IV - One with the Storm

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Nom du groupe Ghost Brigade
Nom de l'album IV - One with the Storm
Type Album
Date de parution 07 Novembre 2014
Produit par Tuomas Kokko
Enregistré à Electric Fox Studios
Style MusicalDoom Death
Membres possèdant cet album52

Tracklist

1.
 Wretched Blues
 06:19
2.
 Departures
 04:58
3.
 Aurora
 06:56
4.
 Disembodied Voices
 05:36
5.
 Electra Complex
 10:34
6.
 Stones and Pillars
 04:47
7.
 Anchored
 05:38
8.
 The Knife
 06:19
9.
 Long Way to the Graves
 07:39
10.
 Elämä on Tulta
 07:22

Durée totale : 01:06:08


Chronique @ Bakounine

16 Décembre 2014

Ghost Brigade démontre une véritable maîtrise de son art

Ah, la Scandinavie, ses lacs gelés, ses étendues désertes (si on ne compte pas les Lapons), ses funestes forêts, ses groupes de doom death...
Alors, certains vont probablement rétorquer (à raison) que cette introduction n'a rien à voir avec le sujet, dans la mesure où ceux qui nous intéressent (en l’occurrence Ghost Brigade) sont finlandais et que la Finlande n'est pas en Scandinavie mais en Fennoscandie...
Je leur répondrais que d'une part, c'est un peu couper les cheveux en quatre, ce qui ne plaît en général pas des masses aux métalleux notamment scandinaves (ou fennoscandes si vous voulez), et surtout qu'en terme de doom death, on a coutume de parler de doom death scandinave... et que si vous trouvez une raison musicale valable pour faire le distinguo entre Ghost Brigade ou Swallow The Sun d'un coté, et Katatonia, Lake of Tears ou October Tide de l'autre ou encore Saturnus (ce qui me permet de poser cette question qui fâche : le Danemark est-il ou non en Scandinavie?), vous m'appelez...


Ghost Brigade est un groupe qui a su s'imposer petit à petit dans le microcosme metal et se trouver une vraie place, déjà avec une vraie fidélité et complicité avec Season of Mist et ce, depuis le premier album et également avec trois premiers albums de qualité, dont l'irréprochable « Isolation Songs » qui ont trouvé une vraie place auprès des fans, faisant d'eux si ce n'est un classique, au moins un groupe qui compte dans le genre. Ghost Brigade est parvenu à trouver une certaine modernité couplée à une vraie authenticité dans leur production, avec une ligne directrice très claire, ce qui leur avait été peut-être un peu reproché sur « Until Fear No Longer Defines Us » qui avait tout d'un « Isolation Songs » 2.0 en un peu moins désespéré mais surtout aussi en un peu moins bien...


Ce quatrième album sobrement intitulé « IV : One with the Storm » (référence à « A Storm Inside » justement de l'album « Isolation Songs »?) suscitait une certaine attente, déjà par le temps qu'il mit à sortir, un an de plus que ce à quoi le groupe nous avait habitué...
La première impression visuelle était par contre assez parlante sur le fait que le groupe cherchait à retourner vers son meilleur album à ce jour, avec un artwork qui s'y rapporte énormément sans être un véritable clone avec cet aspect de carré noir qui y était déjà développé. Tout était prêt pour faire un gros coup ou une grosse déception, et sur ce coup-là, ce fut heureusement la première hypothèse...


Parce que oui, autant le dire tout de suite, à mon avis cet album sera sans contexte aucun un des albums marquants de 2014...
On ne peut pas dire qu'il sera surprenant, on retrouvera Ghost Brigade dans son style caractéristique, ce subtil mélange de puissance et de douceur, de voix claires et de growls, de mélancolie non nihiliste et de mélodies plus lumineuses. Simplement, on constatera agréablement que loin de tomber dans la facilité ou au contraire de rechercher de nouveaux objectifs ou une voie à explorer, Ghost Brigade a renforcé ses acquis, a subtilement évolué et nous dévoile un album qui pourrait peut-être se hisser au niveau des meilleurs productions de l'année dans le genre.


Au cours de cette grosse heure de musique, on ne sera pas attaqué par l'ennui, le groupe a retrouvé la puissance par endroits qu'il avait par le passé, tout en enrichissant sa palette d'aspects atmosphériques nouveaux, avec notamment l'ajout d'un vrai claviériste à temps plein, Joni Vanhanen qui sans jamais prendre les devants, soutiendra avec beaucoup d’à-propos les riffs développés par ses collègues. Il n'y aura aucune perte de punch induit par cet apport, bien au contraire, dés le premier titre « Wretched Blues », on est submergé par une déferlante sonore, à l'image de la batterie de Veli-Matti Suikhonen plus présente que jamais à base de roulements de caisse claire réguliers, donnant une énergie étrange, parfois à la limite d'être hors du rythme du morceau, mais au final convaincante. La voix de Manne Ikonnen est également au poil, si son growl reste dans la lignée de ce que l'on connaissait, sa voix claire a encore gagnée en chaleur, prenant parfois un aspect à la limite de timbres grunge un peu à la Puddle of Mudd (sur le début d' « Electra Complex » notamment) et il a ce bon goût de varier leur répartition et leur position au niveau des morceaux, on est ici très loin du fameux refrain voix claire et couplet en chant hurlé... Ça n'avait jamais été le cas sur les albums des Finlandais, mais ça a été ici encore plus jusqu'au-boutiste puisque aucun morceau (à un chouïa prés) ne sera uniquement en growl ni uniquement en voix claire.

Les compositions sont d'ailleurs tout à fait inspirées (avec un léger bémol peut-être sur le début de la lente ballade « Long Way to the Graves », mais rattrapée par son final prenant) à l'image d' « Aurora » et de son excellent passage en voix hurlée. L'oeuvre phare sera probablement le très long « Electra Complex » qui procède d'un long début très calme pseudo-acoustique avant de lâcher les chevaux de manière salvatrice, mais on pourrait multiplier les citations d'excellents morceaux, du très mélodieux « Departures » à l'excellent refrain à la puissance brute d'un « The Knife », morceau assez rapide, étant à cet album ce qu'« Architect of New Beginnings » était à Isolation Songs...
On reste dans des choses qui ne sortent pas franchement des standards du groupe, mais avec la qualité toujours au rendez-vous. Le seul titre pouvant un poil dépareiller est le dernier « Elämä on Tulta », déjà en tant que première chanson du groupe dans leur langue natale, ensuite par le coté très monolithique du morceau qui après une introduction assez longue, se concentre sur un riff assez particulier qui sera resservi tout du long, avec un vrai coté moderne, pour le coup.
Le tout est servi dans un enrobage extrêmement au point avec une production en tout point impeccable, ne souffrant pas du tout du changement, Tuomas Kokko ayant substitué Antti Malinen, officiant sur les deux précédents.


Au final, Ghost Brigade nous sort là à nouveau un très bel album. Toujours dans leur veine personnelle, sans faire de gros remous, ils parviennent à largement contenter leur auditoire, se permettant ici de côtoyer les sommets de leur discographie. Les Finlandais font partie de ces groupes qui ont acquis une véritable maîtrise de leur art et prouvent encore qu'on peut réellement créer quelque chose de personnel et d'abouti et le développer sur plusieurs albums, sans être tape-à-l'oeil ou chercher le sensationnel à tout prix. En cela, cet album et l'oeuvre de Ghost Brigade de manière plus générale sont une bouffée d'oxygène qu'il faut savoir savourer...

6 Commentaires

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RedLight87 - 17 Décembre 2014: Je ne peux qu'être d'accord un album superbe de bout en bout
vutib - 18 Décembre 2014: Merci pour cette belle chronique, très pro ! Effectivement ce dernier album n'est vraiment pas décevant, c'est peut-être même leur plus abouti et équilibré. Le seul morceau en deçà est "Long Way To The Graves", pas trop inspiré. Le reste est juste excellent ! Si leur prochaines productions pouvaient se rapprocher du style du dernier morceau, ça serait bien innovant pour le coup, car aussi excellents soient-ils, faut qu'ils prennent garde à ne pas commencer à tourner en rond !
Lloigor - 01 Octobre 2015: Pour simplifier, dis juste que ce sont des groupes nordiques:)
Hacktivist - 22 Novembre 2015: J'étais en train de chroniquer le dernier Swallow The Sun lorsque j'ai voulu m'imprégner à nouveau du son de Ghost Brigade. C'est là que je suis tombé sur ton bel écrit et puis en une seule écoute, je suis tombé dingue de cet album. Il me le faut.

C'est rigolo que tu parles de Puddle Of Mudd par contre, je vais de ce pas ré-écouter le titre auquel tu fais allusion.
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