Lantlôs

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Nom du groupe Lantlôs
Nom de l'album Lantlôs
Type Album
Date de parution 22 Septembre 2008
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album30

Tracklist

1. þinaz Andawlitjam 09:04
2. Mitsommerregen 08:10
3. Ruinen 08:34
4. Kalte Tage 06:38
5. Ëin 06:59
Total playing time 39:25

Commentaire @ Gamhea

14 Mai 2010
Après Îsern Himel, une démo attrayante sous forme de cassette (niveau distribution, on fait quand même plus efficace), Lantlôs nous produit son premier album, éponyme, doté qui plus est d'un délectable artwork que certains fans de shoegaze français sauront identifier. Au gouvernail, Herbst, qui s'occupe de tous les instruments, et à la voix, un certain Alboîn Goldmund, qui sort on ne sait d'où alors qu'il a pourtant un timbre qui pourrait le mener loin.

En effet, on assiste à un chant hurlé étonnamment clair, mélodieux, et plaintif. Pour le reste de l'orchestre, c'est une batterie au style black assez original (alternance de blast, double drum, et jeu posé), montée de guitares aériennes, à la distorsion propre, une basse un brin suiveuse mais qui sait se démarquer quand il faut, le tout dans une production propre et harmonieuse qui colle très bien à l'esprit du groupe, vous allez voir !

Les chansons sont toutes d'une structure complexe et réfléchie, durant en moyenne 8 minutes chacune, mais quelles minutes ! Il faut savoir que les thèmes des paroles se rapportent globalement à cinq éléments : la nuit, la ville, l'hiver, la mélancolie et l'espoir, et la musique de Lantlôs s'approprie les différentes sensations de ces éléments pour faire vibrer le corps des tripes au cerveau. L'album coule doucement, avec un départ assez brutal avec Thinaz Andawlitjam, vite rattrapé par les lignes pensives de guitare et la voix d'Alboîn se perdant dans les méandres lointains de l'esprit. Chaque chanson met en avant un sentiment plus intensément, ainsi si c'est la mélancolie et la tristesse qui prédominent dans Mittsommeregen ou Ruinen, l'ambiance de Kalte Tage ("Jour froid") est plus reposée et froide, mais ce n'est pas un mauvais froid, un gel sale et douloureux commun au black, c'est le froid agréable qu'on ressentirait par une ballade nocturne, la vue parsemée des étoiles que forment les lueurs de la ville. Un givre qui réchauffe le corps. Ce sont là des images qui nous étreignent lorsqu'une douce voix féminine vient murmurer des mots en allemand (après ça, je vois pas comment on peut trouver le teuton guttural) sur un fond de vent, ou durant le final de Ruinen, voyage aérien au dessus de toute entrave spirituelle. L'outro de l'album, Ëin, est la progression de plusieurs morceaux d'un guitariste qui s'est volontairement égaré sur un quai. Il pleut, il regarde les gens passer, nostalgique, jusqu'à ce que le quai se vide. La fin de l'album est une véritable apothéose, un condensé des différentes émotions qui suivent tout au long des morceaux, pour s'achever dans un torrent de grosse caisse et de disto, sur lequel pleuvra finalement quelques précieuses gouttes de guitare sèche.

En attendant .Neon qui sort d'ici un mois, avec pour nouveau chanteur le sympathique Neige (Alcest, ex-guitar de KPN, Amesoeurs...), ce premier CD sait emporter loin au dessus de la ville les préoccupations sur le chemin du boulot, et parvient sans mal à bercer le penseur qui marche de nuit. 18/20 pour un album qui m'accompagne et me relève dans les sales moments.

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