Ego Death

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
16/20
Nom du groupe As They Burn
Nom de l'album Ego Death
Type EP
Date de parution 10 Novembre 2022
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Unable to Connect
 03:13
2.
 Missing Pieces
 03:32
3.
 V.I.T.R.I.O.L.
 03:53
4.
 Monster
 04:47
5.
 Ego Death
 04:21
6.
 Angel
 05:12

Durée totale : 24:58

Acheter cet album

As They Burn


Chronique @ JeanEdernDesecrator

20 Novembre 2022

Un retour incroyablement solide

C'est l'année du retour pour As They Burn, qui s'était fait un nom sur la scène deathcore française, il y a quelques années. A l'occasion de leur récent concert au Metalloween d'Hendaye, j'ai pu constater que le groupe était précédé d'une réputation de machine de scène : on ne peut pas dire que l'attente les ait relégués dans l'oubli.
As They Burn s'était effondré au seuil de la marche du troisième LP, la phase de composition de l'album avorté avait semé le doute jusqu'au point de non-retour. Pour ses membres, si deuil semblait consommé, on pouvait le deviner sur les quelques publications postées par le groupe après son split en 2015, une nostalgie suspendant le temps pour conjurer l'inéluctable. D'ailleurs, dans les styles core, metalcore, deathcore, etc... même les ténors ont marqué le pas ces dix dernières années (Oui, Suicide Silence, toi aussi), et seuls quelques rares exceptions comme Periphery, Tesseract, ou encore Beartooth ont su se renouveler avec brio.

C'est une soirée concert avec le guitariste Luigi Marletta (Upheaval) qui a fait repartir les braises d'As They Burn, finissant dans son studio par un morceau composé ensemble. Ami de longue date, il avait d'ailleurs déjà suppléé au poste de guitariste en tournée. C'est un nouveau départ, ou le combo semble s'être recentré, Milton et Luigi ont composé les bases des morceaux dans un retour aux sources vers leurs influences, Korn, Deftones en tête.
Le groupe n'ayant plus de label, cet EP de six titres a été finalisé en Do It Yourself, à part les vocaux enregistrés en conditions studio avec Jean-François Di Renzio (The Outcast,…). L'artwork sobre concocté par Spaniard Studio est comme une carte de visite classieuse pour un combo qui se rappelle à votre bon souvenir.

"Unable to Connect", premier titre et single de cet EP, fait trembler les baffles avec son monstrueux riff groovy, ses harmoniques judicieuses, ses transitions bien senties, accompagné d'un chant clair à la Jonathan Davis. Ils frappent fort, aux USA, on appelle ça un "banger" : ça te fait instantanément hocher la tête, et ça s'imprime dans le cerveau en quelques secondes chrono. Aussi les structures des morceaux font dans le simple et efficace, avec des durées minutales (je sais ça n'existe pas, mais tout le monde invente des mots de nos jours) raisonnables.
Est-ce que As They Burn a viré sa cuti pour tomber dans le neo metal ? Oui et non, car au vu des vocaux bien chargés en growls en tous genres, le deathcore n'est pas complètement mis au rencard. Cependant, le chant clair de Kévin Traoré s'est bien installé dans les couplets et les refrains, laissant les growls dans les chœurs et les breaks ("Missing Pieces"). Il y a des petits relents de Fred Durst lorsque la voix de Kevin se casse, de Chino Moreno dans la façon de placer sa voix en équilibre borderline au bord de la justesse. Il a étoffé considérablement son répertoire vocal, et commence à trouver sa personnalité sur le chant clair.
Avec son intro et ses arrangements mystiques, le morceau titre "Ego Death" se révèle torturé et torturant. On se retrouve même sur "V.I.T.R.I.O.L." avec une espèce de ballade dépressive à la Alice In Chains, aux arpèges mélancoliques, qui part en bad trip deathcore avec des gros riffs ultra sous accordés et disonnants. Les ambiances sont soignées, avec même des nappes de synthés et des cuivres sourds sur "Angel", ou sur le morceau titre.

Bien qu'il soit autoproduit, le son de cet EP n'a rien à envier à celui d'un groupe de premier plan. La basse est assez énorme, avec une texture très travaillée, comme on peut l'entendre lorsqu'elle fait cavalier seul ("Ego Death"). La batterie a un son bien fat, sans pour autant squatter l'avant du mix, elle se place en fondation et en support de la musique.
Luigi Marletta a beau être seul à son poste, les guitares se scindent souvent en deux couches, une très rythmiquement heavy, et l'autre aérienne et entourée de moult réverbs ("Angel"), bref elles sonnent lourdes et ouvertes sur les arrangements. Les growls sont rarement in your face, et plutôt mixés légèrement en arrière (la fin de "Monster" par exemple).

Le As They Burn 2022 pourra sembler un peu trop calibré pour certains, qui regretteront peut être le changement de style, allant plus loin qu'on l'aurait cru sur un titre comme "Monster", par exemple, avec son pattern électro. Mais je ne peux m'empêcher de trouver le groupe très à l'aise dans cette nouvelle voie, sûr de sa force, et il ne faut jamais dédaigner un sillon fertile… Cela n'empêche que rien n'interdit de remettre un peu de la folie brutale casse-nuque qui les caractérisait dans leur nouvelle recette.
As They Burn nous avait quittés en 2015 en plein doute, on les retrouve incroyablement solides en 2022, et particulièrement en live, où leur présence scénique est enthousiasmante. "Ego Death" est un EP qui laisse augurer le meilleur pour l'avenir, pour un groupe intègre qui met un point d'honneur à ne faire que la musique qu'il aime.


2 Commentaires

4 J'aime

Partager
fufupue - 20 Novembre 2022:

Ce n'est pas le style que je connais le mieux, mais les groupes de deathcore français c'est plutôt rare ; du moins avec une exposition à un large public. Merci pour l exposition et la découverte.

Groaw - 22 Novembre 2022:

Intéressant ce petit groupe de neo deathcore français. La musique en dessous de ta chronique m'a donné envie d'en découvrir un petit peu plus. Par contre, c'est amusant car les chanteurs que tu cites en premier lieu ne sont pas du tout les premiers qui me viennent à l'esprit. L'esprit un peu torturé en termes d'ambiance et de vocal me font plus penser à du Jonathan Davis ou à du Corey Taylor, notamment sur leurs premiers travaux (Life Is Peachy pour l'un, éponyme pour l'autre).

Comme fufupue, merci pour l'exposition et la découverte !

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire