Highway to the Stars

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13/20
Nom du groupe Synthwailer
Nom de l'album Highway to the Stars
Type Album
Date de parution 07 Avril 2021
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1.
 On Cloud Nine
Ecouter05:05
2.
 Cinderella Shoes
Ecouter04:06
3.
 The Maidens of Nevermore
Ecouter03:32
4.
 Homesick Hearts
Ecouter04:34
5.
 An Escape into Moonlight
Ecouter04:54
6.
 Diablo's Call
Ecouter04:22
7.
 Wave the World Goodbye
Ecouter03:54
8.
 Malalai of Maiwand
Ecouter03:30
9.
 Sufferance
Ecouter04:10
10.
 Highway to the Stars
Ecouter08:15

Durée totale : 46:22

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Synthwailer



Chronique @ ericb4

26 Avril 2021

Une première livraison à la confluence d'un classicisme formel et d'un modernisme éclairé...

Nouvelle figure du metal symphonique à chant féminin, ce jeune duo créé en 2020 à Tampere, en Finlande, par le pluri-instrumentiste finlandais Sami Parkkonen et la soprano suisse Morgane Matteuzzi, entend bien, et légitimement, essaimer ses riffs et faire entendre largement sa voix. Et ce, à une époque où les jeunes loups aux dents longues sont loin de manquer à l'appel. Inspiré comme tant de ses homologues par les vibes de Nightwish, Epica, Xandria, Delain et consorts, le combo appose néanmoins son sceau artistique et technique sur certaines de ses portées, troquant alors une instrumentation metal symphonique traditionnelle pour un paysage de notes exclusivement empreint de samples et recelant moult sonorités organiques. Aussi, les influences d'Amaranthe, Volturian et Metalite s'agrègent-elles à celles sus-citées et par touches dans ce projet. Une cohabitation des genres quelque peu osée, encore peu courue par ses pairs, et donc synonyme de prise de risque pour nos deux maîtres d'oeuvre...

Pour leur premier essai, sans complexes ni fracas, nos deux compères nous gratifient tout de go d'un album full length, « Highway to the Stars » ; une auto-production d'une durée quasi optimale de 46 minutes, où la fibre metal symphonique flirte volontiers avec le heavy, le power, et surtout le metal moderne et l'électro. En outre, les 10 pistes de l'opus jouissent d'un mastering laissé aux mains expertes du guitariste/claviériste/vocaliste allemand Sebastian ''Seeb'' Levermann (Orden Ogan, ex-membre live de Suidakra, guest vocaliste chez Grave Digger, Storm Seeker...), propriétaire de Greenman Studios connu pour avoir assuré ou participé à la production d'ensemble d'albums de Brainstorm, Illusoria, Rhapsody Of Fire, Tales Of Evening, Vanishing Point, entre autres. En émane une ingénierie du son plutôt soignée, à commencer par un enregistrement de bonne facture et une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation. Une carte de visite loin d'être anodine nous intimant d'aller explorer plus en profondeur la soute du navire...

Sous couvert d'arrangements aux petits oignons, une orchestration symphonisante d'une confondante fluidité nous est octroyée, le combo trouvant alors les clés pour nous assigner à résidence. Ce qu'attestent, en premier lieu, leurs passages les plus enfiévrés. Aussi, c'est sans ambages que l'on entrera dans la danse sous le joug de l'immersif refrain exhalant des entrailles de l'entraînant et ''nightwishien'' « On Cloud Nine ». Dans cette mouvance, on n'éludera pas davantage l'impulsif et tortueux « The Maidens of Nevermore » eu égard à sa coloration baroque et ses insoupçonnées variations rythmiques. Mêlant habilement un délicat filet power symphonique et un zeste d'électro, à la manière d'Amaranthe, et sous l'égide des aériennes inflexions de la déesse qui, elles, ne sont pas sans rappeler Anette Olzon (The Dark Element, Alyson Avenue, ex-Nightwish...), l'incisif « Diablo's Call », pour sa part, se dote d'un infiltrant cheminement d'harmoniques. Et la sauce prend, là encore. Un tantinet moins saillant et plus acidulé, à la confluence de Delain et de Volturian, le félin « Sufferance », lui, déverse ses couplets finement ciselés tout en évoluant sur une sente mélodique des plus grisantes. Mais le magicien a encore d'autres tours dans sa manche...

Suivant parallèlement des voies résolument organiques pour tenter de l'emporter, c'est alors au sein d'un rock'n'metal électro-symphonique à part entière et éminemment vibrant que nous immergent nos acolytes. Ainsi, dans la lignée coalisée de Metalite et Volturian, c'est sur d'ondoyantes nappes synthétiques typées mid-90s que nous mène « Cinderella Shoes » ; un engageant effort aux relents dance qui pourrait décontenancer le fan d'un metal symphonique classique autant qu'il interpellera celui d'un metal moderne dernier cri. Dans cette lignée, c'est d'un battement de cils que les riffs enchanteurs comme les limpides modulations de la sirène émanant tant de l'élégant mid tempo « Homesick Hearts » que du troublant « An Escape into Moonlight » nous rallieront à leur cause. Et comment ne pas se sentir transporté par l'entêtant refrain imprégnant « Malalai of Maiwand », un ''amaranthien'' up tempo aux riffs aussi corrosifs qu'organiques ?

Quand ils nous mènent en d'intimistes espaces, nos compères nous adressent leurs mots bleus les plus sensibles. Ce qu'illustre « Wave the World Goodbye », une ballade a-rythmique d'une confondante légèreté et glissant sur une mer d'huile, que n'auraient nullement reniée ni Xandria, ni Delain. A la fois atmosphérique et romantique jusqu'au bout des ongles, voguant sur un enveloppant tapis synthétique, mise en habits de soie par les caressantes patines de la maîtresse de cérémonie, et bien qu'en proie à quelques linéarités mélodiques, la câlinante ritournelle aspirera assurément le tympan de l'aficionado du genre intimiste.

Enfin, dans un souci de diversification de leur propos, et comme bien de leurs pairs, nos vaillants gladiateurs se sont également attelés à la conception d'une ample pièce en actes d'obédience metal symphonico-progressif ; un exercice de style redouté mais paradoxalement appelé de leurs vœux par moult formations de cet acabit, et relevé de main de maître par le combo. Aussi, le titre éponyme du nom de l'album, « Highway to the Stars », est une fresque aux multiples rebondissements, déployant ses quelque 8:15 minutes d'un spectacle épique, cinématique et romanesque. Recelant moult effets de contraste rythmique, abondant en coups de théâtre tout en disséminant de prégnants arpèges d'accords, et encensé par les fluides volutes de la princesse, le luxuriant et ''nightwishien'' effort n'aura guère tari d'armes pour nous faire plier l'échine.

En définitive, c'est non sans habileté que le duo parvient à unifier les tendances, le metal symphonique et l'électro trouvant alors d'heureux points de jonction, rendant ainsi le message musical aussi magnétique qu'intrigant. Toutefois, encore insuffisamment digérées et parsemant nombre de portées de ce set de partitions, leurs sources d'influence ne sauraient être éludées, au moment où les sentes mélodiques délivrées, bien qu'avenantes, demeurent souvent prévisibles, parfois galvaudées.

Témoignant, par ailleurs, d'une production d'ensemble plutôt soignée, voire un peu trop lisse, d'arrangements de bon aloi mais des plus aseptisés, et surtout du déploiement de lignes de claviers à l'exclusion de toute autre trace instrumentale, le méfait interpellera ou décontenancera autant le fan d'un metal symphonique répondant aux codes stricts du genre qu'il pourra aspirer en son sein le chaland friand de metal alternatif et moderne simplement infiltré d'une touche symphonisante. Bref, une œuvre aussi singulière et sensible que convenue, à effeuiller et peut-être bien à adopter...

Note : 13/20

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