Fearless in Love

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17/20
Nom du groupe Voyager (AUS)
Nom de l'album Fearless in Love
Type Album
Date de parution 14 Juillet 2023
Style MusicalMetal Mélodique
Membres possèdant cet album15

Tracklist

1.
 The Best Intentions
 03:48
2.
 Prince of Fire
 04:46
3.
 Ultraviolet
 04:16
4.
 Dreamer
 03:00
5.
 The Lamenting
 04:10
6.
 Submarine
 04:47
7.
 Promise
 03:04
8.
 Twisted
 03:54
9.
 Daydream
 03:09
10.
 Listen
 04:13
11.
 Gren (Fearless in Love)
 05:25

Durée totale : 44:32

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Voyager (AUS)


Chronique @ Eternalis

24 Août 2023

C’est presque une preuve de sagesse que d’écrire un catharsis si accessible dans sa complexité, si lisible [...]

Quand Voyager signe avec Seasons of Mist, ils ont à ce moment là toutes les cartes en main pour afficher plus de visibilité et enfin sortir des sentiers noueux de l’Australie et enfin s’assurer les autoroutes de l’Europe et, peut-être, des States. Mais, encore une fois, le destin en décida autrement et ce fut cette fois le Covid et une pandémie mondiale (rien que ça) qui doucha les espoirs de Voyager de, pour une fois, porter son nom et s’exporter convenablement. "Colours in the Sun" avait tous les éléments pour ça. Un prog racé, moderne, entre ultra accessibilité pop 80s synthétique et dérives djent lourdes et massives, avec un invité de marque (Einar Solberg) sur le premier single et de véritables idées de composition. Les opus précédents ("V" et "Ghost Mile") avaient également de belles qualité mais l’évolution et la maturité étaient évidentes ici. Mais comme nous pouvons tous en douter, malgré un beau succès critique, le quintette australien ne foula que trop peu les sols occidentaux pour promouvoir sa musique.

Est-ce que cette huitième fois sera la bonne ? Quelles idées ont bien pu avoir les ‘zicos pour tenter de se démarquer ?
Bien aider par une règle étrange (particulièrement pour un être sensé en géographie), Voyager fut du voyage de l’Eurovision et fit son petit effet aux yeux du monde, d’un public prog curieux qui de toute façon l’aurait aimé mais est tombé sur sa musique par curiosité mais aussi de tous les suiveurs de loin qui virent le groupe se rappeler à leur esprit au bon moment. Juste avant la sortie de "Fearless in Love".

Nous parlons de prog. Mettons directement les pieds dans le plat. Il n’y a rien d’un Dream Theater là dedans. D’un Queensrÿche. D’un Symphony X. Ou même d’un prog plus moderne et mélancolique comme Leprous ou Haken. Voyager prend parfois, quelques sonorités ici et là, mais distille sa propre personnalité depuis des années, ne faisant que l’affiner avec le temps, sans jamais singer les géants pré-cités pour parvenir à une mixture unique en son genre, sortant du giron du metal par certains aspects tout en s’y inscrivant plus que jamais par d’autres. Un trône qui pourrait paraître bancal à certains mais si attachant, si singulier, alliant le sucre acidulé d’une pop eighties à une déferlante djent actuelle, se permettant du growl autant que des synthétiseurs d’un autre temps. Se permettant de rêver, d’être intrépide et pur autant que plus dramatique et ferme.
"The Best Intentions", introducteur grandeur nature de trois minutes, n’est pas vraiment un titre complet, mais bien qu’une intro. Il est un mixage de la voix si unique de Daniel Estrin, des riffs massifs du duo mixe du groupe ainsi que des claviers poppy et d’une batterie faussement simple qui laisse beaucoup de place à un son de basse monstrueux. Comme sur le précédent disque, la production est phénoménale, épaisse et “in your face” malgré un aspect easy-listening évident, à tel point qu’un tel mélange parait improbable et pourtant d’une efficacité redoutable. Le groupe a beaucoup communiqué sur l’enregistrement “live” de l’album, dans une même pièce, de façon plus organique et collégiale, mais le rendu reste néanmoins très propre et produit (sans que ce soit péjoratif, bien au contraire, tant la prod est réussie). C’est avec "Prince of Fire" (déjà connu des fans qui ont suivi les singles présentés avant l’Eurovision) que l’opus débute réellement. Quelques notes de claviers, un riff surpuissant et une première volonté de montrer que Voyager peut jouer sur les contrastes, avec autant de lourdeur que de finesse. Car sorti d’une intro heavy, c’est surtout la voix enchanteresse de Dan qui se taille la part du lion, intervenant entre les riffs terribles qui pourraient très bien sortir des derniers Periphery ou TesseracT. La délicatesse du vocaliste, la beauté du refrain est un magnifique appel à la quiétude qui ne semble jamais en décalage avec la musique (chose que je reproche parfois à Haken par exemple, ou Threshold pour ne citer qu’eux). S’il se permet parfois de montrer les crocs sur quelques intonations extrêmes, les mélodies et les lignes de chant restent totalement au centre des compositions, qui s’avèrent avant tout des chansons avec des refrains plutôt que de longs périples mythologiques comme c’est si souvent de coutume dans le genre (aucun titre ne dépasse les 5 minutes).

"Ultraviolet" va prouver le niveau actuel du combo et qu’il sonne comme nul autre. Quatre minutes pour débuter sur un lead mélodique electro pop, avec des claviers AOR et un chant pur et lumineux. Puis des riffs qui tabassent, une partie de batterie (sans être le plus fin technicien, Ashley Doodkorte est un sacré maître du temps) super fouillé et surtout un refrain qui ne vous quitte plus l’esprit. Le rythme s’emballe de plus en plus, jusqu’à l’intervention énervée de Sean Harmanis (de Make Them Suffer, groupe australien de metalcore) qui emporte la composition dans une autre dimension, plus sombre et collant parfaitement avec la vidéo d’orfèvre que le groupe a réalisé pour cette composition, proche d’un l’esprit d’un film comme Midsommar (ce qui est un sacré compliment !). Ce côté lourd et massif ressortira avec force sur des titres comme "Submarine" et son riff haché, le bien nommé "Twisted" et son aura plus menaçante, presque froide (cette ligne de basse encore) qui colle à merveille à l’artwork de l’album. "Promise", LE titre de l’Eurovision, n’est en reste non plus et malgré son format “radio friendly” de 3 minutes, éclate tout sur un break quasi core et l’un des rares solo alors que le premier couplet se tramait à travers les lumières de synthétiseurs étoilés.

Le style de Voyager est désormais connu et installé, probablement rédhibitoire pour certains mais diablement chaleureux pour d’autres. Si les excès de sucreries feront grincer des dents aux plus diabétiques d’entre vous, difficile de ne pas succomber devant "Dreamer" et son démarrage 8bits de jeux vidéos et ses péripéties qui font vaguement penser à une new-wave ayant rancard avec du glam, du prog mais aussi du metal moderne et syncopé des années 2010. Et mon dieu que ce gâteau improbable sonne comme le facétieux des surprises cake, savoureux et coloré. Pour un "The Lamenting" bien plus mélancolique et charnel, il y aura un "Listen" plus rock et immédiat qui dévoile les multiples cordes à l’arc des australiens. Etre capable de tout faire mais s’exprimer dans une relative simplicité afin d’être compris de tous. C’est presque une preuve de sagesse que d’écrire un catharsis si accessible dans sa complexité, si lisible dans ses multiples chapitres. "Fearless in Love" est un très beau disque, complet et intelligent, qui mériterait vraiment d’exploser aux yeux du monde pour permettre au groupe de s’exprimer sur toutes les scènes et festivals du monde. Il n’a pas vocation à être album de l’année ou révolution du siècle. Juste à s’exprimer librement et avec humilité.

2 Commentaires

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workflame90 - 25 Août 2023:

Merci Eternalis pour ta chronique. Pour moi il est mon album de l'année! je l'ai attendu, découvert, et je l'ai sur kifé!

Ce manifest est juste magnifique, est les albums entérieur sont aussi de bonne facture, ne pas s'en priver ;)

 

melpo - 17 Décembre 2023:

Merci pour cette très bonne chronique. J'aime beaucoup cet album. 

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