In Utero

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17/20
Nom du groupe Nirvana
Nom de l'album In Utero
Type Album
Date de parution 13 Septembre 1993
Labels Geffen
Style MusicalGrunge
Membres possèdant cet album697

Tracklist

1. Serve the Servants 03:36
2. Scentless Apprentice 03:48
3. Heart Shaped Box 04:41
4. Rape Me 02:50
5. Frances Farmer Will Have Her Revenge on Seattle 04:09
6. Dumb 02:32
7. Very Ape 01:56
8. Milk it 03:55
9. Pennyroyal Tea 03:37
10. Radio Friendly Unit Shifter 04:51
11. Tourette's 01:35
12. All Apologies 03:51
Bonustrack (European Release)
13. Gallons of Rubbing Alcohol Flow Through the Strip 07:28
Total playing time 48:21

Chronique @ bojart

14 Décembre 2010

un chef d’œuvre de noirceur et de violence

« In Utero »…l’album qui sonna l’oméga du groupe Nirvana. « In Utero », le disque le plus rageur et le plus chaotique jamais écrit par ce poète torturé qu’était Kurt Cobain. Sorti un an avant le suicide ( ?) de ce dernier, ce troisième opus n’est pas seulement représentatif du bordel artistique magnifique et pittoresque de Kurt mais aussi l’incarnation même de l’artiste sur le fil du rasoir, au bord de l’asphyxie, sur le point de dire « Bye ! Bye ! » à ce foutu monde ! A force de se fusiller les veines à l’Afghane – comme les romantiques du XIXème siècle qui abusaient d’opium et d’absinthe – le chanteur de Seattle se sera rendu à la Mort par la seule force de son irrésolution à vivre ! Que ce soit dans la fougue géniale de « Bleach », la quintessence mélodique de « Nevermind » ou dans le malaise furieux d’une certaine post-adolescence de « In Utero », Kurt Cobain se donna corps et âmes à sa tâche de parolier, de compositeur et d’interprète. Comme si tous les morceaux de Nirvana (subliment exécutés par les compagnons de toujours, Krist Novoselic et Dave Grohl) étaient chacun une part non négligeable de sa psyché, de son sang et de son cœur…

« In Utero » personnifie mieux que n’importe quel autre disque du groupe de la Rainy City, les tensions extrêmes habitant Kurt depuis 1991 et le succès inouï de « Nevermind ». Car non, Courtney Love n'est pas la cause du mal-être maladif du chanteur, elle en a été surement l’un des facteurs, peut-être l’un des déclencheurs même mais certainement pas l’origine de son mal intérieur (ce serait lui donner trop d’importance). Kurt nuisait très bien à lui-même avec comme seul aide la came. Dans « In Utero », il y a de la violence sonore, de la furie vocale et de la rage lyrique…en atteste « Scentless Apprentice », l’ambigu « Rape Me » (et son mid-tempo classieux) ou le cataclysmique « Tourette’s ». Dans cet album culte, il se trouve que les fantasmes les plus noirs ont leurs places comme sur « Milk It » et ses couplets balbutiés et que l’autocritique est de mise avec le planant « Dumb » et l’impétueux « Very Ape ». Sur « Frances Farmer Will Have Her Revenge On Seattle », Kurt & Co rendent hommage à une femme ayant vécu un calvaire aussi effroyable que l’époque à laquelle elle vécut (internements à répétitions, médication forcée, électrochocs à gogo et pire, prostitution aux soldats servant de mâtons). Un martyr qu’on ne pourra jamais prouver tant la vérité fut noyé dans un océan de mensonges, autant dans les biographies qu’au procès mêmes !

On retrouvera des tubes mondiaux dans cette galette comme la confession sentimentale torturée baptisée « Heart Shaped Box » ou la ballade onirique « Pennyroyal Tea » dont on aura la version finale que neuf après sur le best of éponyme trop sobre à mon goût. Un album qui est, à mon humble avis, le reflet distordu et criant de vérité de la psyché du chanteur américain. Un instantané plus sombre que « Nevermind » et plus mature que « Bleach ». Un an plus tard, Kurt Cobain se fera sauter le caisson sous l’empire de l’héroïne (est-ce vrai ou faux, ça, seul le principal intéressé pourrait nous le dire mais bon…). Un drame qui n’entachera en rien la carrière fulgurante de Nirvana, légende du rock alternatif (aussi appelé grunge) qui signe cette année-là un chef d’œuvre de noirceur et de violence, moins varié musicalement que l’opus précédent mais terriblement plus fort dans ces ambiances ténébreuses de fureur. La fureur de mourir ? Probablement quand on sait que cet album devait, au départ, s’appeler « I Hate Myself and I Want to Die »…

Bj

90 Commentaires

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Silent_Flight - 28 Avril 2011: Ou "Jésus, reviens", c'est typiquement dans ses cordes.
toto72 - 29 Avril 2011: Linda DeSouza reprenant Rape Me moi ça me le ferai bien !
MCGRE - 14 Mai 2013: Non sérieusement Nirvana moi c'est Bleach et In Utero même si j'avoue que Nevermind passe bien quand même .
MCGRE - 28 Avril 2019:

@Lamikawet , on parle de Nirvana et pas de Sonic Youth et pas des Pixies ou de Dinausor bidul , tu aime pas trop Nirvana , c'est commerciale bla bla bla 

Nirvana est et restera dans les mémoires parce que leur musique avait une Ame et c'est ça qui compte 

non?

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Commentaire @ Morticia

13 Janvier 2009
Fini la production de Butch Vig, qui veillait a toucher un large public, au tour de Steve Albini de produire les 3 grunges pour un album retour aux sources qui s’appellera In Utero, le 3ème album de Nirvana, sûrement aussi sublime que son prédécesseur, Nevermind avec la même qualité et le même envoûtement dans les chansons mais de loin plus coriace et qui redonnera un souffle au grunge. Car en entrant dans les studios, Nirvana s’est dit qu’ils allaient faire un album au son rêche, avec de + gros riffs, totalement différent de Nevermind (que Cobain trouvait trop lisse, trop pop), anti-commercial en somme, il en est ressorti un album au son sale, rageur, violent dans le style de Nirvana mais en live. Un résultat a l’arrache rappelant les débuts du fameux Bleach, mais avec l’expérience en plus bien sûr. Kurt déversera ses paroles dénuées de sens à celui qui ne veut les entendre, ses paroles torturées, ses paroles qui viennent du fond de ses tripes pour venir secouer les nôtres. Des paroles sombres comme sur Rape Me et Heart Shape Box, des sons violents comme sur Tourette’s et Milk It, l’esprit crade de l’album plus particulièrement dans les morceaux comme Scentless Apprentice, Radio Rriendly et Very Ape puis enfin le coté dépressif, marre de la vie qui fait partie de Kurt Cobain et dont il aime faire part, qui se fera sentir sur tous les albums, dont celui-ci, comme dans les chansons telles que Pennyroyal Tea, Dumb, All Apologies, en clair les + calmes de l’album mais tout aussi splendides, elles différencieront In Utero de Bleach. On retrouve également l’efficacité d’un Dave Grohl puissant comme sur Nevermind et l’impressionnant Krist Novoselic, prouvant que Nirvana n’était pas que Kurt Cobain…

2 Commentaires

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choahardoc - 18 Décembre 2009: C'est court mais bien dit. Je les ai vu sur scène en 94 et, pas de doute possible, ces gars voulaient casser l'image clean qui les guettaient à force d'être tout en haut de l'affiche. Cet album est une sacré bombe, untruc à avoir absolument si l'on est un tant soit peu réceptif au style.
Silent_Flight - 14 Août 2010: Album pas très connu du grand public, c'est ce qui le rend davantage charmant.
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