Le techno-thrash est un sous-style apparu dans la deuxième moitié des années 80, avec une base thrash en son cœur, tout en y ajoutant des éléments spécifiques tels que contretemps, cassures rythmiques, breaks inattendus, chant souvent haut perché et technicité musicale à toute épreuve en sus d'une audace omniprésente. Les écoutes au casque sont souvent recommandées pour bien saisir toutes les subtilités non décelables de prime abord. Les plus fameux représentants sont
Coroner,
Mekong Delta,
Watchtower ou Voïvod, entre autres. Souvent abordé le temps d'un ou deux albums par certains groupes thrash ("
Deception Ignored", "Worlds Neuroses", "The
New Machine Of Liechtenstein" -
Deathrow,
Living Death,
Holy Moses), le style n'eut son moment de gloire que de manière éparse, limitée et confidentielle. Pourtant, il généra son lot de disques souvent considérés comme des ovnis, attachants, et tellement typiques d'une époque aujourd'hui passée de mode.
Accuser, groupe de thrash allemand, fit partie de cette clique, et bénéficia d'un contrat chez Atom H, (le label de Jürgen Engler, futur
Die Krupps, ayant sorti
Protector,
Shah, Forced Entry ou
Rumble Militia) assurant une distribution européenne plutôt correcte en son temps. Avant de bifurquer vers un metal d'influence
Pantera dans les 90's, puis
Testament dans les années 2010,
Accuser sortit "Who Dominates Who", œuvre remarquable de thrash techno juste ce qu'il faut, privilégiant plutôt la précision/vélocité rythmique dans son propos musical que la recherche inconsidérée de la technique pour la technique.
"Who Dominates Who", qui suivit ce E.P., concentrait ainsi une rafale de riffs surpuissants et diablement entraînants (un extrait est disponible ci-dessous en live). Il eut un prédécesseur méconnu avec ce E.P. à la pochette futuriste dont le groupe fut friand (le thème de la dualité homme/machine notamment qui revient aussi dans ses textes à de multiples reprises - ici sur "Technical
Excess").
Ouvrant ses six morceaux par une ligne de violon surprenante en instrumental succédant à des arpèges de guitare sèche,
Accuser enchaîne sur "Black
Suicide" d'une durée supérieure à 6 minutes et d'une lourdeur toute basse en avant. Les couplets, plus déclamés que chantés ou hurlés, se superposent à une rythmique pesante, aérée par des leads plutôt cristallins. Malgré ces premiers instants purement heavy, le naturel revient au galop, et le rythme s'emballe préfigurant quelque peu l'agression rythmique de l'album suivant, tout en conservant une influence purement allemande (le
Destruction des années 88 - 89 n'est pas loin). Un morceau solide, à défaut d'être génial. "Terroristic Violence", d'une durée similaire, fait preuve d'un côté démonstratif un peu plus développé, avec quelques breaks plus inattendus, tout en gardant un aspect plus débridé et une vélocité supérieure en son final déchaîné remarquable.
Face 2, "Technical
Excess" et ses 8 minutes, aux influences
Deathrow bien palpables, déboule dans une furie thrashisante à breaks multiples. Un très bon moment, aux enchaînements réussis et aux soli rapides. Si
Coroner n'est pas très loin non plus parfois (période "
Punishment For
Decadence"),
Accuser possède plus d'immédiateté et moins de génie toutefois. "F-H-W-C" (initiales de prénoms objets de parodie), plus anecdotique, présente une facette énergique plus "fun" dans un morceau rapide comme cela fut fréquent dans la scène thrash des 80's (citons
Tankard,
Nuclear Assault pour l'exemple).
Plus avant bouche qu'autre chose des albums qui vont suivre,
Accuser sortit un E.P. sympathique, mais nullement indispensable, qui sent bon le thrash allemand de ces années là. Œuvre de transition comme on dit, tant l'identité du groupe ne fut réellement trouvée provisoirement qu'après cette sortie.
Pas tout à fait techno, et lorgnant beaucoup plus vers un thrash assez classique,
Experimental Errors est néanmoins un EP solide. Il possède en outre le mérite de contenir des morceaux réellement nouveaux et dénué de reprises ou de live, par opposition aux
Out Of The
Dark... Into the Lights ou
Mad Butcher (
Kreator,
Destruction), sortis sous un format identique à la même époque.
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