Game On

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14/20
Nom du groupe Belle Morte
Nom de l'album Game On
Type EP
Date de parution 11 Avril 2018
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Child of Night
Ecouter04:34
2.
 Devilish Deal (EP Version)
Ecouter05:42
3.
 Mercy (EP Version)
Ecouter04:19
4.
 The Game
Ecouter03:57

Durée totale : 18:32

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Belle Morte



Chronique @ ericb4

24 Septembre 2018

Un classique mais prégnant propos introductif...

Parmi les rares formations biélorusses à caresser l'espoir de s'illustrer à l'international s'élance ce combo originaire de Minsk, créé en 2015 par la parolière et frontwoman Belle Morte. Déjà à la tête de deux singles (« Mercy » (2017) et « Devilish Deal » (2018)), la discrète troupe souhaite désormais tenir la dragée haute aux Elvellon, Beyond The Black, Walk In Darkness et autres Once ou encore Sleeping Romance. Aussi nous octroie-t-elle dans la foulée cet introductif EP 4 titres dénommé « Game On » ; laconique auto-production d'une durée n'excédant guère les 19 minutes, incluant après les avoir remastérisés les deux singles sus-cités. Serait-ce déjà là son sésame pour l'accès au rang de valeur montante de son registre metal d'affiliation ?

Pour la mise en relief de son projet, la soprano s'est octroyée le concours de musiciens et vocalistes aguerris. Aussi y trouve-t-on les pattes expertes du guitariste/bassiste/choriste/arrangeur et mixeur Sergey Butovsky (Ivory) et du guitariste Kirill Movshuk (Ivory), avec l'appui des choristes Katya Shtirts et Anya "Mantis" Evtushenko. De cette étroite collaboration émane une œuvre rock'n'metal mélodico-symphonique gothique à la fois envoûtante et troublante, dotée mixage bien équilibré entre lignes de chant et instrumentation et témoignant d'une belle profondeur de champ acoustique. Ce faisant, le message musical laisse entrevoir de solides et truculentes compositions, à la délicate mélodicité et à la technicité éprouvée, évoluant tour à tour dans la veine de Nightwish (première période), Theatre Of Tragedy et Imperia. De quoi nous intimer d'aller explorer plus en profondeur la cale de la petite goélette...

On observe tout d'abord un bel élan d'inspiration affiché par le collectif biélorusse, notamment dans ses passages les plus enjoués. Aussi, retiendra-t-on tout d'abord le ''nightwishien'' « Child of Night », puissant mid tempo progressif doté d'arrangements de bonne facture. Et ce, surtout pour ses effets de contrastes, de sensibles arpèges au piano étant au corps à corps avec une basse claquante et une double caisse qui peu à peu rougeoie sous l'incessante pression des coups de boutoir. Déployant de franches accélérations, le manifeste sait aussi ménager quelques espaces plus tamisés, pour repartir de plus belle. Dans ce champ de turbulences évoluent les graciles volutes d'une sirène bien habitée. Mais là ne s'arrête pas la ronde des saveurs...

Lorsqu'ils ralentissent un tantinet le rythme de leurs frappes, nos acolytes le font de deux façons différentes. D'une part, ils nous immergent dans de crépusculaires espaces d'expression. Ainsi, l'énigmatique mid tempo « Devilish Deal » capte l'attention par son atmosphère à la fois éthérée et tourmentée. Livrant une sente mélodique toute en nuances, mise en exergue par les fines modulations de la maîtresse de cérémonie, le troublant méfait se double de seyants gimmicks guitaristiques et de stupéfiantes montées en puissance, au carrefour de Theatre Of Tragedy et Autumn. Quant à l'orientalisant « The Game », il s'avère bien plus souriant. Se parant en prime d'une belle gradation du corps oratoire, la belle se faisant rejoindre à point nommé par les choeurs, la sémillante ritournelle finit crescendo.

Dans ses moments tamisés, la troupe ne s'avère pas moins à son aise, disséminant d'enchanteurs mots bleus, aptes à enivrer la totalité des sens du chaland. Aussi, c'est dans un bain orchestral aux doux remous que l'on plonge à l'aune de « Mercy », pénétrante ballade atmosphérique que n'aurait nullement reniée Imperia. Mise en habits de soie par les félines inflexions de la déesse, cette tendre offrande se double d'une série d'accords finement échafaudée et d'une sente mélodique certes convenue mais immersive à souhait.

Au final, on effeuille une œuvre dans un mouchoir de poche, plutôt classique dans sa structure comme dans son concept, mais que l'on se plaît à réécouter aussitôt l'ultime portée évanouie. A la fois pimpant et empli de mystère, d'une puissance dévastatrice et partiellement caressant, le propos jouit également d'une qualité de production de bon aloi. Si l'émotion n'est pas toujours au rendez-vous de nos espérances, de par ses hypnotiques sillons mélodiques, la galette parvient cependant à capter le tympan de bout en bout de chacune de ses pistes. Bref, un honorable message musical concocté par la belle, pas encore un foudre de guerre, certes, mais susceptible de recueillir l'adhésion du chaland déjà sensibilisé aux travaux de ses maîtres inspirateurs. A bon entendeur...


2 Commentaires

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Groaw - 24 Septembre 2018:

De ce que je lis, c'est quelque chose qui pourrait bien me botter. En tout cas, une bien belle pochette et un style totalement assumée, la belle semble avoir de beaux jours devant elle. Merci pour l'écrit. Je te fais un petit feedback une fois le tout écouté ;)

ericb4 - 25 Septembre 2018:

Merci à  toi! En espérant que cet EP te plaise autant que j'ai éprouvé du plaisir à l'écouter...

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