Vivant son éveil musical en pleine effervescence de la scène Black
Metal de son pays, le jeune norvégien Tom Johansen donne naissance à un projet solo (alors sans nom) désirant lui aussi contribuer à cette expansion musicale de l'art noir. Seulement, le travail se révèle conséquent pour une seule personne et sa rencontre avec Krell qui va occuper le poste de chanteur va partiellement accélérer les choses, permettant ainsi à Tom de se concentrer sur les guitares et les autres parties rythmiques de la musique. Cette alliance fait alors voir le jour au nom de
Bloodthorn, patronyme dont le choix sera justifié par le concept lancé par ce premier album, et à une démo intitulée "Natteskyggen" qui permettra aux deux musiciens de décrocher une signature avec Season Of
Mist.
Le duo embarquera donc pour les Brygga Studios dans le courant Février/Mars 1997, très vite rejoint par un quatuor d'autres musiciens afin d'optimiser le rendu final et apporter de nouveaux éléments aux compositions d'origine et ainsi "In the
Shadow of Your
Black Wings" voit le jour peu avant la fin de l'année.
L'illustration de Alf Svensson ne laisse planer aucun doute sur la thématique abordée en ce premier opus, optant pour le choix d'un univers médiéval-fantastique dont l'histoire est censée progresser d'albums en albums. Ce premier jet relate l'histoire d'une contrée paisible habitée par un nécromancien qui va aller réveiller les morts pour que ceux ceux-ci lui construisent une tour gigantesque. Celle-ci apportera désolation et misère sur la contrée alentour, recouvrant le ciel de ténèbres et empêchant ainsi toute vie. Son expansion la fit traverser le ciel lui-même et elle se recouvrit de sang divin lui donnant ainsi le nom de tour
Bloodthorn. Cette histoire ayant pour but de se poursuivre d'opus en opus, le groupe n'avait d'autres choix que de développer une ambiance conséquente au sein de sa musique. Une ambiance où les auditeurs pourraient se retrouver au sein du périple, lui conférant ainsi un côté très atmosphérique en la présence des claviers qui sont omniprésents, mais fort bien distillés, ne restant pas banalement attachés aux guitares et se faisant plus ou moins importants pour appuyer le rythme de façon judicieuse et rehausser le côté épique ici très présent comme sur l'imposant et entêtant "March To
War", véritable hymne guerrier disséquant à travers son riffing lent et hypnotique des images de guerriers en route vers la tour sombre, aspect renforcé par le jeu de batterie martial de Knarr qui adoptera un tempo assez varié et d'une qualité louable tout au long de l'écoute.
Ce concept pourrait être comparé, dans son fond, à un croisement entre les premiers
Satyricon pour l'aspect médiéval et le "The Cainian Chronicle" d'
Ancient pour l'histoire contée de par en part et les parties atmosphériques très présentes, n'hésitant pas à faire intervenir plusieurs personnes dans la narration, aspect que l'on retrouvera également dans le chant féminin de la première piste, "
The Embodied Core Of Darkness". Cette dernière, surprenante au premier abord par son parallèle entre les parties guerrières des guitares et de la batterie et l'aspect lyrique du chant clair féminin et des notes de claviers éthérées rempliera tout de même fort bien sa tâche de piste introductive, plongeant immédiatement l'auditeur dans l'univers crée par le groupe.
Les morceaux sont pour la plupart assez longs, lorgnant ou dépassant les dix minutes et certaines longueurs pourront se faire sentir sur la durée de l'écoute comme pour "
Scarred Lands" qui aurait pu bénéficier de variations supplémentaires, les mêmes envolées du combo guitare/clavier, bonnes sur le court terme, gageant alors un peu trop sur le côté hypnotique. En parallèle cet aspect de la composition sera bénéfique pour une piste telle que "Nightshadow", tirant sa richesse et sa beauté de son ambiance brumeuse, imprégnée de cette nuance entre la fatalité ressentie lors de la marche vers le champ de bataille exprimée par les nappes de synthé et la rage et la fougue ressentie à l'idée de se battre comme le distillent les vocaux de Krell et les montées crescendos des instruments.
Si la progression se fait sur un schéma de création mettant en avant une certaine lenteur et tout ce qu'elle peut dégager d'imposant, des moments forts et plus vindicatifs seront à prévoir, notamment par la présence de la seconde piste au rythme initial soutenu ne demandant qu'à imploser (qui n'est pas sans rappeler certaines œuvres de Nagash dans son projet Troll), mais surtout grâce au titre final "...With A
Bloodstained Axe", sans conteste la piste la plus violente de l'album, terminant l'écoute sur une réelle furie surprenante à ce stade et délectable, le combat finissant apparemment par avoir lieu...
Ce premier chapitre du conte de
Bloodthorn est très intéressant à suivre, doté d'une ambiance poignante du début à la fin et de compositions travaillées, personnelles et d'où émane une progression logique de l'histoire et de l'écoute, la production étant par ailleurs très bonne.
Certes, quelques longueurs pour quelqu'un qui connait bien l'album se feront sentir, mais cette personne arrivera la plupart du temps à se livrer au jeu avec le sourire et sans difficulté pour retourner explorer cet univers exotique et perturbé impatient de connaître la suite qui verra le jour deux ans après...
Val'
Pour le coup, je crois que je préfère The Cainan chronicle!!!!
Le prochain, Onwards into battle, gomme en partie ces défauts ( en tout cas les atténuent), je le préfère délà largement!
C'est clairement l'un de ceux que j'écoute volontier pour me rappeler pourquoi j'affectionne vraiment le black metal.
Un metal sombre et épique totalement crédible qui nous fait véritablement voyager à travers les contrées qu'ils nous ont imaginés avec talent.
J'ai beau connaitre l'album par coeur, pour ma part, je ne lui trouve aucune longueur ou alors, elles font clairement partie du charme de cet album car nous laisse le temps de s'immerger totalement,être hypnotisé et nous faire notre propre film.
Le cover à lui seul m'avait tapé fortement dans l'oeil et qui a suffit à me faire acheter et grand bien m'en a fait.
Un monument du black atmo et un album a posséder. absolument, clairement.
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