House of Usher

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Nom du groupe Aeternitas (GER)
Nom de l'album House of Usher
Type Album
Date de parution 21 Octobre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album8

Tracklist

1. Le Coeur 01:12
2. House of Usher 04:26
3. The Prophecy 03:35
4. Roderick 03:27
5. Madeline 04:04
6. Fear 04:04
7. Forbidden Love 04:21
8. The Haunted Palace 04:09
9. Tears 03:37
10. Buried Alive 04:03
11. Can You Hear the Demons 04:24
12. The Fall 04:12
13. Falling Star 04:40
14. Open Your Eyes 03:25
15. Ethelred 03:44
Total playing time 57:23

Chronique @ ericb4

09 Octobre 2016

Une rayonnante et pulsionnelle offrande sonnant comme un retour en grâce pour nos sept mercenaires

Suite à un pesant silence de près de 7 ans nous revient le prolifique septet de metal symphonique gothique allemand originaire de Lübeck, cofondé en 1999 par Anja (claviers) et Alexander Hunzinger (chant, guitare, claviers), tous deux ex-Monasteryum. Ce qui ne signifie nullement qu'il se soit absenté des studios ou éloigné de la scène, bien au contraire, ayant notamment présenté au public allemand le monumental projet « Rappacinis Tochter » plus de 50 fois entre 2008 et 2011. Sans compter quelques apparitions remarquées à des festivals tels que : Summer Breeze, Wave-Gotik-Treffen, Headbanger's Open Air, entre autres.


Depuis, après quelques changements de line up, le combo teuton a conservé celui déjà présent sur son troisième et illustre avant-dernier album full length « Rappacinis Tochter - Highlights » (primé en tant que meilleur album de l'année au German Rock and Pop Prize en 2008), à savoir : Alma Mathar et Oliver Bandmann au chant, Daniel T. Lentz à la guitare, Stefan Baltzer à la basse et Frank Mölk à la batterie, en plus des deux initiateurs du projet. Eu égard à une cohésion groupale inaliénable et aux fins d'un titanesque travail en studio déjà entrepris en 2012, en ressort, 4 ans plus tard, un corpulent concept album de 15 titres, via Massacre Records, basé sur la célèbre nouvelle fantastique d'Edgar Allan Poe « La Chute de la maison Usher » (1839).


Influencés par d'illustres formations metal symphonique à chant féminin telles que Nightwish, Within Temptation, Epica, Xandria, entre autres, nos acolytes nous livrent une œuvre aussi majestueuse que flamboyante, à la fois épique, théâtrale et romantique, où les temps morts sont rares et les enchaînements bien amenés, et ce, pendant près d'une heure que compte la généreuse rondelle. Si le set de compositions témoigne d'une fertile créativité de ses initiateurs, le jeu d'écriture renvoie, quant à lui, à la finesse de plume de ses auteurs, l'ensemble étant mis en valeur par une convaincante qualité d'enregistrement, un mixage assez bien équilibré, signés Alexander Hunzinger (au Serpina Studio) et un mastering de bonne facture relevant de la patte experte de Götz Kretschmann, réalisé au Wonderlandstudio. Quant aux lignes vocales, elles ont été passées au peigne fin par Henning Basse (Firewind, ex-Metalium) au Vocalbase. Sans oublier l'artwork d'inspiration fantastique de la pochette, aux tons sobres, dévoilant une atmosphère crépusculaire, rendue glaciale par une opaque surface aqueuse dans laquelle se mire une inquiétante masure décrépie, transfiguration imagée du concept de l'opus. Travail graphique que l'on doit à l'habile coup de crayon de Kurt Wörsdorfer (Burden Of Grief, Palace, Dreamscape) au Headcrime Artwork. C'est donc sous les meilleurs auspices que l'on aborde cette quatrième offrande majeure du groupe.



Là où le combo se montre le plus à son aise et retient l'attention concerne les passages en mid tempo, dont certaines pièces convainquent particulièrement à la fois par leur efficacité et les qualités compositionnelles de leurs instigateurs.


Le voyage s'ouvre sur une classique et laconique entame instrumentale, aux arrangements dignes d'un Nightwish ou d'un Epica, dernières cuvées. Ainsi, les nappes synthétiques de « Le Coeur » se déploient fièrement et progressivement pour finir crescendo, enchaînant prestement sur le titre éponyme de l'opus. « House of Usher » s'offre alors comme un engageant espace de contrastes, nous octroyant un enchanteur mid tempo à la massive rythmique, alternant moments de grâce et stupéfiantes montées en puissance, mis en habits de lumière par un duo mixte en voix claires parfaitement harmonisées et en phase avec le corps orchestral, même si l'empreinte masculine génère quelques inflexions nasillardes, perceptibles sur le refrain. L'ensemble suit un tracé mélodique finement esquissé, jouissant de jubilatoires séries d'accords où les notes tombent juste, à la façon de Within Temptation, première mouture. Plus encore, le martial et vrombissant « Fear », dans l'ombre atmosphérique d'Epica et distillant de saisissantes harmoniques calquées sur celles de Within Temptation, libère une énergie communicative entrenue à la fois par de subtils changements de tonalité et par la prégnance de son riffing écorché vif. Energie dont le duo mixte Alma/Oliver contribue à aviver la flamme au sein d'une dense, explosive et pénétrante orchestration sur un titre taillé pour les charts. Dans la même mouvance rythmique, des gouttes synthétiques parsèment la piste alors humidifiée du mid tempo gothique mélodique « Tears », parallèlement à un magnétique et mystérieux corps vocal où s'harmonisent nos deux tourtereaux et des choeurs d'inspiration ecclésiastique. Une impressionnante profondeur de champ acoustique permet à la fois de percevoir distinctement les forces en présence se juxtaposant et de rendre compte de la redoutable efficacité de la fusion oratoire qui en découle. Tout simplement féérique. Enfin, on n'échappera pas aux délicats arpèges au piano entamant « Buried Alive », invitant mid/low tempo à fleur de peau, lui aussi, dans la lignée d'un Within Temptation de la première heure. Difficile de contenir la petite larme au coin de l'oeil sur un refrain immersif à souhait, générée tant par les fines et émouvantes modulations du duo mixte que par de savants arrangements, simples en apparence, mais travaillés en profondeur.



Quand il se montre plus offensif, le collectif teuton déroule le tapis rouge à quelques moments forts en émotions, dont certains s'offrent comme de véritables espaces de jouissance auditive poussant parfois à l'addiction. Parmi les plus marquants s'inscrit le saillant « Roderick », assénant ses riffs corrosifs sur une piste épique aux blasts bien sentis et au tapping martelant ficelé d'un omniprésent cordon synthétique, dans la veine de Rhapsody Of Fire. Sous-tendu par une efficace mélodicité, magnifiée sur un refrain catchy par l'aérien et énigmatique filet de voix du maître de ces lieux, le brûlot renferme son lot de saveurs ultimes. Dans cette énergie, un enivrant guitare/voix mixtes s'inscrit prestement sur l'entraînant pop metal mélodique « The Haunted Palace », calé sur une souple rythmique et empruntant une sente mélodique des plus sécurisantes où la justesse des accords tout comme le placement de chaque partie sont de mise. Un titre fortement chargé en émotion, à cheval entre Beyond The Black et Arven, qui n'aura aucune difficulté à venir chercher nombre d'âmes, y compris les plus rétives, au plus profond d'elles-mêmes. L'engageant « Ethelred » est du même tonneau. Dans le sillage mélodique de Within Temptation, décochant quelques variations inattendues tout en distillant une substantielle puissance de frappe incantatoire, eu égard à une corpulente chorale et deux assaillants au top de leur forme, cette plage luxuriante repose sur de solides harmoniques, de fulgurantes attaques à la lead guitare, que le maître instrument à touches ne quitte que rarement. Quant au fulminant « Falling Star », il déploie ses sulfureuses nappes synthétiques en continu tout en nous assénant ses riffs crochetés au fil d'une trame mélodique savamment échafaudée, à la manière d'un Xandria, première période. Une recette atmosphérique et rythmique que connaît bien le combo pour l'avoir expérimentée dans ses jeunes réalisations et qui séduit encore, rendue éminemment opérationnelle par l'émouvant et souriant duo.


Dans l'ombre de ces sculpturaux et dynamiques passages se glissent certaines pistes qui, non sans mérites, révélant même de belles qualités techniques et une esthétique mélodique probante, recèlent quelques carences inhérentes à ces compositions ou touchant à l'ingénierie du son. Tout d'abord, d'une puissance mesurée et bien cadencé, « The Prophecy » fait couler ses délicieux refrains, dans la veine atmosphérique d'Amberian Dawn, seconde période. Ce faisant, cette plage metal symphonique pur laisse entrevoir une muraille de choeurs, corroborant avec aplomb les déambulations oratoires de nos deux valeureux vocalistes, non sans rappeler Leaves' Eyes sur « King of Kings ». Cependant, on regrettera une répétibilité du refrain, où les empreintes vocales s'entremêlent sans réel effet de relief, altérant un instant au demeurant judicieusement élaboré. De son côté, l'entraînant et mélodieux « Can You Hear the Demons », à la façon de Beyond The Black sur le plan des accords, ne rate pas son effet, loin s'en faut. Impactant sur le refrain, l'envoûtant morceau, servi par un même duo bien inspiré et laissant folâtrer à sa guise une lead guitare endiablée, joue lui aussi dans la catégorie des hits en puissance. On aurait toutefois souhaité des lignes de chant moins exubérantes, par un mixage feutrant davantage leur apparition qui, en l'état, apparaissent parfois criardes et usantes à la longue. Enfin, un son suranné à l'instar de craquements d'un vieux vinyle érodé par le temps tournant sur une platine elle-même fatiguée introduit l'émoustillant « The Fall ». On découvre alors une vivifiante plage mélodico-symphonique libérant un radieux refrain entonné par nos deux valeureux compères en voix de poitrine. Intervention opportune qu'un mixage plus ajusté aurait contribué à rendre plus prégnante.



Sur un mode rythmique plus tempéré, nos compères n'ont pas non plus tari d'inspiration pour esquisser leurs mots bleus, cristallisés par de séduisantes ballades. D'une part, un introductif piano/voix attire le tympan sur « Madeline », intimiste et délectable moment aux airs d'un slow qui emballe, recelant un joli solo de guitare dans son écrin. Enjolivé par la douce et gracieuse présence vocale d'Alma, cette ballade éminemment romantique réserve également quelques progressives et captatrices montées en puissance auxquelles les amateurs de Within Temptation ou d'Evanescence, entre autres, seront sensibilisés. D'autre part, le nightwishien et profond « Forbidden Love » ouvre à pas de loup les hostilités sur une rayonnante ballade que le couple oratoire enchante par ses fondantes et osmotiques inflexions. Aux suaves nappes synthétiques d'encenser à leur tour le pavillon par leurs magnétiques oscillations au fil d'un titre gagnant progressivement en épaisseur instrumentale pour finir crescendo. Et comment résister à la frissonnante ballade pop metal symphonique,« Open Your Eyes » ? Celle-ci s'offre comme un océan de saveurs exquises cristallisées par de superbes accords à la guitare acoustique, où une ligne mélodique exigeante se terre derrière son apparente accessibilité. De ce substrat en découle une efficacité quasi naturelle dont peut se targuer cette émouvante aubade, que des formations plus aguerries pourraient bien leur envier. Bref, un instant félicité où chaque portée fait mouche et est rendu hypnotique par les célestes et ondulantes volutes de la soprano. Chapeau bas.



Au final, le remise sur les rails du groupe s'est soldée par un pléthorique message musical, foisonnant d'arrangements de bon aloi, ayant fait preuve d'inspiration, d'élégance mélodique, de subtilité harmonique et d'accès quasi immédiat, témoignant d'un travail dantesque en studio. En dépit de quelques irrégularités logistiques, on suivra le propos jusqu'à sa note ultime, recelant nombre de pépites que les fans de la première heure tout comme ceux des sources d'influence pourront apprécier. Si l'originalité et les prises de risques manquent à l'appel, le combo a compensé ces carences par la création d'une œuvre forte, chargée en émotion, diversifiée dans sa proposition vocale, apte à le propulser parmi les valeurs confirmées du metal symphonique à chant féminin, au même titre que Sirenia, Delain ou encore Diabulus In Musica. Selon votre humble serviteur, le combo peut d'ores et déjà et sans complexes rivaliser avec ses homologues stylistiques, avec même l'indicible espoir de pouvoir conquérir un auditorat élargi. Pour le dire autrement, cette rayonnante et pulsionnelle offrande sonne comme un retour en grâce pour nos sept mercenaires...

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Op467 - 10 Octobre 2016: Excellente chronique.
ericb4 - 10 Octobre 2016: Merci à toi!
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