In the Shadow of a Thousand Suns

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Nom du groupe Abigail Williams
Nom de l'album In the Shadow of a Thousand Suns
Type Album
Date de parution 28 Octobre 2008
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album120

Tracklist

DISC 1 - IN THE SHADOW OF A THOUSAND SUNS - Re-Issue in 2010 by Candlelight Records with a different cover and a second disc. Bonustracks : Japanese Edition
1.
 I
 00:39
2.
 The World Beyond
 06:16
3.
 Acolytes
 04:59
4.
 A Thousand Suns
 05:08
5.
 Into the Ashes
 04:38
6.
 Smoke and Mirrors
 04:52
7.
 A Semblance of Life
 02:06
8.
 Empyrean : into the Cold Wastes
 06:15
9.
 Floods
 05:47
10.
 The Departure
 05:55

Bonus
11.
 From a Buried Heart
 04:10
12.
 Like Carrion Birds
 03:43
13.
 The Conqueror Wyrm
 04:22
14.
 Watchtower
 05:39
15.
 Procession of the Aeons (Demo)
 03:47

Durée totale : 01:08:16



DISC 2 - AGHARTA (RE-ISSUE 2010)
1.
 I Am (God)
 04:56
2.
 In Death Comes the Great Silence
 06:37
3.
 Waiting for the Rain
 01:33
4.
 Infernal Divide
 05:16
5.
 Floods (Demo)
 06:14

Durée totale : 24:36


Chronique @ BadaOfBodom

30 Novembre 2010
L’Amérique et le Black Metal Symphonique… Non, ce n’est pas antinomique, contrairement à ce que vous pensez probablement. Il est bien vrai que les racines de ce style sont à chercher dans la froideur hivernale des vastes forêts norvégiennes, on ne le répètera jamais assez. Cependant, convenons que la genèse de cette symphonie obscure est maintenant achevée depuis bien longtemps. Il serait en cela absurde de se cantonner à la Norvège, pour peu que vous soyez un explorateur musical en quête de perles oubliées ou passées inaperçues. Pour les plus téméraires d’entre vous, sachez qu’il est même possible de s’aventurer au-delà des frontières de l’Europe, continent sacré pour le Black Symphonique car c’est ici que résident les dinosaures du style... Alors, prêts pour le dépaysement ? Allons-y : direction les États-Unis !

Une fois plongés dans le contexte qui nous intéresse ici, nous ne pouvons nier l’évidence : le Black Symphonique yankee n’est pas une institution dans le monde, et aux États-Unis, rares sont les groupes qui ont réussi à se faire un nom dans le milieu. Le plus illustre de tous les exemples de réussite américaine dans le domaine est certainement Dragonlord. Mais il n’y a pas de secret ni de recette magique : la notoriété des musiciens ex ante a pesé lourd dans la balance. Et si je vous dis que c’est Eric Peterson, guitariste de Testament, groupe de Thrash américain immensément réputé, qui est à l’origine du projet Dragonlord, je pense que vous voyez où je veux en venir…

Mais en 2005, les choses s’accélérèrent… Un certain Ken Bergeron alias Sorceron, simple citoyen de Phoenix en Arizona, décida de former un groupe de Metal. Ce groupe, nous le connaissons aujourd’hui sous le pseudonyme d’Abigail Williams, et c’est ce groupe qui attire toute notre attention en ce moment même. Après de nombreux changements de line-up et plusieurs tentatives infructueuses pour se faire connaître, matérialisées notamment par la diffusion sur Internet d’une première démo dès 2005 – "Gallow Hill" –, par la sortie officielle d’un EP l’année suivante – "Legend" –, mais aussi par la participation active à des concerts dont une tournée avec Dark Funeral et Enslaved, Abigail Williams finit par se mettre en stand-by pour une durée indéterminée en début d’année 2007. Mais la trêve fut finalement de courte durée… En effet, grâce à l’inspiration foisonnante de Ken Sorceron au cours de cette pause (et c’est un euphémisme car ce dernier a presque tout écrit et composé…), la formation parvint à se remotiver rapidement et entra du même coup en studio l’année suivante pour enregistrer sa première œuvre intégrale : "In the Shadow of a Thousand Suns". Fin octobre – soit même pas deux mois après la sortie de "De Oppresso Liber" des compatriotes de Sothis – ce disque atterrit dans les bacs, et la suite, laissez-moi vous la raconter…

À l’instar de Sothis, Abigail Williams n’a pas eu peur de mettre la main au porte-monnaie pour frapper fort avec cet album et ainsi mettre toutes les chances de son côté dans sa recherche de public. En témoignent entre autres le merchandising à tire-larigot, le soin apporté au niveau graphique (je pense notamment à la pochette et au livret), la signature avec le label géant Candlelight Records, les collaborations prestigieuses (on y reviendra…). Dans ce cas de figure, certains diront une fois de plus qu’il s’agit là d’un business, et seulement d’un business… Ce à quoi je réponds comme toujours que la musique "professionnelle" et l’industrie du disque sont un peu les deux faces d’une même pièce. On a beau dire et beau faire, ces deux faces sont intimement liées et ne peuvent être dissociées. Donc, pour ceux que l’aspect commercial rebute, je vous suggère de réfléchir posément à tout ça avant de jeter la pierre à cet album, sans même l’avoir écouté…

Ceci étant dit, entrons justement dans le vif du sujet : la sphère musicale de l’album.

"In the Shadow of a Thousand Suns" démarre gentiment sur une intro modestement intitulée "I", une intro qui s’avère assez courte puisqu’elle n’atteint même pas les quarante secondes. Mais ces quelques instants suffisent à l’auditeur pour se mettre dans le bain, "I" nous offrant une sorte de symphonie nocturne, certes brève, mais terriblement immersive. À partir de là, il devient déjà clair que nous allons avoir affaire à du Black Symphonique car, il faut bien le dire, ce type d’entrée en matière n’est pas nouveau. Cradle Of Filth, par exemple, a toujours pris soin d’envoûter ses auditeurs avec ses introductions grandiloquentes et baroques, ce qui est aussi le cas d’un groupe comme Dimmu Borgir au début du majestueux "Puritanical Euphoric Misanthropia".

Notez que citer cet album ici n’est pas du tout un geste anodin de ma part, et vous en avez la confirmation dès que les premières notes de "The World Beyond" retentissent… Âmes sensibles s’abstenir : la transition entre "I" et "The World Beyond" est la même qu’entre "Fear And Wonder" et "Blessings Upon The Throne Of Tyranny" dudit album, à savoir particulièrement abrupte ! Tout à coup, la pureté du charme orchestral laisse place, sans pour autant s’effacer, à une rage dévastatrice, à une fureur implacable, comme si nous étions brutalement extirpés d’un rêve pour être confrontés aux dures réalités de la vie. Et autant le dire d’emblée, cette agressivité, cette puissance musicale rythme la quasi-intégralité de l’album, et n’est donc pas sans évoquer la démarche même de "Puritanical Euphoric Misanthropia" sur toute la ligne. Outre "The World Beyond" dont nous venons de parler, nous avons effectivement dans chaque chanson au moins un riff qui se démarque par sa furie : "Acolytes" (cf. 03:03), "A Thousand Suns" (cf. 01:45), "Into The Ashes" (cf. succession de riffs après l’intro au clavier), "Smoke And Mirrors" (cf. 04:00), "Empyrean : Into The Cold Wastes" (cf. riff introductif), "Floods" (cf. 04:03), "The Departure" (cf. 01:03).

Bien entendu, la batterie y est pour beaucoup avec tous ses blasts échevelés en long, en large, et en travers ; blasts qui s’avèrent techniquement irréprochables. Et même si ce n’est pas l’inimitable Nicholas Barker qui est aux manettes, il serait malvenu de se plaindre car c’est bel et bien Trym Torson – le batteur d’Emperor en personne – qui est venu donner un coup de main à Abigail Williams pour l’enregistrement des parties de batterie. Remarquez, l’expression "coup de main" n’est pas forcément la plus appropriée à la situation car Trym a effectivement fait la plus grosse part du boulot, et n’a laissé que les morceaux "Acolytes", "Empyrean : Into The Cold Wastes", et "Floods" à Sam Paulicelli ou "Samus" (qui se débrouille très bien lui aussi, comme vous pourrez le constater par vous-mêmes si vous écoutez ces pistes…).

Tant que nous sommes dans les invités de marque, permettez-moi une petite digression… Trym Torson est un invité de choix, c’est certain. Mais cela ne doit pas non plus faire oublier la présence de James Murphy, monstre sacré du Death/Thrash Metal américain pour ses nombreuses contributions de prestige en tant que guitariste. Death, Obituary, ou encore Testament dont nous avons parlé tout à l’heure, font partie de son palmarès impressionnant. Fort de son expérience en tant que musicien mais aussi en tant que producteur et ingénieur du son, Murphy nous offre donc là une production propre et sans bavure, et il se permet même un petit solo au beau milieu de "The World Beyond". Comme quoi, l’appel de la guitare est bel et bien irrésistible…

Revenons à nos moutons. Pour ce faire, je vous mets en garde : les apparences sont parfois trompeuses…

D’abord, il me paraît important de signaler que "In the Shadow of a Thousand Suns" n’est pas un vulgaire plagiat de Dimmu Borgir, même si l’affiliation se fait naturellement, tant les similitudes sont prégnantes. Ce que nous propose Abigail Williams ici, c’est un Black/Death Metal Symphonique assez rentre-dedans et massif à l’image du mythique "Puritanical Euphoric Misanthropia". Cependant, le rendu n’est pas exactement le même…

Premièrement, le chant de Sorceron est tout à fait différent de celui de Shagrath. Nous avons droit à une voix Black, certes, mais cette dernière s’avère beaucoup plus stridente que celle du leader norvégien ; ce qui ne veut pas dire pour autant qu’elle vient titiller Dani Filth sur son territoire… Pour être franc, je pense qu’elle est plutôt à rapprocher de la voix d’Ihsahn sur "In The Nightside Eclipse"… Bref. À noter aussi la maigre présence d’un chant clair que l’on peut entendre au début du morceau "A Thousand Suns" (et qui est particulièrement raté…) ainsi qu’à la fin de "The Departure", accompagné pour l’occasion par la voix de la claviériste, Ashley "Ellyllon" Jurgemeyer. Rien de bien conséquent, donc, à côté de la contribution vocale de qualité d’ICS Vortex dans "Puritanical Euphoric Misanthropia". D’ailleurs, ici, le bassiste, Thomas G. Plaguehammer, garde la bouche fermée…

Deuxièmement, le jeu de guitare (de Sorceron, encore lui) repose, la plupart du temps, sur un son bien particulier, un son qui est très connu dans le monde du Black Symphonique puisque c’est Emperor qui en est plus ou moins à l’origine et qui avait l’habitude de s’en servir. Ce point est assez difficile à expliquer, en réalité, puisqu’il fait intervenir la subtilité de l’oreille. Mais je suis sûr qu’avec un peu d’attention, vous finirez bien par comprendre ce que j’entends par là. Inutile, donc, de vous assommer avec une description qui s’annoncerait plus absconse qu’autre chose…

Troisièmement, il faut bien le dire, la belle Ashley Ellyllon nous offre ici une prestation qui reste indéniablement personnelle. Ses orchestrations ont effectivement un penchant gothique affirmé par moments, ce que l’utilisation non négligeable du piano vient appuyer. Pour faire d’une pierre deux coups en illustrant cette dimension atmosphérico-gothique du clavier, citons bien sûr "A Semblance Of Life", le seul interlude de l’album ; interlude qui se présente à nous sous la forme d’un instrumental à la Cradle Of Filth, et que l’on peut aisément rapprocher de "A Melody Of Coming Nightmare" de Black Countess. En somme, dans cet album, la présence du clavier – et par extension du piano – insuffle une sorte de noirceur esthétique, de violence baroque à la musique qui a de quoi séduire. Mais attention, rien à voir avec l’inimitable "Moon In The Scorpio" de Limbonic Art, quand bien même j’utilise là des adjectifs qui pourraient vous faire penser à cette œuvre.

En tout état de cause, les interventions du clavier rappellent bien le concept de cet album, et notamment sa pochette. Ici, le message visuel est très clair : le groupe a évidemment voulu rendre hommage aux ténèbres, ce que le titre de l’album ne fait que confirmer. À noter tout de même que le dessin réalisé par Toshihiro Egawa n’est pas fondamentalement original… Le tout nous est assez familier, et ce pour une raison très simple : nous sommes sur le terrain de jeu pictural du célèbre Necrolord (Kristian Wåhlin), illustrateur de talent. Un ciel obscur, une forêt, des montagnes, de la neige, une forteresse, des monstres ; tout ça, dans un océan de violet… Autant dire que l’on a là tous les éléments – ou presque – constitutifs de la pochette de l’incontournable "In The Nightside Eclipse" d’Emperor. Doit-on voir cela comme un clin d’œil aux géniteurs du Black Symphonique ? Possible. Quoi qu’il en soit, les similitudes graphiques sont plus qu’évidentes. La seule véritable liberté que l’illustrateur japonais ait prise concerne probablement le choix des monstres car, à ma connaissance, il n’est pas commun de trouver une sorte de kraken et des guivres réunis sur une pochette de Black Symphonique. "Mare Nostrum" de Stormlord pourrait me contredire, mais c’est encore une exception qui confirme la règle…

"A fortress of evil surrounded by darkness." Telle est la première phrase hurlée par Sorceron dans "Floods", une phrase qui pourrait tout à fait être employée pour la description de la pochette. Si je cite cette phrase, c’est donc parce qu’elle a le mérite de montrer à elle seule la cohérence conceptuelle de cet album. Et effectivement, si l’on s’y intéresse de près, on voit très bien que les textes du groupe abordent principalement des thèmes classiques comme l’étreinte des ténèbres et du mal, le pouvoir de la lune, ou le froid saisissant des vents hivernaux ; thèmes qui rejoignent plus ou moins la symbolique de la pochette. Petite anecdote amusante : "Smoke And Mirrors" pourrait entre autres faire écho à la quasi-symétrie axiale en vigueur dans la réalisation de Toshihiro Egawa ! Mais là, je divague peut-être un peu trop…

Là où je ne divague pas, en revanche, c’est en vous disant que la formation américaine a choisi son pseudonyme en connaissance de cause. Abigail Williams, tel est en effet le nom d’une des jeunes femmes à l’origine du massacre d’innocents en 1692 à Salem Village dans le Massachusetts. Cette année-là, Abigail Williams, entre autres, se mit à se comporter d’une façon volontairement très étrange devant les autres citoyens. Ainsi, les médecins l’ayant auscultée, naturellement incapables de diagnostiquer l’origine de cette fausse pathologie, en déduisirent qu’une puissance extérieure était responsable de cet état, une puissance qui échappait aux lois de la science stricto sensu. Bien sûr, dans la conscience collective de l’époque, largement en proie à des croyances surnaturelles, c’est la sorcellerie et le satanisme qui s’imposèrent d’emblée. Et dans ce marasme de la perception, dans cette hystérie de groupe à grande échelle, Abigail Williams parvint à déployer ses plans machiavéliques et dénonça en masse des individus, censés être responsables de son délire mythomane. Ces individus - innocents, s’il en est - furent enfermés, "jugés", puis exécutés. Comme vous pouvez le constater, cette histoire a le mérite de nous prouver une fois de plus que la bande à Sorceron reste assez cohérente dans son concept malsain. Et puis, comme il s’agit avant tout d’une histoire américano-américaine, on peut y voir aussi un moyen pour le groupe d’affirmer son origine yankee et son souhait de proposer du "made in USA".

Finalement, avec ce "In the Shadow of a Thousand Suns", Abigail Williams a indubitablement réussi à tirer son épingle du jeu en se forgeant une réputation internationale, et en se hissant du même coup en tête du peloton américain en matière de Black Symphonique. Et même si cet album n’a rien de bien révolutionnaire, on peut au moins reconnaître que les musiciens ayant participé à son élaboration ont fait du bon travail. D’une certaine façon, ils n’ont donc pas volé leur nouveau statut. Quoi qu’il en soit, quel parcours étonnant pour un groupe initialement inspiré par la scène Metalcore, n’est-ce pas ?

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Matai - 25 Mai 2012: Un truc que j'avais remarqué mais dont j'avais oublié de mentionner, le début de "The Departure" a l'air bien pompé sur Skyfire. Bouhouhou.
BadaOfBodom - 25 Mai 2012: Possible, mais pas certain. ;)
Matai - 25 Mai 2012: Ben, je ne sais pas si c'est voulu ou quoi, mais tu prends un morceau comme "Awake" par exemple (ou n'importe quel autre tu me diras), on retrouve ce même rythme, cette même mélodie et ce même type d'harmonie. Sauf que pour le coup, tu remplaces les riffs de l'intro de The Departure par le piano de Skyfire.
BadaOfBodom - 25 Mai 2012: Il faudrait interroger directement le groupe pour le savoir. Mais vu l'évolution de celui-ci, y'a plus trop de risque de plagiat de Skyfire... xD

(D'ailleurs, il faut que j'achète "Becoming".)
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Chronique @ Arachnid

11 Fevrier 2010

Les jeunes Américains tirent quant même leur épingle du jeu (...)

Tout le monde connait le black metal, de par des légendes comme Immortal, Marduk, Dark Funeral aux groupes plus underground comme Borgne, Urgehal ou Liar Of Golgotha. Dans tous les cas, on peut reprocher à ce style si particulier de tourner un peu en rond. Si la plupart des groupes font du bon black, cohérent et efficace, beaucoup de groupes se laissent aller à du classique déjà-vu, voire inutile ; et je ne parle pas des groupes-phares qui nous servent du réchauffé. C’est alors qu’en 2005 est apparue une jeune formation américaine mêlant habilement black metal mélodique, symphonique et metalcore. Si le style est surprenant et inhabituel, le résultat n’en est pas moins efficace, voire vraiment original.

Deux démos alliant la mouvance actuelle au vieux genre de prédilection et c’est le succès assuré pour Abigail Williams. Mais la consécration vient en 2008 avec ce premier album purement black sympho, laissant derrière eux un style qu’ils estiment inutile. Dommage, mais il faut avouer que si A.W. ne jouent plus dans l’originalité, In the Shadow of a Thousand Suns a le mérite d’être monstrueusement bon.

Premièrement, sachez que c’est principalement pour ne pas dire uniquement le leader-chanteur-guitariste Ken Sorceron qui a composé les morceaux. Ainsi, après le léger split du groupe en 2007, c’est lui qui a écrit et produit la quasi-intégralité de l’album pendant son temps libre. La galette, enregistrée durant six longs mois au SafeHouse Production Studio par le grand James Murphy (Obituary, Testament, Death), a été minutieusement préparée, mixée, masterisée et ce, avec un soin des plus stricts.

L’album débute avec une courte intro mélodique, envolée et sympho. Déjà vu ? Indéniablement, mais il n’y a pas trente-six manières de débuter un album, notamment dans le domaine du black metal. Surtout dans le domaine du black métal symphonique, ce qui serait ainsi une marque de fabrique. La magnifique introduction passée, on passe forcément dans le vif du sujet avec l’un des titres les plus accrocheurs de ces 46 minutes compressées : "The World Beyond". Un roulement de tomes aussi précis que destructeur et le ton est donné : ça va vite, très vite. Le blast de Trym Torson (Emperor, Zyklon, Enslaved) suit aisément des riffs en allers-retours aussi glauques que planants, dégageant une réelle motivation quant au balayage de l’air avec ses longs cheveux (chose que je n’ai plus). Le clavier n’est heureusement pas surmixé, juste correctement dosé pour n’être ni devant les riffs ni en retrait. Il apporte une bonne ambiance au tout, avec cohérence et utilité, laissant souffler les autres membres lors de pauses couvertes par ces mêmes claviers.

Loin d’être courts et hachés-menu, les morceaux durent en moyenne de cinq à six minutes, complets et détonants. Pas de formatage ici. Les riffs norvégiens s’entremêlent avec cohérence à des riffs death et des soli aux sonorités peut-être classiques mais néanmoins majestueux, ne tournant jamais en rond et boostant suffisamment la chanson sans n’y trouver aucune lassitude.

On pourrait reprocher au groupe de ne rien proposer de neuf quant au genre et de ne faire que tirer profit de leurs aînés. Mais à la vue de ce que certains de leurs aînés ont sorti récemment, force est de constater que les jeunes Américains tirent quant même leur épingle du jeu de par leur technicité et la puissance des morceaux contrasté par leur visuel des plus sobres (pas de warpaint, quasiment pas de cheveux longs, etc…). L’habit fait le plus souvent le moine, surtout dans ce milieu underground. Ainsi, les TRVE black métalleux de la mort qui tue, ceux qui ne se tuent qu’à du pas connu volontaire et qui abhorrent la nouvelle scène moderne ne trouveront aucun plaisir à écouter In the Shadow of a Thousand Suns.

Il y a pourtant du très bon dans ce premier disque, du violent, ne serait-ce qu’avec des morceaux aussi morbides que brutaux, hymnes écorchés scandés par une voix naturellement saturée, agrémentée de growls bienvenus. Des titres imposants comme "Acolytes" ou encore "Empyrean". En revanche, quelques maladresses viennent s’entremêler à ces tueries sonores, comme ce chant clair bien interprété mais inutile sur "A Thousand Suns", très proche d’un Dimmu Borgir des années 2000. D’autres titres manquent eux aussi sévèrement de créativité et ont du mal à se démarquer d’autres monstruosités retentissantes ("Into the Ashes", "Smoke and Mirrors"). Une structure musicale en demi-teinte avec un début fracassant, un milieu languissant et une fin à nouveau destructrice.

Un premier album imparfait donc mais néanmoins dans l’ensemble très puissant, accrocheur et professionnel. Manque cependant cruellement une identité propre... En espérant un second opus beaucoup plus personnel, dans la même veine que leur style de prédilection.

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Arachnid - 20 Mars 2010: Merci beaucoup pour tes encouragements =)
La dernière chronique s'est faite incendiée de commentaires haineux, comme quoi la tolérance n'est plus de mise.
Spirit_Of_Deathiny - 17 Août 2010: Woohoo moi aussi j'adore tes chroniques Arachnid!! C'est vrai que j'ai trouvé ce groupe un peu ...comment dire...bizarre la première fois car c'est vrai qu'elle mélange plusieurs genres mais tout compte fait j'aime bien cet album...
Spirit_Of_Deathiny - 17 Août 2010: Merci encore pour la chro! ça fait du bien de lire ce genre de textes car ça enrichi vraiment sa culture musicale€t ça decrit parfaitement la musique.
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