Heavy Metal Maniac

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Nom du groupe Exciter (CAN)
Nom de l'album Heavy Metal Maniac
Type Album
Date de parution 14 Juin 1983
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album150

Tracklist

1. Intro / The Holocaust 01:39
2. Stand Up and Fight 02:47
3. Heavy Metal Maniac 03:47
4. Iron Dogs 05:58
5. Mistress of Evil 05:13
6. Under Attack 04:17
7. Rising of the Dead 03:32
8. Blackwitch 06:59
9. Cry of the Banshee 03:47
Total playing time 37:59

Chronique @ largod

23 Mars 2012

Speed-moi!

Le passage à la postérité en l’espace d’un album. Difficile exploit que tout groupe rêve de réaliser alors que les exemples auront été nombreux durant l’année 1983. L’année des pionniers du heavy-metal nouvelle génération. Le hard-rock opérait une première mutation d’adolescent boutonneux après la période des dinosaures (Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple…) et la vague punk de 76-79 qui, rappelons-le, n’a pas été étrangère à la radicalisation de l’approche dans le rock (AC/DC, Judas Priest, Motorhead…). Néanmoins, il ne suffisait pas d’être tout nouveau-tout beau pour réussir à coup sûr. Il fallait apporter quelque chose de différent, dans la musique et/ou l’attitude, une évolution drastique dans le style. Ce fut certainement le cas pour Exciter. Ils venaient de créer le speed-metal, qui accouchera bien vite du mouvement thrash, encore bien vivant aujourd’hui.

Iron Maiden sur « Killers » avait déjà cette touche post-punk dans ces accroches de guitare. Exciter quant à lui va généraliser l’usage de la double grosse-caisse, associée à la technique de double-time feel qui consiste à doubler les parties rythmiques de la batterie par rapport au tempo de base. Cela renforce l’effet de vitesse et, lorsque le batteur assure comme une bête, décuple le sentiment de puissance dégagée par le morceau. Cette technique eut ses premières lettres de noblesse avec le « Fast as a shark » d’Accept en 1982, après le diabolique « Overkill » de Motörhead. Le speed-metal d’Exciter puise dans l’essence du punk ce son hardcore que le mixage de ce premier album met en avant. Malgré un son très « garage », chaque instrument est parfaitement accessible et les vrombissements de la basse soutiennent l’effet métallique du jeu de guitare. Le chant vindicatif et guerrier est l’œuvre d’un chanteur qui occupe aussi le poste de batteur de ce power-trio. Il donne l’impression, du fait de l’énergie dépensée derrière les fûts, d’être en permanence à bout de souffle et s’aventure dans de stridents aigus. Dès cet album, Exciter parvient à une savante fusion des styles de Judas Priest, Iron Maiden et Motörhead.


C’est donc en 1978 qu’Hell Razor voit le jour à Ottawa, capitale du Canada, et non Montréal comme on le croit souvent à tort. Il fut fondé par Dan Beehler, bûcheron-batteur à la crinière imposante et doté d’une belle gueule, Allan Johnson, bassiste puissant à la frange blonde et au regard d’ange, ainsi que John Ricci, guitariste/soliste au look de biker. Les membres du groupe optent en 1980 pour le nom d’Exciter, en hommage au titre de Judas Priest, et aussi pour coller au style très rapide qu’ils ont adopté et souhaitent développer. Ils parviennent en 1982 à faire figurer le titre « World War III » sur la compilation US Metal volume 2. Ce morceau est construit sur une rythmique hardcore très prononcée, chant au timbre neutre, double grosse-caisse en entame et basse à la limite de la fission nucléaire. Première mise en bouche.
Shrapnel records, flairant le bon coup, signe Exciter et leur donne la possibilité de sortir ce Heavy Metal Maniac d’anthologie. Son écoute laisse toujours un sentiment assez bizarre en ce qui concerne le mixage où la voix est mise en avant par rapport à la base rythmique, mais ce sentiment de malaise disparait sous l’overdose d’agressivité et de speed proposée par le trio et inconnue à cette époque. Menés à un train d’enfer, les 9 titres lèvent le pied sur un « Iron Dogs », lourd et méchant, aux tonalités très Priestiennes. Le lead assuré par Allan Johnson à la basse est impressionnant et l’accélération en mid-tempo sur la fin en font une véritable réussite. Même lourdeur tout au long des 7 minutes du phénoménal « Black Witch », construit de manière très homogène où John Ricci fait étalage de sa technique à la guitare. Avec Exciter, pas facile de rester sage très longtemps, la preuve avec cette nouvelle accélération portée par un roulement de double grosse-caisse d’école et une distorsion de décibels balancée par le sieur Ricci. Orgie romaine pour une sorcière noire…

Le speed-metal se taille bien évidemment la part du lion avec cinq perles indémodables. Tout d’abord un « Stand up and fight » qui vous cloue sur place dès les premières mesures de guitare. Le rythme est soutenu par le couple Johnson et Ricci, accompagné par une trépidante ligne de batterie. Vitesse, voix stridente, chant guerrier, break et solo se mélangent dans un creuset de métallurgiste Canadien duquel s’écoule un métal en fusion. En moins de 3 minutes, l’histoire avec un grand H pointe le bout de son nez. Deuxième monument de speed avec ce « Under attack » si cousin du « Overkill » de la bande à Lemmy dans sa construction. La rythmique est d’acier et son refrain hurlé dans un souffle sur ce roulement de grosse-caisse intemporel. Le break d’école assuré par Dan Beehler a beau coller à celui que Philty « Animal » Taylor rendit célèbre, il s’abat sur ce titre comme la misère sur le pauvre monde. Le démoniaque « Heavy-Metal maniac » enfonce bien profondément dans votre cerveau de jeune Padawan du speed les effets de guitare de John Ricci et le tempo de damné qu’Allan Johnson assure toutes cordes dehors. Le chant vindicatif de Dan Beehler et son refrain dantesque couronnent un déferlement de distorsion et de délire hardcore. Même sentiment de plénitude avec le cultissime « Cry of the banshee » et son riff tout droit sorti des entrailles encore fumantes du mouvement punk. Après avoir fait claquer sa batterie, Dan le hurleur donne écho à la belle démonstration de guitare saturée de John Ricci. Ce titre vous prend par les tripes et ne vous lâche plus. Un dernier riff hardcore pur jus pour un « Mistress of evil » de derrière les fagots. Le tempo endiablé se greffe sur un mur de guitare orgasmique. De la distorsion de guitare encore et toujours, et un chant crié sur un dernier roulement de double grosse caisse en clôture.
Le « Rising of the dead » et son introduction punko-Maidenienne a le mérite de nous donner une facette un brin différente d’Exciter. Un refrain entraînant, presque chanté, et des arpèges de guitare sur un solo bien amené lui donnent une allure presque classique alors que la rythmique plombée constitue toujours le génome de base de l’identité du groupe.


Grosse bourrasque de vitesse et gros déluge de décibels avec cet album, sorti juste avant le « Kill’em all » de Metallica. L’histoire du heavy-metal moderne s’écrivait en cette année 1983 si singulière. Exciter contribua de fort belle manière en jetant, tel un crachat d’Iroquois, les bases du speed/thrash à la face du monde. Depuis quelques jours, les titres tournent en bruit de fond dans mon bureau et je n’y décèle pas la moindre ride quasiment 30 ans après. La suite de la carrière de ce combo canadien fut relativement brillante, sans pour autant connaitre l’explosion méritée après ce premier opus et malgré un « Violence and Force », un « Long Live the Loud » et un « Unveiling the Wicked » d’excellente facture. Ils ouvrirent le 14 mars 1985 pour Accept au Zénith de Paris. Point culminant et reconnaissance tardive en France pour un OVNI du heavy metal, un poil desservi par un son brouillon ce soir là, aux dires du frère d’un pote qui eut l chance de voir cette formation trois-quarts d’heure durant. L’agressivité musicale si évidente sur ce LP n’aura donc pas suffi à hisser Exciter dans le fameux Big Four encore vaillant de nos jours. Même si Heavy Metal Maniac est passé dès sa sortie à la postérité…

Hey little honey come along with me
Want you take a free ride

37 Commentaires

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MarkoFromMars - 05 Octobre 2013: @Sam, content que ça t'ai plu. Original, technique, novateur pour du death à l'époque avec son apport de claviers, les 2 premiers albums sont d'une grande richesse qui se dévoile au fil des écoutes. Désolé Didier pour cette petite intrusion mais j'ai vu la lumière allumée par Sam.
ZazPanzer - 20 Fevrier 2014: Le 14 avril 2012, Largod a dit : "Bon ben, on se voit et je paye un coup à boire, ok ?"
- Ok Didier !!! (rires)
Chab - 31 Octobre 2016: Quel plaisir de les avoir vu au Fall of Summer ! Du coup, je me réécoute cet opus splendide !
mechant - 17 Août 2019:

Encore 1 excellente chronique pour 1 album angulaire et transitoire d'une epoque benie.

Il est indeniable que la filiation NWOBHM est claire...fils de motorhead  , Exciter delivre 1 premier album de haut vol qui vient s' inserer  dans le pont stylistique SPEED/THRASH.

Achete il y a " 2 ans" suite a la lecture de cette chronique , je considere cet album comme culte .

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