Dreamweaver

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17/20
Nom du groupe Sabbat (UK)
Nom de l'album Dreamweaver
Type Album
Date de parution Mai 1989
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album152

Tracklist

1.
 The Beginning of the End
 00:36
2.
 The Clerical Conspiracy
 05:38
3.
 Advent of Insanity
 02:28
4.
 Do Dark Horses Dream of Nightmares ?
 06:24
5.
 The Best of Enemies
 08:14
6.
 How Have the Mighty Fallen ?
 08:17
7.
 Wildfire
 04:39
8.
 Mythistory
 06:48
9.
 Happy Never After
 01:02

Durée totale : 44:06


Chronique @ LeMoustre

11 Avril 2015

The Beginning Of The End

Dreamweaver fait suite au percutant History of a Time to Come (1987) des Anglais de Sabbat. Enrichi d'un membre supplémentaire depuis son premier album (Simon Jones, guitare, ex-Holosade) le groupe fait partie des espoirs reconnus du thrash européen à cette période, aux côtés des Allemands de Sodom, Tankard, Holy Moses ou Coroner. Dreamweaver reste un des rares concept-albums dans la scène du thrash mondial, encore aujourd'hui.

Textuellement, l'album est basé sur l'histoire d'un jeune moine chrétien censé apporter le christianisme dans l'Angleterre moyenâgeuse. Accompagné d'un guide-mentor, il va peu à peu apprendre les vertus du paganisme et se poser nombre de questions sur sa religion d'origine, le monothéisme, les droits et les devoirs des religions envers le monde. Auréolé d'un contexte plus ou moins empreint de magie et de mysticisme, parfaitement retranscrit par le parolier/chanteur Martin Walkyier, l'histoire intégrale fait la part belle aux différences entre croyances, à base d'arguments, d'échanges et de réflexions sur le passé, le présent, et le futur de l'humanité sur la planète. A l'origine écrit par Brian Bates (non traduit en Français à ma connaissance) le livre constitue la base de travail de Walkyier.

Ainsi, tout au long des neuf morceaux, dont une intro et une outro acoustiques, Sabbat rythme son album en fonction de l'histoire et des pérégrinations de son anti-héros. Le rythme vocal effréné du chanteur, encore plus intense que sur History of a Time to Come, guide ainsi les riffs, boucles rythmiques et plans instrumentaux virevoltants des morceaux, Andy Sneap (composition, guitare) confiant à posteriori qu'il aurait été délicat d'aller plus loin dans cette voie.

Doté d'une production plus étoffée que sur son prédécesseur, Dreamweaver en reprend les ingrédients : thrash rapide, breaks incessants, morceaux encore plus touffus et débit vocal rageur. Impossible de ne pas succomber, si l'on a apprécié le premier album, aux pièces maîtresses que sont "The Best Of Enemies" ou "Do Dark Horses Dream Of Nightmares ?", longs morceaux prenants, à écouter avec paroles sous les yeux pour profiter de l'histoire. Dreamweaver s'appréciera de préférence d'une traite, afin de découvrir les multiples facettes du groupe et de l'histoire contée (comment ne pas penser, à posteriori, à Skyclad sur le magique et surprenant "Advent Of Insanity ?"), et l'auditeur se régalera de paroles intelligentes parfaitement mises en place par Walkyier sur des morceaux composés par le futur producteur Andy Sneap.

Sabbat se produira, fort du succès de cet album, au devenu culte festival heavy de Lourdes en cette même année, en tête d'affiche aux côtés d'un Sodom et d'un Holy Moses et Noise Records publiera également une VHS lors d'un concert à Berlin avec Kreator, Tankard et Coroner. Tout semblait alors réussir à Sabbat. Malheureusement, rien ne laissait réellement présager alors une scission devenue irrémédiable bêtement (malgré une reformation ponctuelle pour quelques concerts en 2007, avortée à cause de la répartition de ventes de T-shirts du projet actuel de Walkyier The Clan Destined vendus lors de ces shows) entre les deux leaders de la formation.

Plus riche que son prédécesseur, Dreamweaver conserve le côté rageur magnifié sur History of a Time to Come au gré de morceaux plus longs en moyenne (exception faite du single "Wildfire"). Toutefois, il demandera, pour en saisir toutes les subtilités - notamment d'écriture - une attention particulière et une concentration largement méritée. Sabbat nous laisse ainsi un magnifique témoignage de thrash réussi, intelligent et diablement vindicatif et une belle leçon d'acceptation de l'autre.

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grogwy - 23 Novembre 2016:

Je viens de ré-écouter (après de nombreuses années à prendre la poussière) le troisième album de Sabbat, le très décrié "Mourning Has Broken" (1991).
Avec le recul je comprends mieux pourquoi ce disque est détesté par les fans des deux opus précédents, et a été plus ou moins descendu par les critiques.
Suite à l'éviction du bassiste Fraser Craske, du guitariste Simon Jones, et surtout du vocaliste Martin Walkyier le guitariste Andy Sneap a tout simplement changé l'orientation musicale du groupe !
Terminé le singulier Thrash Metal de "History Of A Time To Come" (1988) et de "Dreamweaver" (1989), place sur "Mourning Has Broken" à un Heavy/Power Metal Progressif que n'aurait pas renié Fates Warning (période 1985-1988).
D'ailleurs la voix du nouveau chanteur Ritchie Desmond oscille entre celle de John Arch (premier chanteur de Fates Warning) et celle de James Rivera (Helstar).
J'imagine un peu mieux le choc que l'écoute de ce nouvel album a provoqué chez les fans de la première heure, et surtout leur colère.
Pourtant si on fait abstraction du passé du groupe (ou si on oublie qu'il s'agit d'un disque de Sabbat) les morceaux passent plutôt bien.
Encore faut-il apprécier le Heavy/Power Metal Progressif, mais ça c'est une autre histoire...

mechant - 05 Avril 2019:

Merci le moustre pour m avoir fait decouvrir  1 groupe  thrash atypique avec ce chant particulierement agressif et syncopé.

Il faut tout de meme ecouter ce groupe a tete reposée pour pleinement decouvrir la richesse de cette formation.

J ai du coup vu sur youtube le concert berlinois et je dois avouer que Sabbat envoie severe!

Belle decouverte.

"Render nous cette periode benie!"

Arioch91 - 27 Août 2019:

Un album unique et magique pour ce qui représente pour moi le summum du Thrash britannique, toutes époques confondues.

LeMoustre - 17 Octobre 2019:

Quelques subtilités sont également décelables à la lecture du bouquin, par exemple le riff bourdonnant au début de "How Have the Mighty Fallen" qui évoque le passage des abeilles, étape importante de l'initiation du novice Brand décrite dans le livre, ou les bruits d'enclume par exemple. 

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Commentaire @ Toorop

02 Juillet 2008
"Dreamweaver" est le deuxième album du groupe et il est sorti en 1989. Cet album est basé sur le roman de Brian Bates "The Way Of Wyrd"… qui est un livre à la Tolkien.

Toujours aussi difficile de se faire une place dans le monde du thrash quand on est un groupe anglais et pour la seconde fois, Sabbat y arrive plutôt bien (j'ai même tendance à préférer ce second album au premier, "History of a Time to Come").

Sabbat officie toujours dans le thrash mais un thrash très original :
Dans l'intro on entend quelqu'un qui parle (Martin ?), des cris de corbeau et des sons de cloches. Sa voix est toujours aussi abrasive, saccadée et criarde. Le rythme est toujours effréné et les titres toujours aussi longs (5 titres dépassent les 5 minutes et 2 les 8 minutes)…

La musique de Sabbat n'est pas forcément d'un accès très facile… Les compositions sont complexes, plutôt rentre-dedans (même brut de décoffrage) tel "The clerical conspiracy" (une attaque de la religion), mais Sabbat maîtrise mieux son sujet pour nous éviter l'overdose en intégrant par exemple une magnifique plage acoustique ("Advent of Insanity").

Bon après on repart fort avec Advent of insanity mais de façon moins brouillonne. Les titres ont gardé leur pêche tout en étant mieux écrits.

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LeMoustre - 27 Mai 2011: Plus qu'excellent : UN DES TOP 5 DU THRASH EUROPEEN
FBD5367 - 17 Août 2011: Un des joyaux de la couronne.
En réponse à la chronique : je ne trouve pas les compos de Sabbat particulièrement complexes ou brouillonnes, en tout cas en tant qu'auditeur.
En tout cas, de l'artwork à l'ambiance musicale, ça sent déjà bon le Skyclad.
Lingon - 20 Novembre 2012: Très surpris de voir aussi peu d'intérêt pour un album de cet acabit.

Chacun ses gouts comme on dit, mais enfin tout de même...

18/20 pour ma part et sans aucune hésitation !
samolice - 05 Mai 2014: Une bombe ce disque! Il m'a fallu du temps pour l'apprivoiser à sa sortie. Mais aujourd'hui quel plaisir.
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