In Stasis

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15/20
Nom du groupe Monuments
Nom de l'album In Stasis
Type Album
Date de parution 15 Avril 2022
Labels Century Media
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 No One Will Teach You
 
2.
 Lavos
 
3.
 Cardinal Red
 
4.
 Opiate
 
5.
 Collapse
 
6.
 Arch Essence
 
7.
 Somnus
 
8.
 False Providence
 
9.
 Makeshift Harmony
 
10.
 The Cimmerian
 

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Monuments


Chronique @ Eternalis

11 Décembre 2022

"In Stasis" est une première pierre vers un édifice plus personnel

Dans le petit monde du djent, il y a eu cet effet de vortex impressionnant aux débuts des années 2010, où tout a été en ébullition avec l’émergence des Periphery, TesseracT ou autres Textures. Les groupes se sont multipliés, comme toujours lors d’une explosion stylistique et, 10 ans plus tard, on commence à en faire le tour et voir qui sont ceux qu’il reste et qui sont ceux qui, après un ou deux disques, ont déjà jeter l’éponge ou même carrément évoluer vers un autre style.
Dans le cas des britanniques de Monuments, l’influence d’un TesseracT a rapidement été évidente, mélangeant autant les riffs asymétriques et très mathématiques qu’une réelle sensibilité poétique, presque atmosphérique parfois, comme la bande à Daniel Tompkins sait si bien le faire. Cependant, le line up ne s’est jamais stabilisé autour de son créateur et guitariste John Browne (désormais seul guitariste de la formation) et les changements incessants de musiciens n’ont probablement pas aidé à trouver totalement son public et sa personnalité. Si l’on pensait Chris Baretto devenu inamovible chez Monuments, il quitte pourtant son poste peu de temps après le troisième opus "Phronesis", plongeant encore le combo dans l’incertitude de l’avenir, de plus après un disque une fois de plus technique, intransigeant dans sa musicalité mais manquant cruellement d’une identité qui permettrait, sur le long terme, de permettre à Monuments de poursuivre sa route.

Et alors quoi ? Un quatrième album ? Encore un nouveau line up ?
Effectivement. Déjà il faut mentionner le retour du batteur des débuts, et compositeur principal avec le guitariste, en la personne du monstrueux Mike Malyan qui impressionne par sa créativité et son apport scénique (ce qui n’est pas donné à tous les batteurs). Andy Cizek, américain de son état, rejoint les trois autres britanniques pour former le Monuments nouveau et revient ainsi avec un quatrième album nommé "In Stasis".
Produit par le groupe lui-même et masterisé par le génial Jens Bogren, le son est évident une nouvelle figure du genre, effroyablement massif et compact, moderne et impactant sans pour autant sonner dénaturé et d’une froideur extrême : le meilleur des deux mondes donc.

"No One Will Teach You" présente le nouveau vocaliste par un rapide couplet en clair avant que la sauvagerie de son chant hurlé ne vienne nous démontrer qu’il ne fait pas semblant malgré son visage juvénile. Le groupe y gagne en agressivité, malgré une présence toujours importante de chant clair, particulièrement sur le refrain. Un côté Periphery et Meshuggah résonne dans ce riff dantesque de lourdeur, telle une presse hydraulique écrasant un pachyderme, mais il se dégage une paradoxale simplicité d’accès, un côté moins calculé que sur les opus précédents, plus organique même.

"Cardinal Red" distille cette fabuleuse symbiose entre une poésie charnelle et une violence primitive, parfaitement retranscrite dans le chant clair quasiment intime et les hurlements plus bestiaux se rapprochant carrément du deathcore, formalisant ainsi une fracture avec le djent progressif pur et dur. "Opiate" s’ouvre sur un riff vicieux et propre à résonner en live tandis que les premières lignes de chant évoque plus distinctement le travail de Dan Tompkins avant, encore une fois, une plongée dans une plus grande sauvagerie qui sied parfaitement à Monuments pour se créer, cette fois-ci, une personnalité plus affirmée ; celle d’un caméléon pouvant prendre plusieurs facettes en quelques secondes afin de rassembler divers univers au sein d’une même composition.

On retiendra autant "Collapse" pour son agressivité extrême et très porté sur le core (ces breaks à la hache qui parsème le titre et le rende encore plus lourd), "Lavos" pour son blast beat assez surprenant et son attaque vocale très hurlé qui débouche rapidement sur un phrasé à fleur de peau (quel vocaliste sur le refrain !) que "Makeshift Harmony" et son extrême technicité qui n’est pas sans rappeler les délires éventuels d’un Protest the Hero.
On pourrait reprocher un certain creux au milieu du disque, non pas car les compositions sont moins bonnes mais parce que le choix de titres plus courts et agressifs leur confère une certaine ressemblance. Si certains tics et automatismes de langages ne sont pas évités ("Arch Essence", en duo avec Spencer Sotelo de Periphery qui sonne un peu trop passe-partout avec son chant clair et ses leads mélodiques), cela ne nuit pas au plaisir global de l’écoute et à cette sensation que, enfin, Monuments devient plus qu’un éternel espoir. Le guitariste a également fait le choix de laisser de côté l'aspect progressif qui émanait des précédents disques, à part peut-être sur The Cimmerian qui, malgré ses huit minutes, reste une composition très directe témoignant d'une grande modernité.
"In Stasis" est une première pierre vers un édifice plus personnel, une identité plus marquée qui permettra enfin à ce groupe dont tout le monde parle de se différencier totalement de la mêlée. Espérons simplement que ce line-up, peut-être le meilleur que le combo n’ait jamais eu, restera en place suffisamment longtemps pour nous donner un successeur à même de surpasser les attentes les plus folles.

2 Commentaires

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Groaw - 11 Décembre 2022:

Il était dans ma liste celui-ci mais j'ai tellement de chroniques à écrire qu'il devient compliqué de faire des choix. Rien à redire sur l'écrit, je suis en phase en tout point avec tout ce que tu as dit : un groupe au line-up instable mais qui a toujours su répondre présent sur tous ses albums. Gnosis reste peut-être celui que j'apprécie le plus mais ce In Stasis se défend très bien.

Merci pour la chro'

Eternalis - 11 Décembre 2022:

Belle claque au Hellfest, une de mes meilleures surprises. Surpuissant, son impeccable, un frontman plein de charisme malgré son âge et une très bonne humeur générale sur scène et dans le pit. Un excellent concert. 

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