, du talent, et un plaisir à jouer ensemble diablement communicatif. Du bondissant "Paradigm Shift" ouvrant l'album au larmoyant "State of Grace", on reste bouche bée devant tant d'aisance à produire une telle qualité de composition. Nombre de morceaux cachent en leur sein une alternance de calme parfois jazzy et de hargne positive ("Freedom of Speech", "Kindred Spirits", "Paradigm Shift", "Universal Mind"). Ca s'enchaîne brutalement et pourtant rien ne choque, chaque contretemps, chaque break, est idéalement placé. La masturbation technique est omniprésente, et j'en vois déjà certains froncer les sourcils en grommelant à cette idée. A quoi d'autre peut-on s'attendre lorsque l'on place de tels musiciens ensemble pour jammer ? A un concert de bols tibétains ? Ravalez cette mauvaise foi, car nos gaillards savent aussi faire preuve d'une dérision sans égale. D'autres morceaux témoignent en effet d'un réel décalage : un "Osmosis" planant, sans guitare, faisant la part belle au glissement des doigts sur les cordes du chapman et accentuant la percée introductive de "Kindred Spirits". "The Stretch", lui, titille du pied le funk et le "Chris & Kevin's Excellent Adventure" décousu est l'occasion d'entendre les artistes rire bêtement, siffloter et j'en passe.
Alors que "Universal Mind" touche à sa fin, on n'a d'autre choix que de se résoudre à accepter l'évidence... aucune émotion n'a réellement besoin de paroles. En metal comme ailleurs, les mots sont parfois de trop. Ils ne feraient que dénaturer la pensée.

Une dernière anecdote, et puisque cet album n'aurait pu se clore sur autre chose... le dernier titre "Three Minute Warning" est une improvisation pure, enregistrée telle quelle. Des minutes Windows visiblement, car des 3 annoncées on passe à 28. Il contient certes des plats, mais autant de dérapages incontrôlés et jouissifs. Si vous prêtez bien l'oreille, vous tomberez sur un raccord entre 2 parties de qualités différentes (bon je suis sympa, je vous le file : 27'12''). La petite histoire veut que les compères, trop embarqués dans le bœuf, en aient oublié que la bande du studio touchait à sa fin, et que la conclusion de l'impro ne doive son salut qu'au MiniDisc de Mike Portnoy qui lui tournait encore.
Comment mieux résumer l'état d'esprit dans lequel fut créée cette pièce atypique ? Du pur plaisir, à jouer pour eux comme à écouter pour nous. A s'y abandonner...

PS : Portnoy aurait récemment déclaré voir à nouveau un intérêt à l'existence de Liquid Tension Experiment, et le line up originel n'y serait pas opposé. Mais le label avec lequel ils avaient signé serait un gros obstacle. Magna Carta fut autrefois un grand du prog mais ne sait plus faire autre chose que s'attirer les foudres de la scène et sortir des compilations m*rdiques.

1 Commentaire

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mrbungle - 15 Août 2008: Pour résumer mon opinion sur ces deux galettes, je dirais simplement ceci :

- Oh Oui !!! Grands fous !!! Encore !!! (Oups pardon, me suis laissé emporter).

Plus sérieusement, c'est un vrai régal auditif. Que des musiciens de ce niveaux là fassent des albums essembles juste pour le fun; moi suis preneur...

On devrait même les "pousser à s'amuser plus souvent", non ? (Ai bien le droit de croire au Père Noël, non ? Mdr)
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