Figure importante au milieu des années 2000, les Texans de
Upon a Burning Body ont même été aux commandes auprès d’
Emmure ou
Here Comes The Kraken d’un nouveau style déviré du deathcore : le neo deathcore. Le succès fut rapidement au rendez-vous et le groupe a su se faire une place de choix. D’abord avec
The World Is Ours en 2010 puis avec
Red. White. Green deux ans plus tard, le quatuor fut à ce moment-là un second souffle à un genre qui se consumait au fil du temps, incapable de se réinventer et de surprendre. Par la suite, la formation texane s’est séparée de son deathcore chéri pour s’acclimater dans un metalcore en pleine ascension. Peu de temps après, le combo finira par changer de label, passant de Sumerian Records à Seek
And Strike pour qui l’on doit notamment les dernières parutions d’
Orbit Culture.
Nos artistes ne retrouveront malheureusement pas leur folie d’antan et ce qui aura fait sa renommée avec leur récente maison de disques. Pire encore, les Texans essuieront leurs premières désillusions, principalement avec leur dernier-né
Southern Hostility. Cet album adoptera un deathcore plus traditionnel accompagné d’éléments prêtés du heavy metal, certes relativement efficaces mais sans grandes révolutions. La publication de l’EP
Built from War pendant le début de la pandémie mondiale ne viendra malencontreusement pas inverser cette tendance négative. C’est avec
Fury, sixième opus du groupe que
Upon a Burning Body va tâcher de briser sa mauvaise dynamique et, pourquoi pas, faire un coming-out inattendu.
Les Texans nous avaient proposé peu avant la parution de cette sixième offrande un premier titre A New Responsibility qui se trouve être le morceau d’ouverture de cette galette, une entrée en matière qui nous met directement dans le vif du sujet. La mélodie est imposante, percutante et étonnement groovy, la batterie est très technique et hâtive et la palette de notre vocaliste Danny Leal est excessivement riche, avec des passages entre aigus et gutturaux multiples et fluides. Les breakdowns qui sont en réalité les chorus, sans aller dans l’extrême lenteur et la démonstration nous offrent un parfait équilibre entre brutalité et l’incitation à bouger. Le solo de guitare, bien qu’assez éphémère, se montre lui aussi frappant et nous gratifie de quelques secondes de mélodicité.
Snake Eyes, autre composition présentée avant la sortie de l’ouvrage, se démarque un peu plus de son prédécesseur avec un riffing totalement emprunté du thrash metal. Au niveau de l’accordage des guitares, nous sommes plutôt ancrés dans un esprit Panteraesque, nostalgique et fougueuse. On est d’autant plus ravis que la basse se manifestera fortement à la fin du morceau, une caractéristique plutôt rare dans le monde du deathcore puisqu’elle généralement noyée dans la masse, inaudible à cause d’une batterie prépondérante ou tout simplement parce qu’il n’y en a pas. Le solo n’est pas en reste : relativement classique et une nouvelle fois prompt.
Cette précocité se dégage, une fois n’est pas coutume, par la longueur des morceaux. Comme sur l’ensemble de sa discographie,
Upon a Burning Body semble avoir un sérieux blocage pour produire des travaux qui atteignent les trois minutes. Avec pourtant onze titres à son actif,
Fury dépasse difficilement la demi-heure d’écoute, ce qui pose divers inconvénients. Le premier et non des moindre, c’est que cette restriction empêche le groupe de pleinement s’exprimer. A l’image de Who Am I, musique la plus courte si on omet l’interlude Sweet
Serenity, la panne finale, même si elle n’accuse d’aucune faiblesse dans sa pratique, ne saura pas tout à fait nous convaincre car son temps d’exécution se comptera sur les doigts de nos deux mains avec une sensation de manque, d’inachevé.
Cette limitation au niveau du temps impacte également la construction des compositions. Prenons par exemple Thunderheart et
Kill The Ego. En tant que titres indépendants, les deux morceaux sont énergiques, leurs refrains respectifs sont entêtants et leurs riffings sont infaillibles. Mais si on souhaite les comparer, si on ferme les yeux et que l’on écoute les deux mélodies succinctement, on a la soudaine impression qu’il s’agit à de légères différences près du même schéma instrumental. Nous ne sommes d’ailleurs pas plus aidés par le choix des structures des Texans, qui n’est ni plus ni moins que du couplet-refrain-couplet-refrain avec un mini solo au milieu et éventuellement un breakdown à la toute fin.
Et forcément, avec une telle compression de la durée, les chansons s’enchaînement de manière ininterrompus, sans que l’on ait réellement possibilité d’en profiter. D’ailleurs, il est parfois complexe de déterminer si on a changé de titre ou non. Sur cet aspect, seul l’entracte Sweet
Serenity tire son épingle du jeu avec sa mélodie claire et son ambiance réconfortante. On peut également profiter du chant clair et des chœurs de Ruben Alvarez, guitariste du groupe, absents lors de la première partie de l’album mais qui se manifesteront notamment sur le morceau final Humbling My
Skin pour des influences plus axées sur le metalcore.
Fury est loin d’être un vulgaire opus et profite même d’une production ainsi que d’un mixage forts agréables, avec une balance entre instruments millimétrée, fait rare dans le deathcore. Mais nous sommes frustrés à nouveau par les Texans avec des compositions certes athlétiques et diaboliques mais qui manquent d’une sérieuse personnalité et surtout d’un contenu plus étoffé.
Upon a Burning Body rappelle en ce sens une autre formation de deathcore à savoir
Thy Art Is Murder qui souffre du même vice à savoir des morceaux calibrés mais sans la moindre once d’authenticité. Il va falloir songer à vite changer de recette car les faits sont là : notre quatuor est sur une pente descendante et le précipice n’est plus bien loin.
Ah la chronique qui va bien avec le café à l'embauche au bureau.
Je n'ai pas tout a fait la même vision sur ce groupe: deathcore au début, avec un côté comme tu le dis "néo" qui leurdonne de l'originalité, et amène un peu de fraicheur dans le genre.
Avec l'excellent "The World Is My Enemy Now", qui dégage une puissance à la Slipknot, Upon A Burning body sort pas mal du deathcore pour une entité plus metalcore, le suivant sonnera d'ailleurs plus du tout deathcore.
Perso Southern Hostility, je le trouve énorme ! le coté Pantera et autre influence metal sont parfaitement maitrisé, se rapprochant de groupe comme Throwdown ou Chimaira.
J'attendais impatiemment ce nouvel album, je le trouve en dessous du précédent, mais je me faisais pas d'illusion cela m'aurait étonné qu'ils sortent un opus aussi bon que le précédent.Ce Fury est un peu condensé de leur discographie, c'est vrai que pour le coup, il n'y a aucune originalité, voir pas mal de passages qui sonnent déjà entendu surtout sur la 2e partie de l'album où il y a plus de leviers deathcore.
Je préfère les morceaux jusqu'a Kill the ego, qui sonnent plus comme une suite de Southern Hostilily.
Je trouve ton 12/20 un peu dur, mais je peux comprendre, perso je le trouve quand même ultra efficace, je lui accorderais un 13 voir 14/20. Mais ma note définitive viendra quand j'aurais aquéri leur disco.
Merci pour la chro
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