Anal Vomit n'est pas un groupe qui fait dans la quantité. Bien que formé en 1992, le trio péruvien n'attendra pas moins de douze ans avant de sortir son premier skeud longue durée. Le joliment titré
Demoniac Flagellation, au style déjà bien reconnaissable.
Le disque suivant sort trois ans plus tard et porte un nom plus sobre mais qu'on imagine volontiers être autobiographique:
Depravation.
Tout ça pour vous dire que
Gathering of the Putrid Demons est le troisième fait d'arme d'
Anal Vomit en dix-sept ans d'existence.
M.R.
Destructor (batterie) et Noizer (guitare et basse) sont deux personnes qui ne cherchent pas les complications. Accompagnés par Possesor, qui est crédité comme chanteur de session sur ce disque, ils ne sont pas là pour vous chanter des jolies chansons pleines d'amour et de délicatesse. Au contraire, le groupe mène sa guerre avec pour armes; de la bière et du
Black Death fortement imprégné de Thrash. Le tout est supporté par une production bordélique à souhait qui donne au groupe une image de guérilleros peu soucieux de la propreté du travail du moment qu'il a été fait et que les objectifs ont été remplis. Y a plus personne de vivant? C'est pas grave, ils s'en foutent.
En parlant d'objectifs, autant être clair tout de suite : Ils sont largement atteints. Quelques secondes de gémissements annonciateurs du carnage et le coup part direct dans la gueule avec les premiers riffs de la chanson titre. C'est là que ceux qui attendaient un son propre et quelque chose d'original se font dégommés. En effet,
Anal Vomit fait dans le déjà entendu partout et ne révolutionne rien. Mais là n'est pas son but. Le trio joue sans se prendre au sérieux mais délivre des morceaux de
Black Death très efficaces qui vont démonter la tête de toute personne adepte de musique régressive. Pour finir d'achever ce qui mérite encore de l'être, ils nous balancent des riffs Thrash absolument moisis mais pourtant totalement jouissifs.
C'est même grâce à ses fameux passages thrash que
Gathering of the Putrid Demons nous livre ses plus grands moments. Essaye d'écouter Filthy Fucker, Cocalus ou
Into the Eternal Agony sans avoir une érection du diable. Tu n'y arriveras pas.
Une des marques de fabrique d'
Anal Vomit, c'est la production. Crade et pas carrée, elle balance des parpaings tout du long alors qu'on a l'impression que le local d'enregistrement part en morceau et que le groupe lutte constamment pour continuer à jouer coûte que coûte. Pour peu que tu sois friand de ce genre de prod qui sent bon le manque de moyen et la prise de son à l'arrachée, ce disque est pour toi. Il te veut! Pour lui tout seul!
À noter qu'
Anal Vomit pratique la
Blitzkrieg puisque
Gathering of the Putrid Demons ne dure que 29 minutes. Ce qui, pour moi, est une bonne chose car je ne pense pas qu'il soit nécessaire de faire une galette d'un heure avec ce genre de musique. Au pire, tu le relances direct, au mieux tu achètes les autres pour les passer à la suite.
En fait, la deuxième solution est la seule valable. Tu commences avec
Demoniac Flagellation, tu finis avec celui-là et pendant que t'écoutes le tout, tu te pètes la tronche avec le tord boyau local pour en arriver à courir nu, machettes en mains et la baves aux lèvres, après les grand-mères terrorisées. Si tu te sens pas de le faire, oublie ce groupe. Il est pas fait pour toi.
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