Custard souffre, depuis un peu plus d'une décennie déjà, du poids exténuant d'un lourd fardeau insurmontable. Accablé par cette douloureuse malédiction, dont il ne parvient absolument pas à soulager son esprit créatif, jamais, jusqu'alors, il n'aura réussi à ouvrir ses ailes afin d'atteindre d'autres cieux plus bleus. Non, jamais. Ses velléités restent indéfiniment embourbées dans les terres sombres et marécageuses de ces racines natales dans lesquelles s'imbriquent d'inextricables attitudes culturelles traditionalistes. L'immonde destin, ô cruel amuseur, l'a, en effet, affublé de l'infirmité d'être allemand.
A ce supplice atroce, il ajoute celui d'avoir fait le choix de s'exprimer dans l'univers étriqué d'un Heavy
Power Metal terriblement classique dont l'âme teutonne aura, autrefois, défini remarquablement certaines caractéristiques mais dont elle aura, aussi, échafaudé les heures les plus sombres en l'enfermant dans ces mêmes règles tacites sclérosantes que le rigorisme germain nourrit si bien et duquel il se nourrit tout aussi parfaitement.
Associer cette austérité culturelle à celle d'un genre, ne pouvait conduire qu'à une inévitable agonie. Certains tentent alors aujourd'hui, non sans un certain talent, de créer une modernité nouvelle dans un mouvement pourtant désespérément orthodoxe. En conjuguant ce conservatisme aux influences de divers horizons, ils espèrent sauver cette mouvance originelle (
Power Metal) en la transfigurant (
Power Prog,
Power Symphonique…. D'autres tentent encore de revenir à une expression plus classiquement ancienne en regagnant ces terres où tout démarra. Cette démarche passéiste, aisément qualifiable de ''
Old School'', si elle aura indéniablement des qualités finira, aussi, par s'éteindre de par son manque d'idées nouvelles. Les derniers, quant à eux, en incurables irréductibles continuent de tenter d'imposer, avec une finesse caractérisée par une obstination imbécile, tous les poncifs éculés d'un genre intimement familier à tous ses adeptes. Et malheureusement
Custard appartient à la catégorie de ces inflexibles obtus artistiques.
For My King, précédent effort de ces allemands, outres un artwork indigent et raté, nous proposait un Heavy
Power Metal non sans intérêt. Forces
Domain, quant à lui, n'est rien moins que la représentation parfaitement maitrisée de cette première ébauche certes attrayante mais terriblement maladroite.
Loin de l'apparence moyenne de ces prédécesseurs, ce nouvel effort développe une imagerie soignée et s'applique, musicalement, à nous proposer, tant sur le plan de la production que sur celui de la composition, l'expression d'un savoir-faire impeccable. Pourtant la malédiction continue de ronger les entrailles créatives de ces artistes et, outre les qualités déjà évoqués, l'ensemble de cette œuvre n'est rien d'autre qu'un long moment dédié à un conformisme ennuyeux.
Entendons-nous bien. Les titres de ce Forces
Domain ne sont absolument pas dénués de ces qualités suffisantes à éveiller en l'auditeur attentif le plaisir immédiat. Bien au contraire. Et ainsi, des morceaux tels que le prompt The
Dragonslayer,
Creature,
Heaven Strikes, Poke The
Flames ou encore, par exemple, Warcraft sont autant de moments appréciables. Le réel souci demeure dans le fait que les vertus de ces titres sont les vertus de tant d'autres titres sur tant d'autres albums et que rien ne pourra les démarquer de ceux-là. L'amertume est donc vive alors que résonnent ces airs pourtant charmants, aux chants pourtant estimables, aux refrains pourtant fédérateurs, aux accélérations pourtant familières.
Cette propension aux poncifs ridiculement dépassés prend même une ampleur quasiment caricaturale sur des morceaux tels que l'interminable ballade Kind Of Peace. Et bien évidemment aucun châtiment ne nous est épargné, les notes symphonico-épico-médiévales d'un dernier titre éponyme viennent même achever nos derniers espoirs de rédemption.
Forces
Domain est donc un album resté figé dans les règles ineptes d'une expression, heureusement, révolue. Nul doute qu'une décennie plus tôt l'œuvre eut été saluée mais aujourd'hui elle ne pourra décemment pas l'être tant le vernis qui la recouvre est périmé. Reste quelques passages agréables offerts par des musiciens maîtres de leurs arts mais à l'imagination défaillante. Reste quelques infimes moments de plaisir pour peu que la nostalgie s'éveille. Reste peu de chose en réalité.
En tout cas, à lire ta chro, je ne ferais pas 2 fois la même erreur :)
Merci pour la chro.
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