Galeere

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16/20
Nom du groupe Eis
Nom de l'album Galeere
Type Album
Date de parution 15 Mai 2009
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album14

Tracklist

Recorded when the band's name was GEÏST.
1. Galeere 08:30
2. Einen Winter auf See 09:40
3. Durch Lichtlose Tiefen 08:50
4. Helike 08:26
5. Unter Toten Kapitänen 15:44
Total playing time 50:30

Chronique @ rikkit

30 Mars 2011

Une somptueuse decouverte, le Black Metal dans toute sa majesté

La mer, l’océan, on connaissait Ahab et son Moby Dick, Carach Angren et le mythe du hollandais volant, même Phil Giordanna dans le dernier Fairyland avait rendu hommage a ces étendues bleutées. C’est donc cette formidable entité que les allemands de Geist ont décidé de célébrer avec « Galeere », et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils la célèbrent avec brio.

Geist officie dans un style a la croisé des genres Doom mélancolique, Ambient et Atmosphérique, tout cela sur une base Black Metal sévèrement épique, le tout lorgnant, que le groupe le veuille ou non, vers un Black Metal progressif de très bonne qualité. L’aspect le plus intéressant ici est le voyage sonore que nous proposent les allemands, en effet, le style pratiqué est cinématographique à souhait, casi contemplatif. Les guitares sont légèrement mises en avant, tantôt agressives, tantôt caressantes, celles-ci installant une atmosphère épique rythmée par une batterie franchement jouissive alternant mid-tempo et blast beats, sans trop en abuser. Certain morceaux tels que « Unter Toten Kapitaten » ou « Erne Winter Auf See » proposent de magnifiques leads à la distorsion très aquatique et les riffs interprétés par les guitares rythmiques se trouvent vraiment inspirés. La voix quant à elle est savamment interprétée, celle-ci étant un peu en retrait, dans un registre guttural hargneux, la langue allemande se prêtant à merveille pour ce type de vocifération, sans bien sur tomber dans des plaintes criardes et dépressives.

On me dira alors cad de la mer et de ses pirates ? Ici Geist tente, à travers un paysage sonore très personnel, de nous faire ressentir la terrible grandeur des océans, ses horreurs et ses beautés, tout dans « Galeere » est un hymne à ces vastes étendues. Chaque morceau est accompagné de bruitages maritimes renforçant l’aspect épique et aventureux des compositions. En plus d’offrir une musique de toute beauté, l’artwork de l’album est sublime, très typé romantique, illustrant à merveille son contenu. Au final, chaque morceau, au nombre de 5 et tournant autour des 8 minutes, est un fantastique voyage auditif se voulant à la foi épique et mélancolique.

« Galeere » est donc un album proche de la perfection qui me rassure quant à l’avenir de la musique actuel. Geist propose ici une oeuvre rappelant que le Black est un art à part entière empli de sincérité et de talent que grand nombre de profane peinent à interpréter.

17/20

11 Commentaires

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matmaury - 24 Avril 2012: Superbe Chronique!
Mais c'est assez étrange, en la lisant je n'ai plus envie d'acheter l'album. ça m'a l'air trop parfait et je ne suis pas du tout fan du métal parfait...Ce que je cherche c'est vraiment la crasse et ici je ne la trouve pas. Je vais me diriger vers un bon Burzuum je pense...
rikkit - 24 Avril 2012: Eh oui !!! J'avouerais que s'en est meme agaçant !!!! La production très soignée y est pour beaucoup. Merci pour ton superbe compliment.
Et, rien ne vaux un bon vieux Burzum ah ah ah
Icare - 25 Avril 2012: Effectivement, ici, tu ne trouveras pas beaucoup de crasse, le black de Eis est vraiment léché et peaufiné et joue plus sur les ambiances que sur le côté primitif, cru et malsain du TB.

Ceci dit, si tu aimes la mélancolie musicale d'un Burzum, il n'est pas impossible que cet album te plaise...
matmaury - 26 Avril 2012: Je l'ai acheté hier, je n'ai pas pu résister...Il est...GENIALE !!!
Mais je trouve que la chronique ne lui correspond pas...Vous devriez en faire l'éloge et non pas le simple commentaire....
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Chronique @ Icare

15 Septembre 2011

Une superbe pièce de black metal épique qui bercera chacun d’entre vous de moments magiques et d’images saisissantes.

Le tout commence par une introduction sombre et lancinante, dans laquelle une pulsation lointaine et sourde raisonne, monotone, sur l’immensité grise de la mer. C’est le tambour du départ, le signal sonore qui met en branle le navire. Alors que la grande carcasse de bois se meut lentement, quittant le port pour un voyage sans retour, des guitares grésillantes et brumeuses s’enroulent autour de l’embarcation tandis que les pulsations s’accélèrent. Puis l’aventure commence, et les guitares, plus massives et immersives, accompagnent notre navire vers les profondeurs et les mystères du large. Le son est massif tout en restant limpide, mettant les guitares en avant et étouffant un peu la batterie dont les interventions brutales ne sont que plus appréciées car n'empiétant pas sur le reste de la musique. Geist, qui depuis a mué son nom en Eis, capitaine virtuose de cette fière Galeere, s’applique à nous faire naviguer sur des flots opaques et tumultueux et se plaît à nous faire découvrir la face secrète et sombre de l’océan, un peu comme un Ahab qui s’exprimerait dans un registre black épique, évolutif et ambiancé.

Ici, les rythmes sont variés, de même que les ambiances distillées par les guitares, qui font, au passage, un formidable travail tant sur le plan musical qu’épique, tissant une véritable narration aux nombreux rebondissements. Les compositions sont en effet de longues plages progressives dans lesquelles les sentiments semblent évoluer au gré de l’humeur de l‘océan : certains passages furieux blastent méchamment, supportés par des grattes lourdes et distordues et une voix grave terriblement écorchée (qui me rappelle, par moments, celle de Shagrath dans certaines intonations, les effets en moins), d’autres, sur lesquels la batterie retombe sur un mid tempo catatonique, sont d‘une lourdeur poisseuse et aliénante (confer la pièce de presque 16 minutes qui clôture l‘album, Unter toten Kapitänen), et certains moments sont carrément mélancoliques et intimistes, faisant la part belle aux arpèges et aux ambiances, renforcées par quelques bruitages marins qui achèvent de nous immerger dans le monde maritime de Eis.

Le tout reste pourtant d’une homogénéité saisissante, enchaînant intelligemment les moments forts et intenses et les accalmies salvatrices, de sorte que les 51 minutes de cet album captivent l’auditeur de bout en bout sans laisser place à l‘ennui. Mieux, une fois l’opus terminé, on a qu’une envie: se le repasser une nouvelle fois pour pouvoir se replonger dans ses ambiances sombres et envoûtantes.

Ceci dit, même s’il est indéniable que Galeere est une œuvre qui s’appréhende dans son ensemble pour un impact émotionnel multiplié, chaque titre conférant plus de cohérence au suivant et vice versa car les englobant dans un contexte commun, on peut tout de même noter quelques passages musicaux bouleversants qui ressortent avec force de cette épopée musicale sombre et progressive, imposant à nos yeux clos des images intemporelles: le magnifique titre Einen Winter auf See, débutant sur un ambiant fantomatique ponctué de mystérieux bruits de sonars avant d’éclater en un black metal furieux que ne renierait pas un groupe comme Endstille et de se fondre en arpèges inquiétants et dissonants qui semblent nous ouvrir, lugubres, les portes de Neptune sous les éructations de cette voix malsaine pour nous plonger dans les mystérieuses et insondables abysses de l’océan… De même à 5min 40 de cette même composition, cet accordéon triste à la beauté plaintive nous évoque avec une justesse poignante le calme fatal de la mer après la tempête, et l’épave de bois dans laquelle les survivants impuissants s’agitent pour secourir les blessés agonisants sur le pont et réparer leur vaisseau pour l’empêcher de sombrer à jamais dans l’immensité des flots noirs… Et cette fin, monumentale et imparable, montée en puissance dantesque incarnant irrésistiblement le dernier assaut furieux du grain: le vent qui était presque tombé se lève soudain, des nuages noirs obscurcissent la voûte déjà opaque du ciel, des éclairs aveuglants, mus par des forces impétueuses, déchirent les sombres nuées, et des bourrasques déferlent, furieuses, s’acharnant de toute leur puissance sur le frêle esquif en proie aux caprices des éléments, les vagues, terribles et mugissantes, se dressant en d’immenses lames prêtes à s‘abattre sur l‘Homme… Le rythme s’accélère en une folie baroque pour engloutir en un ultime sursaut les derniers débris de corps et de planches et anéantir cette insensée vanité humaine qui a osé défier les Dieux...

On a aussi ces relents post rock délectables sur Durch lichtlose Tiefe, légers et aériens, avec ce riff entêtant à 5min01 sur lequel on se surprend à surplomber fièrement l’océan, le vent du large gonflant les voiles de notre trois mats et venant caresser de son souffle salé notre visage ivre de bonheur et de liberté, ou ce riff épique et majestueux à la scandinave à 2min07 de Helike qu’on croirait droit sorti d’un album de Taake, et qui gorge notre cœur de marin d’un sentiment d’allégresse et d'invincibilité, nous redonnant courage et enthousiasme pour accomplir ce voyage jusqu'au bout du monde…

Bref, nul doute que chacun trouvera son compte dans cette superbe pièce de black metal épique qui bercera chacun d’entre vous de moments magiques et d’images saisissantes. Eis signe ici avec ce Galeere, passé injustement trop inaperçu, une œuvre d’une maturité musicale et d’une richesse émotionnelle inouïes, et il serait vraiment dommage de passer à côté. A conseiller à tous les aventuriers au cœur sombre qui n’ont pas peur de sombrer pour toujours dans les mystérieuses abysses de l’océan…




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