Ceci est un retour en arrière, un cour d’histoire de l’Art (arf) portant sur l’un des plus grand groupe de dark-ambiant. Certains ne le savent sûrement pas mais Lustmord est l’un, pour ne pas dire « le » pionner de la musique atmosphérique la plus sombre. Un album déjà sorti en 1984 laissait présager la tournure que prendrait le compositeur Brian Williams au cour des années suivantes. Un contenu certes très expérimental, peut-être vieux à notre époque. Néanmoins, c’est bien par là que tout à commencer et 1990 fut l’année du choc, la pleine explosion du dark-ambiant et ce fut Lustmord qui sonna le clairon d’un nouveau style, restant dans l’ombre, et qui allait remuer la masse et enthousiasmé de nombreux futurs groupes.
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Heresy » souffle ses seize bougies d’anniversaire en cette année 2006. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’album reste la plus grande charge apocalyptique ambiante que l’on est composé. Brian Williams tente une approche frontale et dense et cela grâce à des moyens de constructions prenant bien en compte la technologie. Ce qui se vérifie avec Lustmord c’est le touché quasi mathématique de ses compositions. Bien que l’ensemble soit vaporeux et diffus on ressent une implication moléculaire de chaque son. Une tension se fait avec peu et beaucoup, Lustmord en a conscience et structure ainsi les phases de son album par apposition, calcul et « feeling » d’outre-tombe.
Personnellement, «
Heresy » me donne cette impression d’être en face d’une peinture sonore où chaque sonorité est une couleur et chaque touche drone un tracé de pinceau (ah, le final de «
Heresy Part 3 »). L’écoute nous immerge dans un environnement sensitif impliquant la lenteur des émotions mais aussi une réaction contemplative des éléments qui se voient déformés par la subtilité des sons utilisés. Ainsi la vision de la peinture de John Martin, peintre romantique du dix-neuvième siècle ne sert aucunement à une quelconque accroche optique. Le cataclysme qui est train de se produire se répercute avec brio avec la pochette et vice versa...
On ne sent pas de coupures sur le disque. Seulement une continuité atmosphérique riche qui interfère avec la réalité au moyen d’une densité des nombreuses nappes sonores d’une intensité peu commune, à tel point que je me demande si cette force massive sera un jour égalée par les différents groupes en action dans la scène.
Plus j’écoute ce disque et plus je me rends compte que l’empreinte de Brian Williams est viscéralement hors norme, d’une angoisse tangible qui ne prend pas de rides avec le temps mais au contraire y puise sa force donnant à l’album une aura intemporelle alors que c’est de fin de monde dont parle l’album. Une apocalypse sans fin prêt à durer des millénaires...
Difficile de rajouter quelque chose face à cet album faisant pour moi parti du sommet de la production ambiante. À la fois intelligemment minimal (un sample, une nappe suffisent à créer un univers en soi) et d’une puissance d’évocation pernicieuse et malsaine, «
Heresy » est une plongée dans la partie la plus sombre et pitoyable de l’âme humaine... Telle une exhumation morbide de sentiments chaotiques qui remontent, se concentrent et s’expulsent par l’intermédiaire des compositions de Brian Adams, compositeur virtuose qui donne naissance à l’un des chef-d’œuvre du genre qui dont j’attends encore l’équivalent...
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Heresy » reste à ce jour l’un des plus grand albums ambiant que j’ai écouté, un véritable trône d’ambiance crépusculaire sondant la psyché humaine comme jamais...
Lustmord est effectivement le pionnier du genre dark ambiant et Heresy est à mon sens sa plus belle pépite.
Ce disque revêt un sens tout particulier chez moi, je l'écoutais à l'époque où je lisais du Lovecraft, tard le soir.
Même sans le talent d'H.P. et la crainte que les grands anciens ne déboulent dans ma piaule, ce disque SAIT comment insuffler la peur.
Lustmord ne compose même pas là la bande son d'un film d'horreur, c'est l'horreur. Aussi palpable et opaque que transcendante, jamais la musique n'avait été aussi sombre et pourtant si calme.
Sinon, je trouve que la chronique est très intéressante, mais elle aurait pu illustrer parfaitement cet album s'il n'y avait pas eu toutes ces fautes d'orthographe...
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