Elysian Fields

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16/20
Nom du groupe Bendida
Nom de l'album Elysian Fields
Type Album
Date de parution 27 Octobre 2025
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Aelma Gilhoeleth
Ecouter01:28
2.
 Hero
Ecouter04:29
3.
 The Golden Dragon
Ecouter05:00
4.
 Elysian Fields
Ecouter04:40
5.
 Fire and Ice
Ecouter05:12
6.
 The Witch and the Bishop
Ecouter05:32
7.
 Dark Midsummer Dream
Ecouter05:14
8.
 We Are Going to War
Ecouter05:20
9.
 The Wheel of Time
Ecouter07:00
10.
 The Swan Queen
Ecouter02:38
11.
 God of Thunder
Ecouter07:03
12.
 Lament for the Fallen
Ecouter04:58

Durée totale : 58:34

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Bendida



Chronique @ ericb4

30 Novembre 2025

L'aventure se poursuit sereinement pour le combo bulgare...

Cinq années soufflées déjà depuis leur second et dantesque album studio « First of the Heroes »... D'aucuns n'étaient alors pas loin de penser, à tort, les espoirs de pérennité du projet bulgare – initialisé en 2008 par l'auteur/compositeur/interprète et pluri-instrumentiste Vinnie Atanasov – à jamais envolés. Aussi, après quelques concerts réalisés en Bulgarie et en Roumanie entre 2021 et 2025, et au terme d'un important process d'écriture, le combo sofiote reviendra dans la course, muni d'un troisième opus de longue durée, « Elysian Fields », signé, tout comme son devancier, chez le discret label roumain Psychosounds Music. Ce faisant, les 12 pistes de ce nouvel arrivage constitueraient-elles des armes suffisamment efficaces pour permettre à nos huit gladiateurs d'opposer une farouche résistance face à leurs si nombreux challengers ? Plus encore, les quelque 58 minutes du ruban auditif de la galette seront-elles à même de propulser le collectif sud-est européen parmi les valeurs montantes du metal symphonique folk à chant féminin ?

Dans cette aventure, Vinnie Atanasov a à nouveau requis les talents de : Kremena Nikolova (ex-Phoenix) en qualité de frontwoman ; Ralica Georgieva (ex-Phoenix) au chant (principal et additionnel) et aux claviers : Bisera Dimitrova au violon ; Alexander Panayotov (Sheky) à la basse ; Viara Grancharova à la viole de gambe (instrument à six cordes à frettes et nécessitant un archet, lointain cousin du violoncelle) ; Plamen Dimitrov au cor. Sans oublier le batteur Iliyan Vasilev (ex-Control The Storm, ex-Nightmare...), fraîchement intronisé. Avec le concours, pour l'occasion, du puissant vocaliste Fabio Lione (Angra,ex-Rhapsody Of Fire), de Svetlana Pencheva au violoncelle et, une fois encore, du "St.Paraskeva" Academic Choir (National Academy of Arts (Sofia)), conduit par Galina Lukanova. Excusez du peu !

De cette étroite collaboration, et conformément aux aspirations premières du groupe, naît un mouvement power mélodico-symphonique, opératique, folk et progressif, dans la veine coalisée de Mattsson, Ancient Bards, Nightwish, Therion et Lyriel, la touche personnelle en prime. Une œuvre volontiers enjouée et solaire, parfois énigmatique, un tantinet romanesque se dessine, faisant montre d'une technicité instrumentale affermie, de lignes mélodiques délicatement ciselées et immersives, et d'une empreinte vocale aisément identifiable et des plus prégnantes, où la part belle est faite aux choeurs. Enregistré au studio même du groupe, mixé et mastérisé par Vladimir Bochev (Zero Project Studio), ce set de compositions repose sur une production d'ensemble de fort bonne facture, dont un mix bien ajusté entre instrumentation et lignes de chant et des finitions passées au crible. De quoi nous intimer de suivre nos flibustiers dans leurs pérégrinations...

A l'instar de son aîné, ce troisième mouvement se voit entamé d'une brève entame instrumentale symphonico-cinématique et inoculé à son tour d'une imposante chorale ; mais, contrairement à son devancier, « Aelma Gilhoeleth » se pose, lui, tel un a-rythmique, aérien et frissonnant élan, ayant toute sa raison d'être. Mais l'arbre, aussi majestueux soit-il, ne saurait cacher la forêt bien longtemps...

Comme il nous y a accoutumés, le collectif se plait à nous projeter sur une terre de lave en fusion, non sans aspirer le tympan du chaland dans la tourmente. Ce qu'atteste « Hero », fringant et violoneux up tempo aux riffs acérés au carrefour entre Nightwish, Lyriel et Ancient Bards, eu égard à son caractère enjoué et à son invitante sente mélodique, où se calent les angéliques inflexions de la frontwoman ; incluant certaines portées empruntées à la "Bourrée" de la Suite No.2 en B mineur de Jean-Sebastien Bach, auxquelles succède, par effet de contraste atmosphérique et rythmique, un vibrant final en crescendo, ce truculent effort poussera assurément à une remise en selle sitôt la chute finale amorcée.

Sur un même modus operandi, mais en réponse à un souci de diversification en matière d'exercices de style, la formation bulgare dévoile une sémillante touche folk. Ainsi, sous l'impact de gimmicks guitaristiques bien amenés, de chatoyants arpèges jaillissant des entrailles d'un accordéon en liesse, de notes tout en profondeur émanant d'un cor inattendu, et sans y perdre de sa tonicité percussive, le jovial « Elysian Fields » invitera, à n'en pas douter, à un pas de danse bien cadencé. Tout aussi vitaminé et enjoué, et mis en exergue par les rocailleuses attaques du maître d'oeuvre, le rugissant « We Are Going to War » génère une énergie aisément communicative. Mais là n'est pas l'argument ultime de nos acolytes pour tenter de nous rallier à leur cause...

Quand elle varie ses phases rythmiques à l'envi, la troupe ne s'est guère avérée plus malhabile, loin s'en faut. Ce que révèle, en premier lieu, le théâtralisant et ''mattssonien'' mid/up tempo « The Golden Dragon » eu égard aux grisantes montées en régime de son corps orchestral et à l'opportune instillation de growls ombrageux, contrastant alors avec les cristallines ondulations féminines convoquées. Plus complexes mais guère moins immersives, les épiques fresques symphonico-progressives « The Wheel of Time » et « God of Thunder », pour leur part, déroulent leurs quelque sept minutes d'une traversée abondant en coups de théâtre ; laissant entrevoir un virevoltant coup d'archet, un fin legato à la lead guitare ainsi qu'un même duo féminin, auquel s'adjoignent à nouveau et par touches des growls glaçants, ces deux classieux et opulents mouvements n'auront pas tari d'armes pour asseoir leur défense. On retiendra, enfin, l'opératique et intrigant mid/up tempo syncopé « The Witch and the Bishop » tant pour ses passages jazzy à l'opportun positionnement que pour la soudaineté de ses accélérations.

Au moment où le convoi instrumental ralentit un tantinet sa cadence, le combo parvient, là encore, à nous retenir sans avoir à forcer le trait. Ce que prouve « Dark Midsummer Dream », mid tempo aux riffs crochetés, à mi-chemin entre Therion et Mattsson ; dévoilant à la fois une mélodicité toute de fines nuances cousues où se greffe un duo mixte en voix claire bien habité, et un pont instillé d'un bref mais poignant solo de guitare relayé de truculents accords au piano, le chevaleresque propos ne se quittera qu'à regret.

Lorsqu'ils nous mènent en de plus apaisants espaces, nos compères trouvent non moins les clés pour nous assigner à résidence. Ce qu'illustre, d'une part, « Fire and Ice », ballade atmosphérique et progressive d'une sensibilité à fleur de peau, que n'aurait sans doute reniée Therion. Au cœur de cette opératique offrande évoluent à l'unisson les magnétiques envolées lyriques de la diva et le pénétrant vibrato de Fabio Lione ; recelant parallèlement des gammes pianistiques tout en délicatesse, densifiant graduellement son dispositif instrumental au fil de son déroulement, et se chargeant progressivement en émotion, l'instant privilégié ne saurait être esquivé par l'aficionado de moments intimistes. Dans cette mouvance, la romantique et ''nightwishienne'' ballade « Lament for the Fallen », telle un slow qui emballe et sous-tendue par une enveloppante chorale, ne saurait davantage être ignorée. On pourra encore se voir interpellé par les oscillations d'un violoncelle libertaire et, par contraste, les discrètes mais grisantes apparitions du cor abreuvant « The Swan Queen » ; injectée de quelques séries de notes renvoyant au premier acte du ballet ''Le Lac des Cygnes'' de Tchaikovsky, et mise en habits de soie par les fluides modulations d'un ''sirénien'' duo féminin, cette ballade a-rythmique n'ira pas non plus sans toucher notre fibre émotionnelle.

En définitive, à l'instar de son devancier, ce frondeur et élégant mouvement nous replonge au cœur d'un univers power symphonique aux coloratures folk et progressives ; aussi solaire qu'énigmatique et romanesque, ce nouvel élan recèle bien souvent l'argument esthétique et/ou technique qui fait mouche. Varié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, le pléthorique propos diversifie également les exercices de style, sans concéder, cette fois, l'once d'un bémol harmonique susceptible d'affadir l'attention du chaland. Si les sources d'influence peinent encore à se voir digérées, les prises de risques consenties et la technicité instrumentale et vocale, comme la fluidité des mélodies et une ingénierie du son plutôt soignée plaident en la faveur de nos acolytes. Aussi, 17 ans après sa naissance, le collectif disposerait dès lors d'un arsenal suffisant pour le hisser parmi les valeurs montantes de cet espace metal. Bref, l'aventure se poursuit sereinement pour le combo bulgare...

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