Invincible

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15/20
Nom du groupe Holy Shire
Nom de l'album Invincible
Type Album
Date de parution 28 Juin 2024
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Misty
 05:21
2.
 Dagon
 05:23
3.
 Dragonfly
 04:39
4.
 Voice of Reason
 04:12
5.
 Waves of Misery
 06:13
6.
 The Cathedral
 04:37
7.
 Black Thorn
 05:58
8.
 The Seduction of Hollowness
 04:29
9.
 Dream of You
 03:24
10.
 M9
 05:25
11.
 Farewell
 01:36

Durée totale : 51:17

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Holy Shire


Chronique @ ericb4

06 Novembre 2024

Ce troisième mouvement propulse la troupe lombarde encore un peu plus près des étoiles...

S'il est des formations désireuses de prendre le temps nécessaire à la pleine maturité de leurs compositions et au peaufinage de leurs productions, ce combo italien originaire de Milan serait assurément du nombre : créé en 2009 – sous l'impulsion du batteur Massimo Pianta (dit ''theMaxx'') –, le collectif lombard ne sortira son premier et encouragent album full length, « Midgard », que cinq années plus tard. Il nous faudra alors patienter la bagatelle de quatre ans supplémentaires pour découvrir un second et fringant album studio, « The Legendary Shepherds of the Forest », que quelque six années sépareront d'un troisième effort de même acabit répondant au nom de « Invincible » signé, lui, chez le discret label italien Ghost Record Label. Ce faisant, les 11 pistes de cette nouvelle offrande seraient-elles à même de hisser dès lors la troupe transalpine parmi les valeurs confirmées du si concurrentiel registre metal gothico-symphonique à chant féminin ?

Dans ce dessein, le line up a subi un remaniement de fond, Massimo Pianta ayant désormais savamment conjugué les talents de : Erika Ferraris (dite ''Aeon''), assistée de Julia Eledhwen (en remplacement de Claudia Beltrame), au chant ; Sefano Zuccala et Mattia Stilo (In-Sight), en lieu et place de Andrea Faccini (dit ''Andrew Moon'') et Frank Campese (Eyes Of Soul, Logic Edge), aux guitares ; Leonardo Sganga, successeur de Piero Chiefa (dit ''BlackBass'') (ex-Lunae), à la basse ; Chiara Brusa à la flûte. Le claviériste Simeone Monici (dit ''Reverend Jack'') a, quant à lui, quitté le navire. De cette fraîche collaboration émane un propos metal gothico-symphonique aux effluves folk et progressif, dans la lignée de son prédécesseur. Aussi, c'est à nouveau dans le sillage d' Eluveitie, Lyriel, Nightwish, Epica, Xandria et Ancient Bards que nous place cette œuvre à la fois singulière, pulsionnelle, enjouée, énigmatique et troublante. Enregistré et mixé par Francesco Altare (Inane), et mastérisé par l'ingénieur du son et propriétaire de Elephant Mastering (à Frosinone en Italie), Riccardo Parenti (Figure Of Six, Game Zero, Helslave), le méfait bénéficie de finitions passées au crible. Mais entrons sans plus attendre dans le vaisseau amiral...


A l'instar de son devancier, c'est à la lecture de ses pistes les plus éruptives que cet effort marquera ses premiers points, et non des moindres. Ce qu'atteste, en premier lieu, « Dragonfly », impulsif et chevaleresque effort symphonique folk aux riffs crochetés, à mi-chemin entre Eluveitie et Nightwish. Recelant d'inattendues et sémillantes accélérations ainsi qu'un refrain catchy mis en exergue par un duo en parfaite harmonie, l'invitant manifeste ne se quittera qu'à regret. Dans cette mouvance, on retiendra également « Voice of Reason » tout comme « Black Thorn », offensifs et truculents propos à la confluence d'Eluveitie et d'Ancient Bards ; livrant chacun des couplets bien customisés relayés chacun d'un refrain immersif à souhait souligné par les frissonnantes ondulations des deux vocalistes patentés, ainsi qu'un flamboyant solo de guitare, ces ''tubesques'' efforts pourraient bien laisser quelques traces indélébiles dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon.

Quand ils desserrent un tantinet la bride, nos acolytes parviennent là encore, et sans mal, à aspirer le tympan. Ce à quoi nous sensibilise, tout d'abord « Misty », ''eluveitien'' mid tempo progressif aux riffs épais et corroboré d'une flûte gracile. Evoluant sur une sente mélodique des plus enivrantes, sur laquelle se calent les chatoyantes empreintes vocales d'un duo bien habité, et recelant un fin picking à la guitare pour clôturer cet effort bien cadencé, nombreuses sont les armes de cette grisante offrande pour se jouer de toute tentative de résistance à son assimilation. Dans cette énergie, on optera également pour « Dagon », engageant mid tempo progressif et syncopé, au regard d'une insoupçonnée et seyante montée en régime de son corps orchestral. Dans une dynamique similaire, on ne saurait davantage éluder « The Seduction of Hollowness », tant pour ses ensorcelantes sonorités orientales que pour ses sémillants arpèges d'accords.

Lorsque les lumières se font plus douces, nos compères trouvent à nouveau les arguments susceptibles de nous faire plier l'échine. Ce qu'illustre, d'une part, « Waves of Misery », ballade progressive sous-tendue par une violoneuse assise et une flûte libertaire, que n'auraient sans doute reniée ni Lyriel ni Xandria. Eu égard à l'infiltrant cheminement d'harmoniques qu'elle nous invite à suivre et à la poignante gradation de son dispositif instrumental, la tendre aubade se charge en émotion au fil de sa progression. Ce faisant, l'instant privilégié ne saurait être éludé par l'aficionado de moments intimistes. On pourra non moins retenir « Dream of You », ballade a-rythmique d'une confondante légèreté, romantique jusqu'au bout des ongles. Investie de douces stridulations d'une flûte enchantée doublées d'un fin picking à la guitare acoustique, et glissant le long d'une radieuse rivière mélodique qu'empruntent nos deux tourtereaux, la caressante plage s'assimilerait à une véritable invitation au voyage en d'oniriques contrées.

Par ailleurs, en réponse à une volonté communément partagée de panacher son offre en matière d'exercices de style, la troupe nous livre un bref mais poignant instrumental symphonico-cinématique en outro. Ainsi, sous couvert de profonds roulements de tambours et d'arrangements ''nightwishiens'', « Farewell » se pose telle une classieuse et charismatique pièce de fermeture, assimilable à un générique d'une grande production hollywoodienne. Bref, une manière des plus élégantes de refermer le chapitre.

Est-ce à dire que le sans-faute serait au bout du chemin ? Pas tout à fait. A commencer par « The Cathedral », mid tempo aux riffs acides ; si son refrain s'avère agréable, à défaut d'être imparable, les couplets, quant à eux, pèchent par manque de luminosité mélodique, au moment où les séries d'accords, elles, sont en proie à d'intarissables répétitions. Par ailleurs, en dépit de fringants gimmicks ''flutistiques'', d'un refrain plutôt engageant et de sa capacité à générer une énergie aisément communicative, mais instillé de séries de notes des plus monotones et d'harmoniques manquant parfois de cohérence, l'enfiévré « M9 » ne tirera que malaisément son épingle du jeu.


Après une longue traversée du désert, force est d'observer que le combo italien revient plus boosté que jamais dans la course. Nous livrant un essai à la fois rayonnant, vitaminé, parfois intrigant et un brin romanesque, transpirant, là encore, la féconde inspiration mélodique de ses auteurs, le septet transalpin n'aura pas tari d'armes efficaces pour asseoir sa défense et se jouer des nôtres ! Varié sur les plans atmosphérique, rythmique et oratoire, le méfait ouvre, lui aussi, largement le champ des possibles en matière d'exercices de style, pour un rendu tenant toutes ses promesses. S'il bénéficie d'une ingénierie du son plutôt soignée et d'une technicité instrumentale affermie, le manifeste ne va pas sans concéder, à son tour, quelques bémols susceptibles d'affadir l'attention du chaland. A l'aune d'une œuvre ne manquant ni de caractère ni de luminescence, nos acolytes auraient néanmoins une belle carte à jouer pour espérer se hisser parmi les valeurs confirmées de leur espace metal d'affiliation. Dans le sillage de son devancier, ce troisième et mouvement mène la troupe lombarde encore un peu plus près des étoiles...

Note : 15,5/20

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