Disclaimer II

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Seether
Nom de l'album Disclaimer II
Type Album
Date de parution 08 Juin 2004
Style MusicalMetal Alternatif
Membres possèdant cet album124

Tracklist

1. Gasoline 02:48
2. 69 Tea 03:32
3. Fine Again 04:05
4. Needles 03:27
5. Driven Under 04:33
6. Pride 04:07
7. Sympathetic 04:10
8. Your Bore 04:00
9. Fade Away 03:53
10. Pig 03:30
11. Fuck It 02:57
12. Broken 04:18
13. Sold Me 03:40
14. Cigarettes 03:12
15. Love Her 04:12
16. Take Me Away 03:55
17. Got It Made 05:10
18. Out Of My Way 03:52
19. Hang On 03:12
20. Broken (feat Amy Lee) 04:18
Total playing time 01:16:51
DVD
Live Show
1. Gasoline
2. 69 Tea
3. Five Again
4. Driven Under
5. Pride
6. Sympathetic
7. Hang on
8. Broken (acoustic)
Videos
1. Gasoline
2. Fine Again
3. Driven Under
4. Broken
5. Makin The Broken Video

Chronique @ NeoBaBa

27 Octobre 2011

Le Grunge est mort, vive le Grunge !

Au pays de l’appartheid, on semble s’être difficilement remis de la mort de Kurt Cobain, et de la désagrégation du Grunge. Du moins, pour le ténébreux Shaun Morgan, leader du groupe Seether et ex-compagnon d’Amy Lee à ses heures perdues, le suicide du leader de Nirvana l’a profondément marqué, au point que le bougre a décidé de faire tout pareil que son idole aux tifs blonds et aux chemises à carreaux. Les mêmes fringues, la même coupe de cheveux, la même musique, la même voix ( le brave garçon a poussé le vice jusque là ). Shaun Morgan l’a décidé, il sera le sosie de Kurt Cobain ( comme Benoit Poelvoorde a décidé dans Podium de devenir le sosie de cloclo ), comme ça, il pourra induire en erreur des hordes de jeunes ados ( dont moi, à l’époque ou j’étais jeune, naïf et insouciant ), qui croiront écouter des inédits de Nirvana, alors que ça n’en est pas, et faire chier tout le monde, héhéhé. Pourquoi pas, remarque ? Il faut dire que l’autre alternative, c’était de s’envoyer un bastos dans la gueule, tellement ce pauvre petit afrikaner malheureux était désespéré de la vie ( j’vous dis, comme Kurt Cobain !!! ).

Parlons sérieusement. Seether est un cas assez paradoxal et particulier pour moi. D’un côté, je me dis que de violer ainsi à tour de bras le cadavre d’un Kurt Cobain refroidi depuis déjà un moment, c’est quelque peu indécent, et pourtant, je dodeline de la tête sur « Needles » et fredonne en chœur sur « Gasoline ». Je trouve que ce pauvre petit Shaun Morgan est surtout un affreux nombriliste qui ne se rend pas compte de la chance d’être né blanc dans les années 70 et dans un pays alors aussi raciste qu’un militant du Ku-Klux-Klan, et pourtant, les tristes et mélancoliques mélodies des « Driven Under » et autres « Fine Again » me touchent. J’ai eu aussi l’impression, en écoutant les premières fois Seether ( en sachant cette fois-ci que ce n’était pas du Nirvana ), d’écouter n’importe quel groupe post-grunge lambda, et pourtant, non, en se penchant d’un peu plus près, ça ne ressemble pas tant que ça à n’importe quel groupe post-grunge lambda. Aussi étonnant que ça puisse paraitre, Seether est peut-être le groupe le plus identifiable du courant, celui avec la patte la plus reconnaissable. Le plus doué aussi. A la fois violent, dépressif, colérique, sombre mais fédérateur malgré tout, Seether est surement le groupe qui a réussi le mieux à s’approprier toutes les facettes de l’héritage Grunge laissé par ses ainés.

Disclaimer II, à la fois complément remastérisé du précédent ( appellé Disclaimer ) et album à part entière en raison des 8 nouvelles chansons ajoutées, est le disque qui a permis au groupe de se faire connaitre pour de bon. La recette est bonne, excellente même. Des tubes de stades ( « Gasoline », « Fine Again », « 69 Tea » ), des titres méchants et vicieux ( « Fuck It », « Needles », « Sold Me » ), d’autres plus beaucoup plus tristouilles et contemplatifs ( « Got It Made », le très très mélancolique « Driven Under » ), et même quelques surprises, comme le survitaminé et (presque) joyeux « Cigarettes », et surtout « Sympathetic », titre sympathique (hin hin), aux accents folk à la Dinosaur Jr ou à la Neil Young période Zuma, où le groupe s’éloigne ( un peu ) des sentiers battus du Grunge. Les titres ajoutés en plus par rapport au premier Disclaimer sont plutôt bons, mais la plupart n’apportent rien ( excepté les titres « bonus » déjà mentionnés ), et la reprise de « Broken » avec Amy Lee est même carrément casse-burnes. Grosse ballade dégoulinante à la Nickelback, avec la voix d’Amy Lee pour bien enfoncer le clou. Bref, de la merde... Hormis cette erreur de parcours, placée heureusement en fin d’album, le disque est bon, et s’écoute d’une traite. Mais les titres originaux sont clairement les meilleurs...

Voilà donc Seether, qui me pose encore et toujours un peu un cas de conscience. Les groupes qui passent leurs carrières entières à se plaindre sur leurs sorts de pauvres petits malheureux, même lorsque ces derniers sont assis aux sommets des charts et sur des paquets de dollars ( un peu comme Korn maintenant ), ça m’a toujours prodigieusement gonflé. Et puis, c’est très mal de copier ses petits camarades ( on est même à la limite du plagiat à certains moments ), surtout lorsque ceux-ci sont six pieds sous terre à bouffer les pissenlits par la racine. Mais d’un autre côté, je ne peux que m’incliner devant un groupe qui dépote franchement, et qui plus est, a le sens de la mélodie qui fait mouche et du riff qui tape. On peut douter de la sincérité du personnage qu’est Shaun Morgan. On peut estimer que le groupe pille le Grunge et imite outrageusement le trio de Seattle. Mais il l’imite avec un certain talent, tout en entretenant le mythe. Après Disclaimer II, c’est plus fort que moi, je me passe toujours Nevermind. Alors, Seether, meilleur étendard du post-grunge, ou infâme pilleur de tombe ? A vous de choisir…

6 Commentaires

4 J'aime

Partager

Silent_Flight - 27 Octobre 2011: "Seether est surement le groupe qui a réussi le mieux a s’approprier toutes les facettes de l’héritage Grunge laissé par ses ainés"

Je vais m'arrêter sur cette phrase parce que je ne sais pas si je suis d'accord (haha...)

Le groupe a une putain de discographie en dehors du dernier album (sauf le terrible morceau d'ouverture) mais ce qui me pousse à ne pas être d'accord, ce sont les ballades. Il y'en a un peu trop et je les trouve majoritairement mielleuses. A mon avis, le meilleur du "revival grunge" se trouve dans un plus profond underground, chez Second Coming par exemple (ils ont une page sur SOM, allez voir). J'ai pas d'autres exemples en tête, là, mais y'a encore mieux que 6 heures, c'est sûr!
NeoBaBa - 27 Octobre 2011: "En tout cas, à ne pas manquer... S'il fallait avoir 2 albums de grunge, ce serait ces 2 là. C'est dire la référence."
Attends attends j'ai jamais dit ça non plu ! Deforme pas ! Pour moi, Seether, c'est le groupe post-grunge qui vaut peut etre le plus le coup actuellement ( malgrés les défauts que j'ai cités dans la chro ). Quand à Nevermind, ça reste un des albums cultes du genre. Je sais pas si c'est indispensable d'avoir disclaimer 2, mais en tant qu'amateur de grunge, avoir Nevermind, ça, c'est indispensable. Mais comme c'est tout aussi indispensable d'avoir dirt ou superunknown
NeoBaBa - 30 Octobre 2011: Sinon je suis allé écouter second coming, je connaissais pas, et c'est sympa. Mais c'est déjà assez vieux, je les considère ps vraiment comme faisant partie du mouvement post grunge, qui a vraiment commencé au début des années 2000, avec Cold, Nickelback, 3 days grace et bien sur Seether. Second coming est venu peut-être un poil trop tard pour faire partie de la vague grunge proprement dite, mais à l'époque du groupe, Stone temple pilots, pearl jam ou alice in chains continuaient encore aussi...
X_KIRA - 03 Août 2012: C'est pas facile d'évoluer dans l'ombre de Nirvana, de toujours être comparé à la légende du grunge. Mais Seether s'est vraiment démarqué des autres groupes avec cet album. Même si on peut pas s'empêcher de penser a Kurt Cobain en voyant Shaun Morgan, Seether a quand même sa propre identité, et c'est ce que j'aime, c'est pas juste un vulgaire copié collé. En tout cas, j'adore cet album et, pilleur de tombe ou pas, on est bien obligé de reconnaître le talent...
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ Hacktivist

08 Mai 2014

Vous pourrez toujours mentir sur la marchandise en prétendant que cet opus a au moins dix ans...

Lorsqu'une grosse vague de nostalgie a commencé à s'installer dès le déclin d'une grande partie de la scène grunge, fin des 90's, la tendance a tout de suite été de comparer voire de tenter de retrouver un successeur à telle ou telle icône déchue du mouvement de Seattle. Sûr qu'en extrapolant plus largement sur l'influence qu'à eu Nirvana sur les nouveaux-nés du grunge, comme l'ont d'ailleurs fait certains médias ou critiques musicaux, on crée facilement le buzz, à défaut de coller des étiquettes absurdes et dérisoires voire de tirer des conclusions hâtives, précipitées. Pourtant, si on remonte trois ans en arrière, c'était bel et bien de Wes Scantlin, un prétendu imposteur (ou un faux clone au choix... et les expressions ne manquent pas) de Kurt Cobain de qu'il s'agissait. Un argument qui pourrait finalement expliquer en partie (pas totalement donc) les avis très mitigés concernant la vague post-grunge ou bien cette seconde génération 'crasseuse'. Et, ce n'est évidemment pas la nationalité si particulière du charismatique Shaun Morgan qui lui empêchera de subir les mêmes controverses que le leader de Puddle Of Mudd sur "Come Clean".

Tout en sachant que plus des 3/4 de la scène et de l'histoire du grunge s'est fondée, déroulée aux Etats-Unis depuis les 80's et que même les formations parmi les plus undergrounds et retirées du globe qui puissent exister ont pu bénéficier de l'héritage du Seattle Sound des 90's, on se demande finalement quels sont les combos qui se distinguent réellement de la masse. On peut malgré tout souligner le fait qu'à ses débuts (c'est-à-dire précédant son changement de nom en 2002 au moment où ils se nommaient Saron Gas) - en plus de s'être formé sur le sol Africain, Seether pouvait encore conserver un certain attachement à ses origines, notamment par l'enregistrement d'un premier album méconnu nommé "Fragile" au studio The Farm, Midrand situé en Afrique-du-Sud (probablement le seul et unique de leur carrière). Mais bien sûr, il n'en est plus rien depuis la sortie de l'album "Disclaimer" en 2002 qui a commencé à véritablement s'exporter hors des frontières déjà citées avec le tube "Broken".

A la fois considéré comme une re-compilation de "Disclaimer" (bien que les titres originaux aient légèrement été Remixés et qu'un guitariste permanent a été ajouté au line-up) et un nouvel album studio du fait de l'ajout de huit pistes supplémentaires, ce "Disclaimer II" jouit d'une production particulièrement soignée signée par le label Wind-Up Records (Creed, Drowning Pool, Finger Eleven). Une chose est sûre, le style de Seether est d'autant plus renforcé par la fusion de ces deux producteurs de renom que sont Jay Baumgardner (Papa Roach, Godsmack, Drowning Pool, Hoobastank) davantage orienté vers le néo/post-grunge et Bob Marlette (Shinedown, Black Sabbath, Tony Iommi, Alice Cooper) qui lui, est plus centré sur le heavy/metal alternatif. En résultent, des influences particulièrement solides avec une première partie d'album plus agressive mais tout aussi mélancolique confrontée aux nouveaux morceaux d'une couleur grunge plus assumée avec des passages acoustiques, des ballades et d'autres titres assez accessibles.

L'influence de Nirvana n'est donc guère frappante (même si on la sent bien quand même) étant donné que l'instrumentation de Seether se fait généralement dans une approche plus metal par ces riffs lourds et massifs, comme sur l'introduction faite par le tube "Gasoline" par exemple. D'un point de vue vocal, on peut aussi dire que Shaun Morgan solidifie davantage son chant en tenant les screams sans doute plus longtemps que le légendaire Kurt Cobain et y apporte peut-être plus de puissance, de coffre ou de possibilités. Mais effectivement, l'émotion transmise est relativement proche de ce qu'il pouvait se faire sur la scène de Seattle dans les 90's, la touchante "Fine Again" et la triste et très mélancolique "Driven Under" pouvant notamment en témoigner.

Outre le fait que "Fuck It" laisse transparaître des agressions vocales, une brutalité proche du néo voire même un chant hurlé comparable à celui de Aaron Lewis de Staind, Seether a su, avec ce "Disclaimer II" réunir bon nombre d'influences issues des plus grands noms du grunge dont le célèbre Big Four, tout en cherchant à innover, à relancer la scène. Par exemple, avec la torturée et inquiétante "Pig" - le combo fait honneur à Alice In Chains (la tonalité du morceau et les grosses guitares insistantes en disent long à ce sujet) et réalise là, le titre le plus heavy de son parcours discographique. Ce ne sont évidemment pas leurs plus grandes réussites en matière de composition, mais la sympathique "Love Her" semble s'inspirer directement de Nirvana période "Nevermind" avec ce petit côté frais, pop et mélodique, tout comme "Take Me Away" dans un style acoustique simple et pourtant très dispensable.

C'est pourquoi, il faut considérer le post-grunge comme un relais au grunge et non par un autre courant musical opportuniste qui viendrait faire de l'ombre aux derniers survivants du mouvement crasseux de Seattle. D'ailleurs, c'est avec respect et honnêteté que Seether nous interprète des pièces bien plus sombres et emplies de rage, de noirceur. Preuve en est que même après plusieurs écoutes d'affilée, "69 Tea" continue de prendre aux tripes, intéressant dès les premières mélodies certes, mais se révèle incroyablement glauque et ambiancé lorsque se pointe l'autre moitié du hit (cf. à partir de 01:50). Histoire de compléter la paire, "Needles" arrive un titre plus tard pour s'imposer comme une véritable ode à la violence, une class'attitude propre au combo. Tant de choses à dire sur ces vingt titres, tel le groove ravageur de "Pride" - l'accent tantôt furieux tantôt planant mis en avant sur "Your Bore" ou encore le hit émouvant et controversé (certains auditeurs acceptant mal le fait de cette collaboration avec Amy Lee de Evanescence et les lyrics traitant de la relation amoureuse entre Morgan/Lee) qu'est "Broken". Néanmoins, on voit bien que le duo fonctionne à merveille, s'engage à fond dans ce qu'il fait et que d'autre part, les arrangements mélodiques (orchestrations, guitares électriques) sont aux petits oignons.

Les puristes du grunge qui s'efforcent de faire une fixette sur les années de gloire connues par le mouvement s'offusqueront sans doute de voir Seether prendre autant d'ampleur sur la scène post-grunge avec ce "Disclaimer II" mais peu importe, la formation incarne un réel espoir de relance à l'heure où le néo continue son ascension (même si le disque s'épuise et manque de puissance, d'originalité dès la treizième piste). Au pire, vous pourrez toujours mentir sur la marchandise en prétendant que cet opus a au moins dix ans, ils n'y verront que du feu, c'est certain.

3 Commentaires

3 J'aime

Partager
LeLoupArctique - 10 Mai 2014: Bonne chro, on y apprend plein de choses !
Hacktivist - 10 Mai 2014: Je te remercie, ça fait très plaisir. Je pense également que des titres tels que "69 Tea" - "Needles" ou "Pig" pourraient te plaire. Pour ma part, le suivant est encore bien meilleur que ce pourtant bon "Disclaimer II".
LeLoupArctique - 10 Mai 2014: Oui, je les écouterai quand je serais sur l'ordinateur, c'est effectivement ceux que j'avais envie d'écouter après la lecture. Vivement la chro sur Karma and Effect ;D
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire