Fimbulwinter

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17/20
Nom du groupe Satanic Warmaster
Nom de l'album Fimbulwinter
Type Album
Date de parution 14 Novembre 2014
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album76

Tracklist

1.
 Fimbulwinter's Spell
 05:01
2.
 Funeral Wolves
 05:29
3.
 Korppi (Vornat cover)
 06:20
4.
 When Thunders Hail
 05:00
5.
 Dragon's Egg
 06:57
6.
 Nuin-Gaer-Faun
 07:15
7.
 Winter's Hunger
 07:14
8.
 Silent Call of Moon's Temples
 08:22

Durée totale : 51:38

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Satanic Warmaster

  • Fimbulwinter
  • Funeral Wolves | Satanic Warmaster
  • Korppi | Satanic Warmaster
  • When Thunders Hail | Satanic Warmaster
  • Dragon
  • Nuin-Gaer-Faun | Satanic Warmaster
  • Winter


  • Chronique @ Icare

    29 Mars 2015

    Un must have, et l’un des meilleurs albums de black de 2014, sans aucune contestation possible.

    Satanic Warmaster est un groupe atypique. Pas pour sa musique, qui est ultra classique, proposant un black typiquement finlandais, minimaliste, glacial, violent et mélodique à la fois, mais plus pour la polémique qu’il provoque. Pour certains, Satanic Tyrant Werewolf, unique membre de la formation qui voit le jour en 1999 est un génie aux compositions absolument fantastiques, représentant l’élite d’un black metal aussi écorché qu’émotionnel. Pour d’autres, c’est un pauvre type sans aucun talent créatif qui ne fait que recycler ce qui se fait de mieux sur la scène depuis une dizaine d’années (c’est facile quand on a des voisins qui s’appellent Diaboli, Horna et Behexen) en ajoutant une bonne louche de provocation puérile à grands renforts de splits douteux, de croix gammées et de satanisme bon marché. La vérité se situe peut-être quelque part entre les deux, mais il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la musique du Carélien possède une aura envoûtante et presque magique qui vous enveloppe et vous entraîne irrémédiablement dans les terres glacées de Finlande.

    Ce Fimbulwinter, initialement sorti en novembre 2014 sur le label du Finlandais, n’est que le cinquième full length du one man band, et se verra rééditer sur Hell’s Headbanger pour une distribution plus large le 7 avril 2015. Et honnêtement, au vu de la qualité de cette galette, tout simplement phénoménale, c'est la moindre des choses. Car Fimbulwinter est une putain de tuerie, ni plus ni moins, n’en déplaise aux détracteurs du groupe.

    Premier changement qui saute aux oreilles et qui risque de diviser les vieux fans des partisans d’un black plus audible, la production : elle est bien plus claire et massive, moins crade et grésillante, faisant la part belle aux fantastiques riffs de Satanic Tyrant Werewolf - on ne retrouve plus ces stridences de guitare suraigues qui viennent nous vriller les oreilles - et la voix se détache plus nettement de l’ensemble, rendant le tout bien plus puissant et immersif qu’auparavant.

    Le deuxième bon point vient des compos en elles-mêmes, formant un bloc extrêmement cohérent mais diversifié là où les anciens albums du groupe sonnaient parfois plus comme un patchwork de compositions, enchaînant titres rapides et agressifs avec pistes lentes et lancinante sans réelle logique. Fimbulwinter’s Spell débarque sur un riff magique et envoûtant supporté par un blast tonitruant ; un bref répit acoustique, et l’assaut repart de plus belle, avec ces guitares sauvages, majestueuses et épiques, cette batterie guerrière et ce chant hurlé parfaitement articulé. Un break sombre et démoniaque renforcé par quelques claviers discrets, un nouveau riff tout aussi terrassant de violence et voilà le travail. Une grosse mandale dans la gueule d’entrée de jeu, un titre à la fois glacial, violent, poignant et d’une beauté à couper le souffle.

    Et ça tombe bien, car Satanic Warmaster en a encore pas mal à dsitribuer : au programme rien de bien original, du bon vieux true black finlandais (Korppi, au riffing somptueux qui distille sa mélancolie noire directement dans nos veines, et qu’on croirait droit sort d’un album d’Horna ), agrémenté de quelques touches norvégiennes (When Thunder Hails, au riffing particulièrement groovy qui fait penser à du bon vieux Taake des familles, la deuxième partie de Dragon’s Egg, dessinant une grande fresque épique sous ce riffing rude et glacial et les coups sourds de la batterie, Winter's Hunger), mais à l’arrivée, un album tout simplement imparable, huit titres irrésistibles et parfaitement équilibrés pour une grande leçon d’un black metal intemporel habité d'une aura unique.

    Funeral Wolves démarre quant à lui sur un riff roulant et mélancolique aux harmonies délétères, et change de rythme, permettant de souffler dans ce déferlement de blasts et de noirceur, offrant même un riff à la coloration heavy, suivi d’un passage franchement mélodique à la justesse renversante qui n’est pas sans rappeler Dimmu Borgir (!) dans la fusion parfaite entre cette ligne de clavier entêtante et les vocaux hurlés qui, à cet instant précis, font penser aux intonations les plus criardes de Shagrath.

    Les riffs sont magistraux, les vocaux, particulièrement écorchés vous collent des frissons tellement ils puent le désespoir, la misanthropie et la souffrance, et la batterie, inlassable, hypnotise par son martèlement continu. Ce black là est beau à en pleurer, balançant des riffs gelés et majestueux, n’hésitant pas à incorporer des claviers pour renforcer l’aspect épique et grandiose du tout (When Thunder Hails, Dragon’s Egg, qui sonne presque heroïc fantasy avec ces notes épiques à la Oath of Cirion) d’ailleurs, Satanic Tyrant Werewolf semble se plaire à explorer des terres plus mélodiques, aérant sa musique de quelques parties acoustiques, de ralentissements de tempos bienvenus (le début mid tempo, particulièrement lancinant de Nuin- Gaer- Faun), et proposant notamment une piste de clôture de 8,32 minutes entièrement ambiant plutôt réussie, relayant bien le côté à la fois sombre et magique qui nous immerge totalement lors de ces 53 minutes.


    En conclusion, ce Fimbulwinter est un condensé de ce qui se fait de mieux dans le black, pas original pour un sou, certes mais d’une exécution sans faille, sans aucune faute de goût, agréablement varié, et distillant une ambiance indescriptible et totalement immersive, ce qui est la marque des grands albums. Un must have, et l’un des meilleurs albums de black de 2014, sans aucune contestation possible.

    5 Commentaires

    11 J'aime

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    Icare - 29 Mars 2015: Merci pour ces précisions très intéressantes!
    Seul - 30 Mars 2015: A bah tiens moi qui trouvait le morceau "Korppi" bancal, je me coucherai moins con ce soir. Une baffe inattendu comme tu dis, moi qui était resté sur le Luciferian Torch et Nachtzehrer. Une déception tout de même sur Winter Hunger avec une version qui n'arrive pas à la cheville de l'original sorti en EP. Pareil pour le morceau de fermeture, c'est honteusement pompé de Mortiis, note par note j'ai halluciné au début.
    PhuckingPhiphi - 01 Fevrier 2017: Rendu méfiant par la réputation sulfureuse du Maître de Guerre Satanique, je ne découvre enfin ce groupe qu’avec cette galette : je vomis habituellement le politiquement correct, mais les splits avec des Gestapo 666 et autres Aryan Blood, ou la Totenkopf dans certaines versions du logo, j’avoue que ça ne me disait trop rien… Hé bien ce disque s’avère finalement une excellente surprise !

    Non seulement on n’y trouve pas l’ombre d’une revendication politique, les textes se focalisant sur les thèmes standard du Black Metal comme la nuit, la mort, les démons etc. (je suis bon public en la matière), mais les compos sont toutes réussies et accrocheuses. Le tout suinte autant la haine que la souffrance et le désespoir, les nappes de clavier se marient à merveille avec les stridulations glacées des guitares, la batterie sait blaster quand il faut et s’assagir lors des passages atmosphériques… Avec cette production claire et cette voix tout à fait dans les canons du genre, cet album sonne à mes oreilles comme le mix parfait entre Emperor période “In The Nightside Eclipse“ et les suédois de Lord Belial à l’époque de leur chef-d’œuvre “Enter the Moonlight Gate”, avec en plus un petit côté vieux Gorgoroth au détour d’un ou deux riffs sautillants (“When Thunder Hails”), voire un soupçon de Marduk dans les moments les plus brutaux (“Dragon’s Egg” par exemple, dont certains passages pourraient sans difficulté figurer sur “Panzer Division Marduk”). Rien de très novateur donc, mais de vieux pots utilisés avec savoir-faire pour produire une fort bonne soupe au final. Bref, j’aime beaucoup !

    Du coup, je vais me pencher avec beaucoup plus d’intérêt sur la discographie de SWM (en tâchant de faire fi des polémiques), à commencer par les deux EP “Black Katharsis” et “…Of the Night” que j’ai reçus de chez Osmose pas plus tard qu’hier. Les productions plus anciennes sonnent paraît-il plus “raw”, mais ceci a-t-il jamais été un défaut dans le genre dont il est question ici ?

    Merci pour la kro ! :)
    Fyrnael - 19 Juillet 2019:

    Merci beaucoup pour cette découverte! Cet album est monumental, et je vais sûrement passer la nuit à écouter le reste de la disco de ce mec pour voir ce que je commande!

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