Aaaah, mes poteaux d’
Anal Vomit. Que je les aime.
J’avais déjà évoqué leur cas avec la pochette du
Depravation avec les Trublions, dans le genre plus ivol que ta mère en short dans une tombe prête à faire la guerre pour
Satan alors qu’elle bouffe les asticots par le nez, et qui se régale des racines de pissenlit en même temps. Comment ne pas résister, en bon amateur de la scène black/death sud-ricaine, à ce groupe qui est un immense cliché sur patte ? Parce que franchement, plus rétrograde, tu meurs.
Plusieurs choses paradoxales sont à noter : d'un côté, le groupe ne se prend pas vraiment au sérieux, mais de l'autre, il est relativement à fond dans son trip. Ce n’est pas vraiment une chose qu’on leur reprochera.
Tout y est, pour la panoplie du metal warrior : pseudos bateaux (Noizer,
Possessor,
Destructor), forcément, la chose obligatoire, la bière, la cartouchière, le perf’ et les lunettes de soleil aviateur. Et non, pas les gonzesses à poil, ça serait trop évidant. Puis les remerciements en disent long sur la mentalité de cette scène : « hails to all Southamerican hordes that take
Metal as a real way of life. »
Avec ce nom ultra-poétique et raffiné digne d’un groupe de punk (du à leur passé grindcore), nos trois garçons dans le vent nous fourguent un joyeux bordel. Un bon gros black death cracra, bien loin des standards européens en terme de son et de production. Tout est crade, tout est poussé à fond. Si tu t’attends à un truc mielleux à la
Belphegor, dégages et pars en courant vite, très vite, ça ne va pas être ton pain.
Le charme de ce groupe vient surtout dans le fait que tout est branlant de A à Z tel un Mortuorio, où le sentiment d’urgence prévaut avant toute chose. Un batteur à la rue quatre fois sur trois, sûrement parce qu’il a du boire trop de binouze avant d’enregistrer, calage à la zob, ampli pas d’une première fraîcheur non plus. C’est roots nom de Dieu !!
Autant sur le
Demoniac Flagellations, le groupe c’était appliqué pour nous pondre une belle grosse tuerie des familles, aux relents Sarcofago pleinement assumés. Là, cette bande de cholos nous fait un beau pied de nez et un sacré doigt au passage, en ne fignolant pas du tout sa musique. Tu prends tel que c’est, et tu fermes ton clape-merde. De toute façon, c’est certainement pas fait pour que les mecs ayant découvert le dernier Cradle of
Shit il y a trois semaines. Avec ses gros riffs thrashy pas original pour deux sous, le groupe fait parler la poudre alors que rien n’est carré et ça, c’est fort.
Les musiques ont surtout avant tout été composées pour le live.
Pas de fioriture, pas de trop de superposition de guitare (en sachant qu'il n'y a qu'un gratteux), histoire d’avoir une rythmique et un solo, et que le tout ne soit pas trop creux à l’écoute. A défaut de posséder la technique, et nous sortir des riffs polyrythmiques à la
Meshuggah, le groupe préfère l’énergie. Oui, l’ensemble est un death/thrash bien dégueulasse, mais ça n’empêche pas que la conviction y est. Puis, faut avouer aussi que Noizer n’est pas si mauvais gratteux que ça, il a déjà de l’idée. Et ça pour moi ça fait tout.
Les paroles en espagnol sur certains titres, comme leur camarades de
Anal Vomit, donne un côté plus chaleureux, et plus evil à la musique. Puis merde, avouons que ça tue. L’album ne peut pas s’écouter musique par musique, il faut l’écouter en entier et d’une traite, car il faut se mettre dans un certain état d’esprit. Et cet état d’esprit « metal to the bones », on l’a ou on l’a pas. Donc ça en fait un disque pas pour tout le monde. Tant mieux, car il ne convaincra pas grand monde. Bande de nazes, allez voir ailleurs s’ils y sont, c’est mieux.
Et surtout… vivement le prochain !!
mais bon, classe les plus en death/black quand même, à mon sens.
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