Far Away from the Sun

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Nom du groupe Sacramentum
Nom de l'album Far Away from the Sun
Type Album
Date de parution Mai 1996
Produit par
Enregistré à Unisound Studio
Membres possèdant cet album189

Tracklist

Re-Issue in 2013 by Century Media.
1.
 Fog's Kiss
Ecouter04:47
2.
 Far Away from the Sun
Ecouter05:13
3.
 Blood Shall Be Spilled
Ecouter04:42
4.
 When Night Surrounds Me
Ecouter06:04
5.
 Cries from a Restless Soul
Ecouter05:10
6.
 Obsolete Tears
Ecouter04:40
7.
 Beyond All Horizons
Ecouter06:32
8.
 The Vision and the Voice
Ecouter04:41
9.
 Outro / Darkness Falls for Me / Far Away from the Sun
Ecouter04:10

Durée totale : 45:59

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Sacramentum



Chronique @ BEERGRINDER

29 Janvier 2010
En ce milieu des 90’s, le Black Metal a explosé, ravissant le trône du Metal extrême au Death principalement grâce à la déferlante norvégienne. La Suède tente tant bien que mal de tenir la dragée haute à son omnipotent voisin, grâce principalement à Marduk, Dissection ou des petits nouveaux pointant le bout de leur nez tels Setherial et Dark Funeral. L’œil avisé (quand il ne signe pas des conneries comme Daemonium ou Neolithic) de Christian Bivel a également repéré un jeune combo suédois fort prometteur nommé Sacramentum. Il réédite le mini Finis Malorum avant de leur offrir un deal pour leur premier album.
Niklas “Terror” Rudolfsson (batterie), Anders Brolycke (guitare) et Nisse Karlen (basse/chant) bénéficient en été 1995 du travail d’orfèvre du célèbre Dan Swanö, musicien émérite au sein de Edge Of Sanity et également ingénieur du son de renom dans son antre du Unisound Studio.
Visuellement le trio frappe tout aussi fort, faisant appel au talentueux Kristian Whalin, plus connu sous le nom de Necrolord et auteur de la fantastique pochette de In the Nightside Eclipse (Emperor). La similitude entre les deux travaux est édifiante, on y retrouve les mêmes teintes bleutées et cette atmosphère sombre et embuée. Ainsi débarque Far Away from the Sun au printemps 1996, accompagné par une promo conséquente de Adipocere qui n’hésite pas à afficher des encarts un peu partout et mettre des titres sur les samplers de l’époque, et aidé aussi par le buzz qui veut que Sacramentum soit le digne héritier des défunts Dissection.

Et c’est vrai que Far Away from the Sun rappelle beaucoup la musique du combo de Jon Nödtveidt, c’est à dire un Black Metal avec quelques riffs appuyés proches du Death Metal et toujours un côté mélodique sous jacent. Le chant arraché et inquisiteur de Nisse Karlén n’est pas non plus sans rappeler celui du défunt Jon. Cela dit même si la comparaison est inévitable, réduire Sacramentum au rang de simple clone de Dissection serait dévalorisant pour leurs travaux tant une personnalité propre émane de Far Away from the Sun.

Cependant un autre point commun de taille (et qui a contribué à l’amalgame) est l’enregistrement de FAFTS au Unisound Studio de Dan Swanö, pourtant le son à la fois titanesque de l’album de Sacramentum est bien différent de celui clair et précis de Storm of the Light’s Bane. Musicalement aussi des différences notables apparaissent, là où la musique de Dissection est fréquemment aérée par de la guitare acoustique, Sacramentum relâche plus rarement la pression et avance au gré du matraquage intensif de Niklas Rudolfsson, Blood’s Kiss ouvre d’ailleurs l’album sur une partie furieuse sans la moindre intro.
Le trio suédois emporte l’auditeur dans son monde « très loin du soleil » avec leur Black / Death mélodique tourbillonnant et imparable, chaque riff s’imprime à l’encre indélébile dans le cerveau du Metalhead, le premier du morceau éponyme est un modèle du genre.

FAFTS c’est l’équilibre parfait entre agressivité et mélodie, à l’image de Blood Shall Be Spilled débutant par un linéaire Black à la tierce remarquablement mélancolique pour enchaîner dans une frénésie Black / Death cataclysmique, tout en gardant ce côté mélodique omniprésent. De plus, à l’écoute notamment de When Night Surrounds Me, Anders Brolycke et les siens ont gardé indéniablement quelques racines du Black Metal plus ancien, on y retrouve notamment ce côté épique du Bathory Viking.
Chaque chanson est un pur régal, ce qui fait que le chroniqueur je suis est bien embêté pour en mettre une en avant plus qu’une autre, d’ailleurs pas le moindre titre bouche-trou à signaler, juste un ensemble homogène dans sa perfection… Cependant j’extrairai tout de même l’hypnotique Obsolete Tears et la percutante The Vision and the Voice qui tirent un peu plus ce magnifique opus vers le haut.

Voilà comment sans révolutionner le style ni verser dans l’expérimental ou l’original à tout prix, Sacramentum aura réussi à nous sortir un intemporel qui fait l’unanimité, reconnu aussi bien chez les blackeux que les deathsters, et même en dehors du cercle Metal extrême : la marque des très grands.

In the Name of Satan, Blood Shall Be Spilled
Mighty Name of Satan, Blood Shall Be Fucking Spilled

BG

14 Commentaires

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gransmurf - 18 Fevrier 2012: Un grand merci pour la chro qui m'a donné l'envie d'écouter l'album, je ne le regrette pas du tout!
Jesper - 19 Mars 2012: Far Away From The Sun a eu la malchance de sortir 1 an aprés Storm Of The Light's Bane (alors que les deux albums ont été enregistrés à la même époque en 95, il a de ce fait été longtemps considéré comme un sous Dissection, mais heureusement on peu voire qu'il a été réhabilité a juste titre depuis plusieurs années au sommet du Swedish Black Death Melodic, comme une oeuvre bien distincte de celle de Jon et ses compères. A titre personnel et sans prendre en compte l'aspect historique de Dissection, FAFTS est mon album préféré dans ce style, devant SOTLB.

Avé Sacramentum !
Miskatonic - 24 Novembre 2013: L'un des deux meilleurs représentants du black death mélo suédois au côté du dieu Dissection. Je prend autant de plaisir à écouter cet album que Storm of the Light's Bane qui bénéficie toutefois d'une production plus limpide. Mais ce que Far Away From the Sun perd en clarté, il le gagne en atsmosphère et en vélocité. Aucun remplissage, 9 pistes d'intensité glacée. Tout est dit dans cette excellente chronique.
PsychoticMankind - 08 Avril 2014: Ouais franchement quel album Je me sens dans un état de conscience modifié, je ressens dans tout mon corps la froide nuit romantique que cet album représente Il est absolument magnifique, j'aurais jamais cru dire ça un jour mais c'est peut-être même mieux que Dissection!!
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Chronique @ Kabraxis

16 Janvier 2011

Un chef d'oeuvre musical

« Far Away from the Sun », un nom bien typique Black Metal, à la pochette bleuâtre et vieillotte mais classe. Mon guitariste, qui l’avait écouté avant moi et qui le mettait souvent en voiture, me l’avait vivement conseillé. Intrigué, je finissais par jeter une oreille sur cet album de 1996.

Je crois que dans toute mes écoutes de Metal je ne m’étais jamais pris une baffe de cette envergure : un son crasseux mais distinguable, des guitares puissantes, imposantes, une batterie pleine d’ivresse et qui, sans démesure, sait révéler sa diversité, une voix torturée presque venue d’outre-tombe… Oui, comme tout groupe de Black, à ceci près que cet album à un truc en plus : une qualité dans les compos qu’on ne retrouve que trop rarement ailleurs et une ambiance aussi travaillée que maîtrisée.

Et c’est bien ce qui fait toute la force de cet album : l’entrée en bouche avec « Fog’s Kiss » est d’une rare brutalité, on part à l’assaut à grand coup de riffs et de blasts énervés, s’ensuit des guitares qui ne lassent jamais, qui savent se renouveler pour nous faire goûter sans cesse à de nouvelles saveurs. Citons donc « Blood Shall Be Spilled » ou le break final, marqué par une pause où seuls les guitaristes œuvrent, est dément ; il nous transporte bien loin dans des riffs mélodiques et démesurés.

Le groupe sait aussi y faire avec les surprises : citons « When Night Surround Me » qui cale un break à la guitare clean quasi-mystique en plein milieu de la chanson, d’un coup, entre quelques riffs carabinés ; où bien encore « Beyond All Horizons » qui nous envoie sur des bords de mers glaciaux, torturés par un vent mélancolique et une guitare claire et calme… avant un nouveau riff, encore une fois démentiel, jusqu’à se demander : « putain, mais où ont-ils trouvé tout ça ? ».

Mais, l’œuvre – car c’est bien de cela qu’il s’agit, un pur chef d’œuvre – ne saurait se clôturer sans la seconde partie de la chanson éponyme. Les guitares partent encore une fois, plus calmement, s’ensuit la voix du chanteur imposante comme celle d’un prophète, puissante et forte, puis tout se mélange avec une cohérence qui attire l’espoir, aussitôt brisé par ces mots finalement lâchés : « I am far away / I am Far Away from the Sun ». Et ça ne s’arrête pas là : Sacramentum nous gratifie d'un final au clavier qui, bien que très posée, s’achève par un long son strident et stressant.

C’est donc un froid glacial qui souffle tout au long de l’album, que ce soit dans les sons, la voix déshumanisée et idéale, la grandeur des compositions, toutes d’imposantes et merveilleuses statues glacées presque irréelles. Rien ne manque, rien n’est de trop, je crois qu’on a rarement atteint un niveau de perfection qui sait mieux que jamais nous transporter le plus loin possible du soleil.

19/20 : un album immanquable pour tout bon amateur de Black Metal de qualité, un chef d’œuvre trop méconnu.

2 Commentaires

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MikeSlave - 21 Janvier 2011: super chronique pour un album culte à l'ambiance spectrale à souhait.
Kabraxis - 21 Janvier 2011: Merci beaucoup, mais à la relire, je trouve que cette chronique est vraiment médiocre à côté de la qualité de cet album, elle ne lui rend vraiment pas honneur.. mais de toute façon personne ne le pourra jamais !

Quant à l'ambiance "spectrale", j'approuve entièrement, je n'avais jamais songé à ce terme. ;)
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