Hérésie

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Nom du groupe AqME
Nom de l'album Hérésie
Type Album
Date de parution 04 Fevrier 2008
Labels At(h)ome
Style MusicalMetal Alternatif
Membres possèdant cet album115

Tracklist

1. Hérésie
2. Uniformes
3. Lourd Sacrifice
4. Un Goût Amer
5. Karma & Nicotine
6. Les Enfers
7. En Saga om Livet
8. Romance Mathématique
9. Casser/Détruire
10. 312
11. A.M : un Jour de Pluie
12. Triskaïdékaphobie
Bonus track (limited edition) :
13. Utilisation de la Synthèse Additive

Chronique @ resetmetal

29 Juin 2016

Une curiosité dans la carrière du groupe mais pas dénuée d'intérêt, loin de là...

Dans la carrière d'AqME, qui depuis le début des années 2000 a parcouru bien des sentiers, on reconnaît en général deux grandes périodes pratiquement opposées l'une à l'autre. La première, représentée par les trois premiers opus du groupe (Sombres Efforts, Polaroids et Pornographie et La Fin des Temps) qui consistait en un rock très sombre aux allures tantôt violentes tantôt mélancholiques. La deuxième période rassemble les trois derniers opus du groupe (En l'Honneur de Jupiter, Epithète Dominion Epitaphe et Dévisager Dieu) et consiste en un Metal bien plus véloce, plus technique, plus mélodique et affichant même des influences Hardcore là où les débuts du combo étaient affiliés généralement à la scène Néo Metal.

Cependant, entre les deux, il existe un ovni, un épisode presque hors-série, une curiosité qu'on appelle Hérésie (le titre, hein. Je ne dis pas que l'album est une Hérésie).
Un album assez méconnu et c'est dommage car c'est certainement celui qui met le mieux à profit le faible niveau technique de Benjamin (guitare) en appuyant sur des riffs d'une simplicité effarante mais d'une lourdeur rare, compilés à une production qui va chercher profondément dans les graves et à une basse surpuissante et sur-présente. Un cocktail qui a, cependant, un goût très fade si on ne l'écoute pas dans de bonnes conditions : si on écoute un album bourré de basses avec l'enceinte d'un téléphone ou d'un pc portable qui ne laisse pas passer les basses... Forcément on perd en saveur.
Mais, malgré tout, un cocktail qui convient parfaitement à l'atmosphère du groupe, lourde, étouffante même et qui n'empêche pas les quelques mélodies plus gaies dispersées de-ci de-là.

La voix, quant à elle, très claire et parfois trop légère, est probablement le point noir de cet opus. Non pas que j'ai un problème avec les voix claires mais il en ressort ici une certaine fragilité qui pourra assez vite vous évoquer un chanteur de boys band, et c'est bien malheureux quand on connaît le potentiel de Thomas. Les passages hurlés se font malheureusement plus discrets et avec la force de certaines compositions, on n´aurait pas dit non à en avoir un peu plus.

Pour terminer sur la batterie, on peut dire qu'elle fait le job sans se faire remarquer. Rien de particulier à en tirer, les parties sont simples mais la musique ne se serait pas prêtée à des tabassages beaucoup plus techniques, ceci dit, on peut déplorer un peu le manque d'originalité.

Pourtant cet album vaut bien qu'on y accorde une cinquantaine de minutes, pour peu que vous ne soyez pas de base rebutés par l'univers d'AqME bien sûr, car il ne déroge pas à la règle. Les paroles, toujours aussi volontairement énigmatiques, participent parfaitement à nous plonger dans un état nostalgique et détaché, le ton souvent faiblard de Thomas n'est d'ailleurs pas toujours un défaut (Romance Mathématique, Karma et Nicotine). La lourdeur de la production couplée à une composition des riffs parfois graves et pessimistes, parfois plus légers et ouverts, apporte un certain onirisme et permet même certaines envolées. Celle-ci sont d'ailleurs régulièrement ramenées à terre par des morceaux bien plus violents (Casser Détruire, 312) qui contiennent leur bonne dose de hurlements déchirés.

En gros, cet album est une expérience particulière et qui restera toujours accolée dans mon esprit au mot "étrange". Oscillant entre violence et nostalgie, baignant dans la lourdeur et l'aérien. Pas le plus mémorable de la carrière d'AqME, c'est certain, car trop bâtard, mais tout de même une étape à ne pas rater.

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