Domino

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Sinheresy
Nom de l'album Domino
Type Album
Date de parution 07 Avril 2017
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Domino
Ecouter04:34
2.
 Star Dome
Ecouter04:03
3.
 Without a Reason
Ecouter03:48
4.
 My Only Faith
Ecouter03:41
5.
 Unspoken Words
Ecouter04:42
6.
 Under Your Skin
Ecouter03:47
7.
 The Island of Salt and Grass
Ecouter05:01
8.
 Ocean of Deception
Ecouter03:49
9.
 Believe
Ecouter04:19
10.
 ...Another Life
Ecouter02:31

Durée totale : 40:15

Acheter cet album

Sinheresy



Chronique @ ericb4

11 Mai 2019

A l'aune de cette ogive, l'outsider italien pourrait bien venir jouer les trouble-fêtes...

Dans ce si concurrentiel espace metal, plutôt que de chercher à précipiter les événements aux fins d'une hypothétique et/ou vaine illustration, il est des formations sachant patiemment attendre leur heure pour sortir de leur tanière. Et cet expérimenté sextet italien originaire de Trieste, créé en 2009, serait du nombre. Soucieux de faire évoluer sereinement son projet, le combo trans-alpin a élaboré et échafaudé note par note chacune de ses portées, conférant ainsi à ses compositions le temps nécessaire à leur pleine maturité. Aussi, ne démarra-t-il les hostilités qu'en 2011, et ce, par la sortie d'un discret EP à la coloration gothique intitulé « The Spiders and the Butterfly ». Mais il ne s'agit-là que d'une simple mise en bouche...

Porté par un galvanisant « Paint the World », son premier et symphonisant album full length réalisé en 2013, ce n'est que 4 ans plus tard qu'il accouche de son second effort de longue durée dénommé « Domino » ; pulsionnelle galette sortie chez Scarlet Records, où s'enchaînent sereinement 10 pistes sur une bande auditive de 40 minutes. Aux commandes, s'y trouvent réunis les six membres originels, à savoir : Cecilia Petrini et Stefano Sain au chant ; Lorenzo Pasutto ax guitares, Davide Sportiello (SilentLie) à la basse ; Alex Vescovi à la batterie et Daniele Girardelli (Sinister Shadow) aux claviers. Ce faisant, le collectif nous plonge au cœur d'un metal symphonique gothique un tantinet électro, à la fois impulsif, corrosif, racé et émouvant, dans le sillage de Lacuna Coil, Darkwell, Delain, Amorphis, ou encore Amaranthe.

Mastérisé par un certain Mika Jussila (Finnvox Studios), connu pour avoir oeuvré auprès d'Amberian Dawn, Amorphis, Angra, Avantasia, Edenbridge, Nightwish, entre autres, le méfait jouit d'une ingénierie du son plutôt soignée, témoignant, en outre, d'une belle profondeur de champ acoustique. Comme pour mettre les petits plats dans les grands, l'artwork d'inspiration fantastique et aux tons chatoyants a été laissé aux soins du prolifique graphiste Jan Yrlund (Darkgrove Design), sollicité par moult formations (Imperia, Battle Beast, Leah, Dark Sarah...). Aussi, nos compères ne laissent-ils planer aucun doute quant à leurs intentions d'en découdre...

C'est sur des charbons ardents que nous projette le plus souvent le combo italien, avec, à la clé, quelques moments aptes à générer un headbanging bien senti. Ainsi, les riffs se font incisifs et la rythmique volontiers frondeuse sur « Domino », tempétueux et épique up tempo à mi-chemin entre Lacuna Coil et Amaranthe. Doté d'entêtants refrains mis en exergue par les claires inflexions de la sirène que vient renforcer une muraille de choeurs, ce brûlot prend alors des airs d'addictifs hits en puissance. Dans cette mouvance, le tympan ne sera pas moins aspiré par les orientalisantes séries d'accords émanant du ''delainien'' et entraînant « My Only Faith », par l'enchanteresse sente mélodique dont se pare le luxuriant et tonique « Under Your Skin » ou encore au regard de sémillantes rampes synthétiques inondant le sanguin et pimpant « Believe », rappelant celles de Regardless Of Me, à l'instar de « The World Within ». Mais le spectacle est loin d'être terminé...

Dans une même énergie, certes moins directement orientés vers les charts, d'autres espaces d'expression tirent néanmoins leur épingle du jeu. Aussi, on ne sera guère moins bringuebalé par l'offensive rythmique exhalant des entrailles de « Star Dome », ''lacunacoilesque'' et vibrante offrande entonnée par un duo mixte en voix claires plutôt bien inspiré. On retiendra également « Unspoken Words » et « Ocean of Deception », deux troublantes ogives dans l'ombre d'Amorphis ; l'une pour ses riffs ondoyants, l'inaltérable tonicité de ses frappes et son tapping martelant, la seconde eu égard aux galvanisantes montées en puissance de son convoi instrumental et à la saisissante triangulation vocale entre nos deux tourtereaux et les choeurs.

Sur une cadence plus mesurée, sans l'ombre d'une difficulté, la troupe parvient là encore à nous rallier à sa cause. Ainsi, à la manière de Darkwell, le mid tempo syncopé à la saveur électro gothique « Without a Reason » dissémine des couplets finement ciselés relayés chacun d'un refrain immersif à souhait. Une piste voguant sur d'ondulantes nappes synthétiques et pleinement chargée en émotion, propice à l'enivrement de nos sens, où le duo mixte évolue à l'unisson. Autre moment de pure jouissance auditive, donc...

Quand la lumière se fait douce, l'ambiance tamisée et que s'apaisent les tensions, c'est d'un battement de cils que nos compères parviennent à nous faire plier l'échine. Ce qu'illustre précisément « The Island of Salt and Grass », ballade progressive et romantique jusqu'au bout des ongles. Dans cet espace ouaté à la jonction entre Delain et Amorphis s'inscrivent de délicats arpèges au piano signés Lorenzo Visintin, corroborant un corps orchestral qui, peu à peu, se densifie, encensant par là-même le pavillon. C'est dans cette mer d'huile qu'évoluent de concert les cristallines impulsions de la déesse et les graveleuses patines de son acolyte. Un moment privilégié d'une rare intensité émotionnelle. Et comment mieux clôturer le propos à l'aune de « ...Another Life », ballade a-rythmique tout en légèreté, d'une sensibilité à fleur de peau, et calée sur un troublant guitare sèche/voix ? On regrettera simplement la frustrante brièveté de ce voyage en totale apesanteur...

Le temps a donc joué en la faveur de nos valeureux gladiateurs, ces derniers nous offrant dorénavant une œuvre à la production rutilante, aux compositions sculptées dans le marbre, un poil innovantes et au fort impact émotionnel. A la fois vivifiante, enjouée, épique, enivrante et romantique, cette offrande marque également une évolution stylistique, se distinguant de son illustre devancière par son caractère éminemment frondeur, des arrangements instrumentaux et vocaux de meilleur aloi. Et ce, sans y perdre ni en substrat mélodique ni de son charisme oratoire ni même au regard de la diversité atmosphérique et rythmique du méfait. Si quelques prises de risques manquent encore à l'appel, eu égard au génie créateur de ses auteurs, cette pierre ajoutée à l'édifice est, selon votre humble serviteur, de nature à hisser le collectif trans-alpin au rang de valeur montante de leur registre metal d'affiliation. Bref, un groupe qui, désormais, a le vent en poupe...

Note : 16,5/20

2 Commentaires

1 J'aime

Partager
siger999 - 11 Mai 2019:

nouvel album cet été

ericb4 - 11 Mai 2019:

Je l'attends avec impatience, celui-là...

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire