Fleshcraft

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16/20
Nom du groupe Corpus Mortale
Nom de l'album Fleshcraft
Type Album
Date de parution 08 Janvier 2013
Produit par Jacob Olsen
Enregistré à Antfarm Studio
Style MusicalDeath Brutal
Membres possèdant cet album32

Tracklist

1. Weakest of the Weak 05:23
2. The Unwashed Horde 03:55
3. A Murderous Creed 04:15
4. Scorn of the Earth 04:25
5. Love Lies Bleeding 04:17
6. Enthralled 05:09
7. Feasting Upon Souls 03:05
8. Crafted in Flesh 02:01
9. Tempt Not the Knife 04:02
10. Seize the Moment of Murder 04:51
Total playing time 41:23

Chronique @ BEERGRINDER

14 Décembre 2012

Danish mighty alchemy of Death

Corpus MortaleFleshcraft

L’actualité du duo Martin Rosendhal / Brian Eriksen est chargée, ils participent non seulement à la reformation surprise de Iniquity, mais lâchent également une nouvelle offrande pour leur autre bébé Corpus Mortale. Neurotic Records étant muet depuis quelques années et préférant se consacrer au festival annuel Neurotic Deathfest chez aux à Tilburg (Pays Bas), les deathsters trouvent refuge chez Deepsend Records, écurie outre Atlantique déjà spécialisée dans le Death danois ( Dawn Of Demise, The Cleansing, Deus Otiosus et Spectral Mortuary).

Fleshcraft (2012) arbore sur la pochette une créature vaguement humaine, un amas difforme de chair et de membres issu de je ne sais quelle expérience où d’une transmutation humaine qui aurait mal tourné (les fans de Full Metal Alchemist comprendront). Dans tous les cas, contrairement au savant fou qui a créé cette pauvre créature, Corpus Mortale maîtrise totalement son art.
Dans la droite lignée de A New Species of Deviant, il ne faut pas longtemps à Weakest of the Weak pour imposer ses guitares techniques (mais sans aucun élément démonstratif), ses rythmiques solides et son martelage de batterie très percutant : à 3 : 28 un aperçu de l’art du riffing surpuissant des danois.
Entre les guitares / basse enregistrées au studio de Anders Lundemark (Konkhra), le chant enregistré chez leur batteur Rasmus Schmidt et le mixage et mastering chez Jacob Olsen (responsable notamment du Regiment Ragnarok de Panzerchrist), il y a de quoi s’y perdre. Le résultat est pourtant à la hauteur, avec ce fameux côté à la fois goudronneux et percutant, caractéristique de la scène danish et mettant en exergue l’équilibre du combo : entre le Death d’antan et la scène plus moderne.

On notera également que les lead guitares sont systématiquement de qualité comme l’acte central de The Unwashed Horde ou le final de Enthralled.
Peut-être Fleshcraft manque t-il un peu de surprise, mais si la nécessité d’innovation était la qualité première chez ce genre de combo, ça se saurait. Corpus Mortale se cantonne à ce qu’il sait faire, c’est à dire un Death Metal authentique et inspiré, sans se soucier de savoir si c’est suffisamment old-school ou pas. Ceci semble d’ailleurs être un problème d’identité dont souffrent surtout les jeunes n’ayant pas connus cette époque, tel un converti récent à une religion qui se montre souvent plus extrémiste et dogmatique que ses pairs. Pour être clair, pour peu que vous ne soyez pas borné dans un Death cryogénisé en 1991, Fleshcraft devrait vous ravir.

Comment ne pas tomber à genoux devant Scorn of the Earth et ses riffs dévastateurs ? Comment ne pas vénérer la lourdeur de Love Lies Bleeding ainsi que son accélération finale tapageuse ? Parmi les titres au dessus du lot ici, également Feasting Upon Souls et ses rythmiques brise nuque influencées Severe Torture / Suffocation. En parlant de Suffocation, Brian Eriksen et son équipe, reprennent ici à leur compte une vieille manie des new-yorkais : réenregistrer et dépoussiérer un vieux morceau, en l’occurrence l’excellent Seize the Moment of Murder tiré de l’EP du même nom.

Cinq ans après A New Species of Deviant et neuf après With Lewd Demeanor, Corpus Mortale a pris son temps pour nous mijoter une recette typiquement danoise de puissance, de technique et de précision, mais toujours avec une teinte old-school jamais démentie.
Fleshcraft vient donc agrémenter la pile déjà bien remplie des bonnes sorties Death de 2012, tentant de suivre le rythme effréné du peloton de tête emmené par des Cannibal Corpse, Temple, Aborted, Coffin Text, Beheaded ou Asphyx ayant crevé l'écran cette année.

BG

3 Commentaires

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Pugnae - 28 Fevrier 2013: Un très bon album, comme tu as dit, qui ne fait dans le super original. Mais ça suffit largement, et ça passe super bien.
Scorn of the Earth est vraiment le titre le plus détonant là-dedans selon moi, très accrocheur tout en étant puissant.
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Chronique @ dark_omens

10 Août 2014

Une oeuvre sincère et séduisate, moderne et passéiste, mais qui cependant ne boulversera pas le paysage actuel...

Alors que certains s'adonnent à ces jeux consistant à sans cesse repousser les limites d'un Metal de la mort ainsi toujours plus brutale, violent et dévastateur, les doyens de Corpus Mortale, quant à eux, usent clairement de leur créativité de manière très différente. Nous proposant avec ce Fleshcraft leur, seulement, quatrième album en deux décennies d'activité, et d'activisme, le groupe se complait, en effet, dans une expression très moderne et très percutante, mais aussi très empreinte de ce délicieux passé et de cette épaisseur propre aux contrées dont ces quatre musiciens sont originaires. En d'autres termes un Death Metal véhément et lourd, violent et dense, typiquement danois. Et en d'autres mots encore, un art composé par des vétérans intègres, parmi lesquels le chanteur bassiste Martin Rosendahl et le guitariste Brian Eriksen (tout deux connus pour être d'ardents artisans d'Iniquity), peu enclins à se soucier de ce genre d'amusements parfois stériles à base de "toujours plus vite", "toujours plus crû" et "toujours plus destructeur".

Une fois ce postulat de base couché sur ce papier virtuel, que nous restera-t-il encore à écrire s'agissant de ce nouvel opus? Peu de chose sinon que tel un trait d'union entre différentes époques et différentes aspirations, il s'inscrit dans l'exacte continuité d'un prédécesseur, A New Species of Deviant, sortis en 2007. Rien d'autres si ce n'est qu'une telle œuvre mérite louanges et félicité pour avoir aussi bien retranscrit un genre. Et ainsi il nous suffira, et ce afin de convaincre un auditoire sceptique, de conseiller l'écoute des excellents Weakest of the Week, A Murderous Creed ou encore Scorn of the Earth alliant parfaitement lourdeurs, consistance, virulence et sauvagerie, ou encore de suggérer celle du pesant et écrasant Love Lies Bleeding, conclu par une accélération ravageuse.

Notons également la présence sur ce disque du morceau Seize the Moment of Murder qui n'est autre qu'une relecture du même titre extrait de l'EP du même nom sortis par la formation en 2006.

Bien évidemment, inutile de dire qu'ici les intransigeants adeptes d'un renouvellement incessant ne trouveront nulles traces de cette originalité qu'ils chérissent tant. En effet, rien, ou si peu, n'est de nature ici à évoquer la présence exagéré de ces infâmes stigmates trahissant cet immonde caractéristique novatrice qu'ils voudraient éprouver à l'écoute de chaque notes, chansons ou opus. Non, Corpus Mortale avec ce Fleshcraft ne réinvente rien.

Toutefois la formation originaire de Copenhague affiche une telle maîtrise, une telle inspiration et une telle efficacité qu'il serait très surprenant que les fervents partisans de ce genre de prestations demeurent indifférents.

Fleshcraft est donc un album très réussi pour peu que vous soyez disciples de ce Death Metal à la fois moderne et passéiste, agrémenté de délicieuses lourdeurs. Une œuvre sincère et très séduisante qui ne bouleversera cependant pas le paysage actuel. Un plaidoyer auquel, de surcroit, on souhaiterait une suite bien avant de voir poindre l'aube d'une troisième décennie d'existence pour Corpus Mortale.

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