Gates of Dawn

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Nom du groupe Falkirk
Nom de l'album Gates of Dawn
Type Album
Date de parution 2006
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album20

Tracklist

1. At the Gates of Dawn 00:50
2. The Endless Quest 04:50
3. Crimson Eyes 04:07
4. A Way to Follow 05:03
5. Two of a Kind 06:23
6. Remember 04:35
7. Shadow Realms Part 1 : the Shadow Crown 01:31
8. Shadow Realms Part 2 : the Citadel 04:46
9. Fading Away 07:40
10. End of Line 06:24
11. Silent Cries 05:58
12. World's Closing Chapter 10:23
13. Beyond the Gates of Dawn 01:53
Total playing time 1:04:23

Chronique @ AlonewithL

31 Mai 2011

Tout n’est qu’amertume et regret à l’écoute de ce disque, incarnant le chant du cygne de Falkirk.

C’est l’histoire d’une formation fauchée aux portes d‘une cité interdite. La fortune n’aura pas daigné sourire à l’un des groupes de power metal français les plus prometteurs. Que d‘injustice. Et dire que « Falkirk » avait enfin su trouver les clés de son devenir, s’apprêtant même à en franchir le portillon pour des jours meilleurs. Les années qui devaient suivre s’annonçaient propices. Si la fortune ne leur a pas sourit, la providence non plus. Pourtant, ces chevaliers n’auront pas manqué de courage. Gagnant à chaque fois en expérience et en précision d‘année en année, l’aventure s’achève donc officiellement par une prouesse. Une prouesse qui prendra le nom de « Gates of Dawn », et qui sortira en 2006. Cette œuvre autoproduite et signée à la distribution chez le français Underclass, avait bénéficié encore une fois des soins d’Alexandre Bonvalot, qui se sera surpassé à l’artwork de ce produit. Une magnifique et imposante couverture, couronné d’un nouveau logo. Depuis quelques années le poste de bassiste était à pourvoir. C’est ainsi qu’a été recruté Didier Wilhelm pour renforcer les rangs de l’équipe. Comme lors du précédent opus, Eric Verwaerde occupera le poste non officiel, mais tout aussi important de claviériste. Tout était donc prêt pour revenir triomphant de l’aventure.

Les claviers seront à l’honneur dès l’introduction « At the Gates of Dawn », s’adonnant dans les dédales d’une symphonie épique insondable, teintée par la mélancolie d’une guitare éperdue. Tout cela avant d’entrer dans la féérie du clavecin ouvrant « The Endless Quest ». Un titre enchanteur, fonctionnant par degrés. Le couplet plus contenu fera place au fur et à mesure à la mélodie dans le pré refrain, avant de la laisser complètement se détacher sur le refrain. C’est là où on reconnaîtra tout l’engagement que l’on connaît du chant de Stéphane Fradet. Le morceau sera également paré d’un soli bien maîtrisé, inspiré à « Helloween ». On sent alors qu’ils ont gagné en confiance. Ce « Gates of Dawn » se voudra autant inspiré du power italien que du power allemand avec ses soubresauts mélodiques et ses claviers qui auront pris du poids par rapport à « Magnus Imperium ». De ce power mélodique engagé du précédent opus on retrouvera un « Crimson Eyes » assez similaire à « Calling », avec des riffs accrocheurs et un léger fond atmosphérique bien reconnaissable.

« Falkirk » nous habitue à une musique plus tempérée sur le magnifique « A Way to Follow ». Le chant doux de Laurent Robalo ouvrira le bal sous une ambiance médiévale enchanteresse, avant d’être repris et rejoint par celui de Stéphane Fradet. De la volupté on passe ainsi à l’incandescence. On reconnaît cette même gravité sur « Fading Away ». Le piano met en éveil une guitare implacable. Des notes cristallines se retrouvent aux côtés de notes plus grippées, comme deux mondes qui se font soudain face à face. Le chant prendra tour à tour les deux parties, celui de la douceur vertueuse des claviers, puis celle des rythmes cogneurs de guitares. Mais ces instruments parviendront à se mettre en commun accord pour entrer en complète harmonie sur la fin de piste, en absence du chant. Une oraison qui aura pour but de guider les âmes vers le ciel.

On retrouvera encore cette timidité, cette torpeur spécifique à la formation, superbement illustrée par le très long « World’s Closing Chapter ». Un titre mélancolique, sophistiqué. Passages inquiétants, menaçants, baignant dans des sonorités automatiques, vont s’interagir avec des élans de speed metal, où chant comme instruments seront emportés dans une valse folle. De ce titre troublant, qui finira néanmoins par trouver un semblant de paix sur son dernier tiers de piste. On en retiendra un problème au niveau de la batterie. Délivrant un son trop souvent neutre et plat, l’instrument de prédilection de Laurent Robalo a de la peine à convaincre. Même constat sur le trépidant et tout aussi troublant « Remember ». Oriental, énigmatique. Le chant nous fera ici l’effet d’un cri poussé dans le désert. Un cri de folie, accompagné et initié par une musique devenue de plus en plus démente. Complètement ingérable et torturée. Comme les chants scandés de l’impitoyable « Silent Cries ». Ce dernier paraissait pourtant bienveillant au premier abord. Une musique éclairée, soulevée par les injonctions véhémentes de la seconde voix.

Une véhémence, une impétuosité qui gagnera également la musique sur certaines pistes. « Two of a Kind » nous officierait pourtant à un power mélodique tout ce qu’il y a de plus commun. Mais le rythme s’est emballé, difficile à suivre pour les deux chants jouant à la course, avant que le synthé plus clairvoyant trouve moyen de laisser du champ aux voix au moment du refrain. Un morceau qui vous mettra en haleine. Peut être pas autant qu’avec l’instrumental « Shadow Realms Part 2 - The Citadel ». Cela change du tout au tout, on en reconnaîtrait plus le « Falkirk » ordinaire. Les guitares nous font une démonstration dévastatrice, rageuse, intempestive, dans un très bon power metal, aux aspérités speed metal. Un titre particulièrement redoutable. Tout aspire ici à la solidité, comme ci on nous décrivait musicalement les contours d’une forteresse infranchissable. Le speed metal effectuera une nouvelle apparition sur l’étrange « End of Line ». Deux ambiances vont se retrouver encore une fois confrontées, mais de manière plus maladroite. On passe d’une certaine stabilité à une brutalité difficilement contenue. Des passages nerveux étriqués qui prendront assaut sur le chant. Celui-ci se retrouvera alors emporté par le courant. Le dernier tiers plus accès à la mélodie est néanmoins plus intéressante.

« Falkirk » nous fera oublier ces quelques instants de violence, et montrera sa vraie nature, tendre, sur des titres courts dominés par la guitare acoustique. « Shadow Realms Part 1 - The Shadow Crown » offre l’innocence d’un duo harmonieux au chant, avec le chant féminin candide de Mélanie Derouetteau. Ce sera dans ce même parfum de voyage mélancolique de la guitare acoustique que se terminera l’album, et officiellement les aventures de « Falkirk ». Un titre qui aurait pu laisser présager quelque chose. C’est plus qu’un au-revoir qui nous a été fait, c’est bien un adieu. Adieu « Falkirk ».

Tout prendra fin en 2008, faute de trouver un label plus conséquent, une formation parisienne à l’avenir tout tracé se sera éteinte. Laissant derrière elle des bribes de ce qui allait devenir son quatrième album, « Alpha Centaury », mais aussi un album tout bonnement réussi, « Gates of Dawn ». Que l’on regrettera cette fin trop précoce à l’écoute de ce « Gates of Dawn » justement. Il y avait bien quelques défauts, qui auraient sans nul doute été corrigés par la suite, notamment avec de meilleurs moyens au niveau de la production. Mais le résultat, déjà, va au-delà de ce que l’on escomptait d’un groupe de power mélodique français. Un groupe qui avait contrairement à beaucoup d’autres une certaine personnalité dans sa musique, imbibé d’une atmosphère épique enivrante, mêlant tristesse et rage. Tout n’est qu’amertume et regret à l’écoute de ce disque, incarnant le chant du cygne de « Falkirk ». C’était l’histoire d’une formation fauchée aux portes d‘une cité interdite.

15/20

6 Commentaires

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Silent_Flight - 31 Mai 2011: Un bon p'tit Falkirk à mett'e!

Hohoho!
tormentor - 31 Mai 2011: Falkirk tiens c'est la sonnerie de mon portable! Un super lead et une super mélodie! Mais pas de cet album que je n'ai pas entendu encore.
J'irai voir ça prochainement.
gorekiller999 - 01 Juin 2011: je connais pas ce groupe merci pour ta chro
Apophis2036 - 25 Janvier 2014: Pour ce qui concerne Alpha Centauri, on le retrouve dans la Compile Anthology (sorti approximativement en Août 2013) avec de multiples bonus à la clé :)
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