Pouvait-on aller plus loin encore dans l'expression d'une ferveur telle, qu'elle se calait aussi parfaitement dans les pas d'idoles adulées? Pouvait-on proposer une musique dans laquelle les stigmates évidents de fétiches anglais (
Def Leppard) et saxons (
Frontline) était si flagrants qu'ils en anéantissaient tout espoirs de donner naissance à une quelconque personnalité au tempérament autre que celui emprunté au deux démiurges déjà évoqués?
Dans l'exacte continuité d'un premier album religieusement dévouée à se complaire dans les travaux
Hard-FM mélodique anglo-saxons, les suédois de
Grand Design nous proposent donc, en cette année 2011, de nous égarer dans un nouvel effort intitulé
Idolizer.
Mais est-il véritablement nécessaire d'analyser à l'extrême un opus qui, après une première écoute concise, aura aussi peu évolué en comparaison de son prédécesseur? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, pour peu que vous n'ayez pas gouté à cette musicalité trop harmonieuse dont cette formation usa sur une première œuvre peu inspiré et pour peu que ces similitudes germano-britanniques incontestables vous incommodent, vous ne serez donc, en effet, pas davantage convaincu par cette seconde tentative.
L'affaire est donc entendue pour les aprioristes prompts à disséquer des albums complets sous l'impulsion de premières impressions succinctes. Toutefois, en réalité, ce premier ressentis trompeur ne saurait exactement décrire un album qui, sans bouleverser la donne, offre quelques petits attraits non négligeables. Tant et si bien qu'au delà de ces influences toujours aussi évidentes,
Grand Design aura su y faire preuve, toute proportion gardées eu égard au genre dont il s'agit ici, d'une exaltation plus séduisante et charmeuse. Mais aussi d'une inspiration dont l'efficacité n'est pas complètement insignifiante.
Et ainsi, des morceaux tels que Oughtograuph, Lets
Rawk the Nite, Idolize Me, ou encore, par exemple, You're Gonna Dig on it, sans exceller et avec des défauts indéniables, parviennent tout de même à nous persuader, in fine, que ces allemands ont quelques talents pour composer de la musique qui si elle n'est pas pleinement satisfaisante n'est pas totalement inintéressante.
Malheureusement l'embellie n'est que de courte durée et d'autres pistes viendront, quant à elles, nous replonger dans ces douloureuses idées noires si peu enclines à louer les aptitudes de cette formation. Parlons donc, afin d'étayer cet argument, par exemple, des ballades, ou des plages pouvant être assimilées comme telles, dont
Grand Design nous gratifies ici. Aux nombres de trois (Your Love's Runaway, Stealin' my Love et Addiction for Love), elles sont totalement dispensables et sans grand intérêt.
Parlons aussi de certains refrains dont la musicalité harmonieuses n'est pas absolument étrangères au genre pratiqué mais qui, malheureusement, s'alourdira d'une candeur, et d'une légèreté, parfois embarrassante (You're Gonna Dig on it, Rock Back to the 80s...).
Alternant le moyen et le pire, les Suédois de
Grand Design, fort de ce
Idolizer, auront su se démarquer d'une première œuvre à la platitude constante de bout en bout. Provoquant des sentiments contradictoires, difficile, cependant, d'affirmer avec convictions que ce nouvel effort apparait comme plus aboutie que son prédécesseur.
Pour peu que vous ayez apprécié le premier pas de cette formation, ce nouvel opus saura vous satisfaire. Si, au contraire, il vous aura laissé insensible, cet
Idolizer ne vous persuadera pas davantage quant au potentiel de ce quintette.
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