Avec ce
Imperium,
Macbeth aura indéniablement radicalisé son propos. D'abord en épurant presque totalement ses titres de ces breaks acoustiques qui pourtant faisaient, aussi, le charme de ce
Wiedergänger sorti trois ans auparavant. Ensuite en se concentrant essentiellement sur la facette la plus rugueuse de son art. Bien évidemment il va sans dire que l'utilisation du chant dans la langue de Goethe est toujours de mise et offre toujours ce particularisme qui sied tant à ce déluge de feu et d'acier. Tout comme d'ailleurs cette splendide voix éraillée et rocailleuse, dans la plus pure tradition germanique en somme, dont nous gratifie Tobias Stein.
Néanmoins, tout en radicalisant son style,
Macbeth n'aura pas oublié d'ajouter à son propos cette nuance qui fait parfois tant défaut à ses congénères. Pour ce faire, cette fois-ci, il axe davantage sa musicalité sur les refrains. Mais aussi en continuant à user de ces intros délectables (guerrière sur WN62, russe et très connotée "chœur de l'Armée rouge" sur Pawlows Haus...).
Après un Ultima Ratio Regis instrumental, ce nouveau disque démarre avec une première salve dévastatrice (les excellents Das Große Gerich,
Inferno et WN62 défendant un Heavy Speed
Metal Trashy particulièrement efficaces).
Verloren qui de par certains aspects nous rappelle les travaux de
Grave Digger est la première pièce d'artillerie à imposer une relative accalmie. Non pas qu'elle soit moins efficace, loin s'en faut, mais elle est la première, et d'ailleurs la seule, à se complaire autant dans une cadence de tir aussi lourde et lente. Une quiétude de bien courte durée puisque l'assaut reprend bientôt (le superbe Pawlows Haus, le très intéressant
Imperium ou encore le poignant Soweit
Die Füße Tragen qui demeure le seul à posséder quelques passages "symphonico-acoustiques").
Pour ce qui est des thèmes abordés, une fois encore, le quintet originaire d'Erfurt, s'attache à puiser son inspiration au cœur de périodes troubles et de faits historiques tels que, notamment, la guerre mondiale.
Le sublime
Inferno, particulièrement alerte et âpre, évoque, par exemple, le premier bombardement atomique perpétré par les alliés le 6 Juin 1945 sur la ville japonaise d'Hiroshima. Pawlows Haus dépeint les affres de ces affrontements autour de la maison de Pavlov (qui tient son nom du Sergent Yakov Fedotovich Pavlov qui s'illustra du 27 septembre 1942 au 2 février 1943 autour de cette bâtisse durant la bataille de Stalingrad). WN62 nous narre, quant à lui, le débarquement du 6 Juin 1944 du point de vue d'un soldat de la
Wehrmacht, Heinrich Severloh, qui fut surnommé "Bestie von Omaha-Beach" (la bête d'Omaha), et qui défendit très chèrement sa peau dans le Widerstandsnest 62 ("Nid de Résistance" 62), un poste de défense du mur de l'Atlantique qui surplombait la plage de Collevile-sur-Mer, dans le Calvados. Armé de deux carabines k98k et d'une MG42 il ne tira pas moins de 12 900 cartouches. On estime le nombre de ses victimes à 2000. Certains parlent même de 2500. Il se rendra le 7 Juin et sera libéré en 1946 ou 1947. Tout le restant de sa vie, il restera marqué par ces événements et exprimera quelques remords en affirmant, notamment, qu'il tua non pas pour le plaisir mais pour rester en vie.
Au final, en une version moins mélodique et plus brutale qu'un somptueux
Wiedergänger, ce
Imperium nous régale. Une fois encore
Macbeth y joue de ses talents, de sa sincérité et de cette authenticité qui le caractérise pour nous offrir un disque remarquable.
Macbeth arrive à faire une musique guerrière et brutale avec un Heavy pourtant très traditionnel du Heavy teuton, c'est pas donné à tout le monde.
Un disque comme on aimerai en voir plus souvent dans tout les cas, l'année 2015 étant assez faible en Heavy pour le moment je trouve.
Merci à vous pour vos comms...
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