Heavenly Ecstasy

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Nom du groupe Pagan's Mind
Nom de l'album Heavenly Ecstasy
Type Album
Date de parution 23 Mai 2011
Labels Steamhammer
SPV
Enregistré à Mediamaker Studios
Style MusicalPower Progressif
Membres possèdant cet album58

Tracklist

1. Contact 00:48
2. Eyes of Fire 05:49
3. Intermission 05:42
4. Into the Aftermath 05:21
5. Walk Away in Silence 05:09
6. Revelation to the End 08:32
7. Follow Your Way 05:19
8. Live Your Life Like a Dream 05:55
9. The Master's Voice 05:16
10. Never Walk Alone 06:09
11. When Angels Unite 02:05
Bonustracks (Digipack Limited Edition)
12. Crate Your Destiny 05:49
13. Power of Mindscape 04:16
Total playing time 56:05

Chronique @ metalpsychokiller

10 Mai 2011

"De confirmations en confirmation"...

Un peu plus d’une décennie et cinq opus plus tard, Pagan’s Mind, combo formé par la triplette des ex Silverspoon, Nils K. Rue, Thorstein Aaby et Stian Kristoffersen, est une des pointures mondiales du style Prog/Heavy power mélodique et symphonique. Le combo norvégien de Skien doit cette stature indiscutable à divers éléments que l’on va détailler plus après, mais dont les deux constantes principales sont d’une part la stabilité du line-up n’ayant vu depuis la genèse que le seul départ du guitariste décédé d’une longue maladie T. Aaby. Et de l’autre la qualité des opus délivrés jusqu’alors et véritables offrandes pour tous les aficionados de ce sous style Metal dont les lettres de noblesse se déclinent cousues de fils d’or quand un tel niveau d’excellence est continuellement atteint.

Pour vous résumer le cheminement discographique de nos cinq norvégiens, disons juste que l’ « Infinity Divine » de 2000 (ré enregistré et ressorti en 2004 avec un bleu de cover légèrement différent) jeta les pierres de l’édifice. Le « Celestial Entrance » de 2002 fit connaitre mondialement le groupe avec le monstrueux « Through Osiris Eyes » que suivit en 2005 un « Enigmatic Calling » montant encore en puissance et accouchant d’une tracklist somptueuse : ou « Le Son » et la musicalité de Pagan’s Mind trouvent leur maturités et mises en place définitives. L’accouchement du « God’s Equation » en 2007 sera alors un pur moment de jouissance auditive tant l’osmose entre instrumentistes donnera un rendu parfait d’agrément : Du titre éponyme à l’album et véritable tuerie en passant par un cosmique « United Alliance » ou un frénétique et mélodique « Atomic Firelight », aucun temps mort, aucune faute de gout. En attesteront d’ailleurs encore par exemple, un expérimental et subtil « Hallo Spaceboy » tout viscéralement dantesque dans sa dualité ravageuse et mélodieuse, et… Osiris pourra même se permettre un retour triomphal tonitruant.

Se passeront ensuite alors quatre années avant que ne nous déboule dessus ce « Heavenly Ecstasy » dont tous les amateurs du groupe noteront d’emblée évidemment que l’Artwork Cover usité a pour la première fois mis de coté les teintes bleutées, froides, cosmiques et mystérieuses jusqu’alors toujours utilisées. Et ce au profit de couleurs rouge et orangées, -quand bien même la trame stylistique de la donzelle demeure dans une veine semblable-, plus chaudes et enflammées. La glace après le feu, la chaleur après le froid, une révolution ou une évolution, le coffret limité Cd/Dvds du Fantastique « Live Equation » paru en 2009 comme pur joyau et jalon visuel des prestations scéniques d’exception de P’sM avait cependant ouvert la brèche avec une Box de couleur noire. En aparté pour ceux qui découvriraient seulement nos divins scandinaves, le conseil de vous offrir cette équation en public sera on ne peut plus judicieux et économique pour vous permettre de saisir et apprécier tous les talents du combo de Nils K Rue. Un condensé, un concentré, une pure tuerie indispensable !

Bon, je m’égare encore dans mon éloge de la folie de chroniqueur passionné, et Erasme va encore brailler que je lui donne du travail, alors revenons à nos petits moutons norvégiens qui eux n’ont pas besoin de corpse paint pour se démarquer. Car pour les ignares invétérés, sachez que P’sM est avant tout une alchimie parfaite d’ingrédients sublime séparément :des claviers aériens ou plus insidieux, une basse bourrue ou tranchante et incisive, des riffs discrets ou crevant le devant de scène tous comme les soli d’exception du sieur Viggo, une assise de batterie colossale ou le bucheron n’en rajoute que rarement…Autant d’éléments finement dosés et exécutés passants au second plan dès que le chanteur d’exception dans la veine qualitative des Roy Khan ou Dio, arrive et écrase tout sur son passage. Tout cela sans un talent subtile de la composition et de l’arrangement ne servirait à rien, et P’sM parallèlement ne perdra jamais de vue la mélodicité tout d’abord, le ressac d’intensité en suite, et enfin l’originalité sous jacente à chaque track. Vu leur succès, il serait cependant aisé de se laisser soumettre à la tentation de l’auto plagiat comme d’autres combos ayant trouvé un filon audio et l’usant jusqu’à plus soif ; mais nos scandinaves relèvent le gant et osent faire évoluer leur musicalité.

Pas de ruptures nettes ou fractures néanmoins, mais plutôt des convulsions homéopathiques qui voient les empreintes des sieurs clavistes Ronny Tegner et du shredder Jørn Viggo Lofstad s’affirmer exponentiellement. Ce dernier (ce mec est un dieu, ndlr !) qui a officié avec Jorn ou Beautiful Sin est tout simplement et viscéralement un tueur dont l’art du riff et du solo sont sidérants et rarement égalés. Sa marque grandissante sur les compositions délivrées enferre celles-ci dans le firmament des structures de hautes tenues, qui plus est continuellement rehaussées par les lignes organiques et volutes d’un claviste devenant petit à petit omniprésent. L’entité, d’hybride prometteur, est devenue un monstre conquérant, un véritable bulldozer dévastant vos cages à miels de somptueux brulots et dont la prestation vocale hors norme du frontman est le nec plus ultra. Ajoutez à cela, une limpidité et une puissance sonore sur mesure depuis l’ « Enigmatic Calling » de 2005, et vous saisirez l’unicité et l’essence même et profonde du label Pagan’s Mind.

La tracklist de ce « Heavenly Ecstasy » se conformera aux précédentes entames d’opus du combo avec un premier « Contact » dans la pure lignée des « Approaching », « Conception (s) » ou autres « Prelud to Pagan », quoique plus épuré sur la longueur. Histoire de ne pas trop nous faire languir et de poudrer et submerger immédiatement et irrémédiablement vos petits neurones effarouchés par une paire colossale (sans jeu de mots !), « Eyes Of Fire »et « Intermission ». Deux titres pêchus et mélodiques qui se montreront sans fards tels les meilleures titres assénés par P’sM et dignes des « Osiris » et autres « God’s Equation ». La recette est maitrisée et excellemment concoctée, et bon nombre de groupes se contenteraient de surfer sur leur vague porteuse sans aller chercher plus loin. Mais les comparses de Nils sauront toute à la fois œuvrer dans leur terrain de prédilection, à l’exemple de l’un des highlights “Revelation To The End” à la dualité ciselée des lignes organiques et de chants, et s’en écarter par un surprenant “Live Your Life Like A Dream” flirtant sommes toutes avec l’Aor. Et ce quand dans l’instant d’après… Un déjanté speedé expérimental et syncopé de soubresauts “The Master’s Voice” vous skotchera sur votre séant endolori, un peu à la manière d’un passé « Hallo Spaceboy ».

Au final, ce « Heavenly Ecstasy » qui se terminera par une Pagan’s Mind pur jus avec le « Never Walk Alone » de clôture, se dévoilera dans les mêmes sillons appréciatifs et qualificatifs que le culte « God’s Equation ». Ce dernier marquait une apogée, un nirvana atteint, une quête du Graal conquis et cette suite s’en inspire tout en y ajoutant de parcimonieuses nouveautés. Réussir deux coups de maitre d’affilée tient du prodige en soi et démontre que Pagan’s Mind devient un monument incontournable. Contrairement à ce satané « When Angels Unite », avant dernier titre de la tracklist, dont je me demande bien comment une souris aussi chétive geignarde et irritante a pu passer à travers les mailles du forceps d’acier ! La perfection n’est pas de ce monde parait-il, et « God’s Equation » en était la preuve du contraire. « Heavenly Ecstasy » est juste un ton –moindre- au dessous… N’empêche que nous avons ici en mains le meilleur album sorti pour l’instant en cet an de grâce 2011…

Enfin à mon sens, car Pagan’s Mind je vous dois de l’avouer pour être impartial, est comme vous vous en êtes surement légèrement aperçu mon groupe de prédilection. Je suis tombé dans la marmite il y a sept ans, et depuis lors n’ai pas cherché à nager pour m’en extraire… Encore seize jours à attendre la réception du coffret commandé en pré-order chez les teutons. Rha Lovely !!!!!


10 Commentaires

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Aliveandrock - 22 Mai 2011: Impossible de voter pour cette merveille ? Quoique, la moyenne résume bien la galette, une tuerie... J' adore !
shy62 - 27 Mai 2011: ...ben comme d'hab.. toujours excellent.. !!
djtiti41 - 23 Juillet 2011: Ça y est, j'ai enfin pu l'acheter!

Quelle merveille cet album, le meilleur de leur discographie selon moi. Pagan's Mind c'est comme le bon vin, ça se bonifie avec le temps!

edenswordrummer - 27 Août 2014: Merci pour cette superbe chronique. Et quel album ! Chaques titres est une véritable tuerie, chaques passages tient en haleine, les structures sont innovantes et les mélodies mémorables et inspirées. Ma déception se porte juste sur "Eye of fire" c'est un bon titre certes, mais le riff d'entrée me laissait présager autre chose que ces couplets et refrains légers et joviales... A part cela, on est devant un chef d'œuvre de composition, "into the aftermarch" étant ma préférée avec ce pré refrain mémorable !
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Chronique @ dark_omens

21 Septembre 2014

Un beau voyage qui ne nous ennuie que très rarement...

Pour qui aura suivi, même de manière lointaine; quelques-unes des élucubrations textuels de votre modeste serviteur, mes réticences apparentes à goûter toutes les plaisantes subtilités d'un Metal exagérément Progressif, ne seront aucunement une découverte. Et pour ceux qui, bien au contraire, n'auront pas eu la force de lire le contenu de mes dissertations absconses, et Dieu sait que je les comprends aisément, cette attirance modérée, pour une musique à la lisibilité bien trop souvent égaré en une élaboration fâcheuse, leur est maintenant connue.

Fort heureusement, la complexité démonstrative d'un Metal Progressif originel aura bien vite été décliné, et ce, en se mêlant en un amalgame nuancé à d'autres genres.

Bien plus tard de nouveaux prêcheurs apparaîtront donc sur les ruines de ces églises dans lesquelles ces rites consacrés auront bien trop souvent, jusqu'alors, été ennuyeux. Du moins selon votre modeste obligé. Les nouveaux prédicateurs de cette foi moins déconcertante, parce que simplifié, découlant de cette genèse créative d'antan, auront, de surcroît, davantage que leurs illustres ainés su rendre l'aspect mélodique à nouveau crucial. Tant et si bien qu'au-delà des ergs artistiques de certains de ces titres raffinés enfantés par l'onirisme artistique de Dream Theater et autres Shadow Gallery, il y aura souvent, dans l'esprit de ces nouveaux rêveurs, de superbes oasis à la musicalité salutaire (Killing Touch, Angra, Vanden Plas ou encore, par exemple, Symphony X).

Cette relève formidablement inspirée aura su, de ces nombreux métissages improbables (Death Prog, Black Prog, Heavy Prog, Power Prog...) extraire une quintessence qui fera indiscutablement évoluer le genre. Ainsi, soucieuses de ne pas se laisser enfermer dans les anciennes lois sclérosantes d'un genre abstrus, mais aussi vigilantes à ne pas perdre de vue les caractéristiques les moins vagues des genres auxquelles elles sont affiliées (Death, Black, Heavy, Power...), ces divers groupes donneront à cette mouvance un nouvel essor.

Au-delà de cette digression historique sommairement développée, et, reconnaissons-le, pas nécessairement passionnantes, évoquons donc maintenant le cas de Pagan's Mind. Cette formation norvégienne n'est pas véritablement une découverte en ces contrées Heavy Progressives dans lesquelles il tente, depuis le début du troisième millénaire qui vit sa naissance, d'inscrire son propos. Fort de quelques œuvres intéressantes, c'est en cette année 2011 que ces scandinaves nous reviennent avec un nouvel effort baptise Heavenly Ectasy.

Et d'emblée, il convient de dire que l'un des atout principal de la musique de cette œuvre réside dans le fait qu'outre une technicité évidente liée à ces aspirations progressives très marquées (Par exemple, Into the Aftermath. Ou encore les merveilleux Revelation to the End et The Master's Voice aux climats délicieusement belliqueux mis en exergue par ces chants agressifs écorchés.), Pagan's Mind aura su aussi y préserver toutes les qualités d'une musicalité aisément accessible et communicative (les excellents Eyes of Fire au refrain plaisant, Intermission au break final et aux pianos remarquables, mais aussi un Walk Away
in Silence admirable).

Bien évidemment certains considéreront, à l'aune de leur partialité propre, que ce dessein d'équilibre entre ces différents désirs, à la fois mélodiques et progressifs, donnera parfois de curieux résultat, courtisant une musicalité mielleuse, pour ne pas dire naïve ou, pire, fastidieuse (When Angels Unite, Never Walk Alone...).

Ainsi, s'il nous fallait résumer cette oeuvre en une tentative désespérément vaine et réductrice, nous pourrions dire que Pagan's Mind, avec ce Heavenly Ecstasy, nous propose d'errer, sur le frêle esquif d'un Heavy Prog souvent inspiré et souvent efficace, en un voyage généralement agréable, de temps à autre tourmenté et, fort heureusement, rarement ennuyeux.

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