Immortal

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15/20
Nom du groupe Cryonic Temple
Nom de l'album Immortal
Type Album
Date de parution 2008
Labels Metal Heaven
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1. Immortal 05:54
2. Standing Tall 04:37
3. Where Sadness Never Rests 06:02
4. Beg Me 04:56
5. Freedom Calling 04:50
6. Fear of the Rage 04:20
7. Time 05:15
8. Fight to Survive 04:28
9. Train of Destruction 05:21
10. As I Sleep 03:55
11. Departure 02:00
Total playing time 51:38

Chronique @ metalpsychokiller

27 Décembre 2008
Depuis 1996, et même si leur premier opus « Chapter I » ne fut pondu qu’en 2002, les suédois de Cryonic Temple nous proposaient un heavy/power à mi chemin entre les deux Iron ; Fire et Savior. Trois albums plus tard-dont le dernier In Thy Power datant de 2005 -, qui à l’image de leurs artwork covers teintés d’Epic et de Fantasy n’avaient aucune prétentions de modernisme, mais plutôt une propension à porter haut et fort les couleurs du traditionnel bien ficelé relents années 80/90…et les cinq de Borlänge sont de retour; après un changement de line-up conséquent. Comme le suggère la pochette métaphysico-futuriste de cet Immortal, le Cryonic nouvelle mouture est arrivé. Un autre batteur derrière les futs, en l’occurrence Hans Karlin ; mais surtout le remplacement de Johan Johansson, le chanteur originel, par un Magnus Thurin (ex Mindscape) au timbre et vocalises moins conventionnels pourrait laisser à croire qu’il s’agit d’un combo différent tout simplement.

Et en effet, ce coup de fouet a engendré un véritable bain de jouvence ne serait ce qu’au niveau de l’inspiration créatrice, les Cryonic temple s’étant échoué dans une relative tendance, comme le serpent de la fable, à se mordre la queue. Une certaine répétitivité qui, parallèlement à un style métal tellement sillonné, les empêchait de pouvoir prétendre à un quelconque statut de pointure, et les contraignait à stagner dans une appréciation sympathique. Alors, cette nouvelle inclinaison mystico-futuriste n’est elle qu’une image aguicheuse utilisée ou une réelle révolution ? La réponse sera, juste une réelle évolution…

On chevauche toujours les contrées Heavy/power bien burné, sur une rythmique galopante et acérée à l’Iced Earth, ou les refrains tranchés et tranchants assèneront immanquablement. « Standing tall, fight for all », »Immortal », « Where sadness never rests » ; le trident initial fait mal et remporte la mise d’entrée sans compromissions possibles. Ces cotés rageurs et ravageurs seront la constante de cet opus qui combine parfaitement les facettes speed énergiques et mélodiques. Ici, pas de démonstration de force et de puissance juste pour le plaisir ou par effet de mode, mais une hargne maitrisée et appliquée sur des compos pêchues aux musicalités réelles. « Beg me » avec ses lignes guitaristiques déchirantes et ses gros riffs en rupture, «Train of destruction » et son coté locomotive implacable ou encore un« Fear of the rage» décoiffant… Les ingrédients sont connus et anciens, mais dosés à la perfection et surtout en parfaite osmose avec des titres appréciables dès la première écoute.

En fait, la mutation profonde des suédois viendra d’une part des facettes plus variées, plus mélodieuses et moins linéaires qu’auparavant; et d’autre part de l’apport de Magnus Thurin. La voix de ce dernier, moins prévisible et calibrée que celle de son prédécesseur, parvient en effet à faire passer un rendu émotionnel plus conséquent et son timbre légèrement éraillé dans les aigus est foncièrement agréable. Sa prestation toute en nuances, contrairement aux vocalises de Johansson, apporte un panel de beauté et d’esthétisme dans un monde de brutes. Comme quoi avec « As I sleep », somptueux hymne mélancolique que l’on reprendra à tue tète jusqu’à s’égosiller, ou le divin outro «Departure » ; on peut conclure une offrande dans le calme et le raffinement après une belle débauche d’énergie.

Le petit bémol viendra cependant du fait que la tracklist propose malheureusement quelques titres plus dispensables, en tous cas moins réussis et appréciables. « Time», « Fight to survive», ou encore un « Freedom calling » aux accents Pop n’évitent pas les poncifs du genre. A viser les caciques, on sombre dans les classiques aux myriades d’imitations et à l’intérêt restreint. Une copie ou un ersatz n’ayant jamais valu un original…

Quoiqu’il en soit, la nouvelle voie empruntée par les Cryonic Temple, même parsemée d’embuches, est prometteuse. Si ceux-ci parviennent à éviter les écueils du réchauffé et à naviguer dans les eaux originales de la création, leur statut pourrait bien évoluer rapidement. Mission remplie aux trois quarts quand à présent avec cet Immortal.

15/20 METALPSYCHOKILLER

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Chronique @ dark_omens

06 Août 2016

Nous nous étions pourtant tant aimés...

J'en étais sûr. Je la sentais venir cette déception sourde et insidieuse qui allait me plonger dans un profond désarroi et mettre à mal mon attachement de moins en moins indéfectible pour ces Suédois de Cryonic Temple.

Avec ce quatrième album baptisé Immortal sorti en 2008, les cinq musiciens de Borlänge ne se seront pas contentés de quelques évolutions succinctes mais auront opéré une mutation en profondeur telle qu'elle aura, tout simplement, dénaturé l'âme de cette entité.

Ce changement commence par un premier cataclysme: le remplacement de son batteur Sebastian Olsson par Hans Karlin mais surtout de son chanteur emblématique, Johan "Glen Metal" Johansson par un Magnus Thurin à la voix plus polyvalente et plus âpre que celle de son prédécesseur. Il se poursuit par un second, ou un troisième, non moins effroyable, à savoir une réorientation musicale drastique qui voit le quintet s'éloigner de ces inspirations les plus franches et marquées, telles que celles qui les apparentaient aux Hammerfall, Iron Fire ou Powergod pour se rapprocher d'autres sources donnant à sa musique les allures de ce Heavy Metal un peu plus radical parfois même presque Thrash, Power US donc, dont les Brainstorm, Nevermore et autres Symphorce sont de grands habitués. Ce faisant, le groupe ne gagnera pas vraiment en personnalité puisqu'il quitte un conformisme pour un autre. Evidemment, dans ce contexte, la voix plus rugueuse de Magnus Thurin est parfaitement adaptée.

Il va sans dire qu'au sein d'une telle expression, l'aspect Heroico-Fantasy kitsch qui était celui de cette formation autrefois, ne sera plus vraiment de mise (un aspect qui, je vous l'accorde, était éminemment caricatural mais que, personnellement, j'aimais beaucoup). Terminées aussi les volutes subrepticement symphoniques typiquement Power Metal qui, dans un break, une intro ou un interlude, nous laissaient entendre guitares acoustiques, pianos ou ces délicieuses voix féminines. Tout comme ces refrains, sans doute, un peu trop mélodiques ou ces chevauchées promptes dans lesquelles des myriades de double-croches, propres à ce Power Metal désespérément européen, étaient adroitement martelées. Bref, Cryonic Temple, désormais, c'est du sérieux.

Un sérieux qui commence dès les premières notes de ce Immortal plutôt intéressant. Un titre bientôt suivi d'un sympathique Standing Tall auquel ce nouveau chanteur apporte quelques intonations lui donnant de faux airs allemands (Iron Savior). Ensuite... Ensuite s'offrent à nous les abymes de titres certes relativement bons et bien exécutés mais sans grand intérêt (Welcome, Beg Me, Freedom Calling, Time...). Autant de pistes endolorissant nos esprits subrepticement ragaillardis par quelques moments qui, ça et là, nous redonnent un semblant d'espoir (Fear Of Rage, Fight ou Train Of Destruction. Trois titres où l'on songera une fois encore à Piet Sielck et à ses petits camarades (on me souffle à l'oreille que le Saxon n'a pas de camarades et qu'il règne en maître sur son univers)). C'est peu. Et ce, d'autant plus que le final de ce disque est assez catastrophique. As I Sleep et The Departure sont, en effet, deux ballades affreuses et pénibles. La seconde davantage encore que la première puisqu'elle est entièrement instrumentale.

Nos routes se séparent donc ici. Je laisse partir Cryonic Temple sur ce Immortal très moyen et garde en mémoire le souvenir de ces moments de bonheur que m'auront procuré ces trois premiers albums certes classiques mais infiniment plus réussis que ce dernier.

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