Dirty Rotten Filthy Stinking Rich

Liste des groupes Hard Rock Warrant (USA) Dirty Rotten Filthy Stinking Rich
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15/20
Nom du groupe Warrant (USA)
Nom de l'album Dirty Rotten Filthy Stinking Rich
Type Album
Date de parution 31 Janvier 1989
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album130

Tracklist

1.
 32 Pennies
 03:08
2.
 Down Boys
 04:04
3.
 Big Talk
 03:42
4.
 Sometimes She Cries
 04:44
5.
 So Down Pretty
 03:32
6.
 D.R.F.S.R.
 03:17
7.
 In the Sticks
 04:06
8.
 Heaven
 03:54
9.
 Ridin' High
 03:07
10.
 Cold Sweat
 03:29

Durée totale : 37:03


Chronique @ adrien86fr

12 Mars 2011

Peu original mais tellement représentatif

Motörhead, Aerosmith, Warrant… Mais qu’ont-ils tous à conspuer les riches avec tant de véhémence dans leurs titres de chansons ou d’albums, ces groupes de légendes dont on ne se lasse jamais d’écouter les meilleurs méfaits sonores en sachant pertinemment que leurs banquiers respectifs doivent très certainement sortir la bouteille de Champagne à chaque fois que nos rock stars favorites franchissent le pas de leur bureau pour faire le point sur les royalties engendrées grâce à la sortie d’un énième album live ou best of ? Alors que le gang de Lemmy et celui de Steven Tyler incitaient leurs auditeurs passionnés à manger du riche, Warrant va encore plus loin dans l’expression de son aversion caractérisée envers les personnes fortunées de ce monde en leur consacrant carrément le titre de son premier album, lequel s’avère être un condensé d’adjectifs qualificatifs peu reluisants envers ceux pour qui l’ISF et assimilés internationaux s’avère être une source de perte d’argent plus que préoccupante. Et que dire de cette pochette inhabituelle pour un supposé album de glam metal mettant en scène un sombre personnage qui ferait presque passer Dominique Strauss-Kahn pour l’égérie masculine du nouveau parfum d’Emporio Armani ou d’Hugo Boss ?

Warrant se forme sous les palmiers de Los Angeles en juillet 1984 autour du guitariste Erik Turner et du bassiste Jerry Dixon. Après les traditionnels et indispensables changements de line-up propres à toute future légende du rock n’ roll qui se respecte et une fois avoir écumé de fond en comble la scène sleaze/glam d’Hollywood, Warrant est finalement rejoint par Joey Allen à la lead guitar, Steven Sweet derrière le drumkit et enfin par un sosie physique de Bret Michaels de Poison en la personne de Jani Lane au microphone avant de s’offrir une carte de visite à travers l’enregistrement et la sortie d’une démo en septembre 1987 sur le label Paisley Park Records qui n’est autre que la propriété du chanteur culminant à pas moins de 157 cm sous la toise ; Prince. En janvier 1988, le combo glam de L.A. signe le record deal tant attendu avec Columbia Records qui sort le 31 janvier de l’année suivante le premier opus du groupe intitulé « Dirty Rotten Filthy Stinking Rich » et produit par le mythique Beau Hill (Ratt, Twisted Sister, Alice Cooper, Kix, Winger, Roxx Gang…).

32 Pennies… Telle est la somme que prétend détenir Jani Lane dans les poches de son jean délavé au sein du morceau du même titre qui a l’honneur d’ouvrir l’album. Bien produit et relativement efficace, le hard rock que Warrant exécute sur ce titre ne sort pas des sentiers battus mais marque l’auditeur grâce à un feeling glam bien senti. En effet, à l’instar de nombre de combos sleaze/glam de la fin de la décennie 80’s, le gang d’Erik Turner n’innove bien évidemment pas mais se contente pour le plus grand plaisir de l’amateur de hair metal pour qui le style et l’attitude prévalent finalement sur la technique et le musicalisme de réutiliser une recette ayant déjà fait ses preuves depuis déjà presque 10 ans et les balbutiements d’une scène glamour incarnée par les inénarrables maîtres d’œuvres que sont entre autres les anthologiques Mötley Crüe, Ratt et autres Twisted Sister. A ce titre, les très bons « Down Boys », « Big Talk », « D.R.F.S.R. » et autres « Ridin’ High’ » possède cette capacité à faire mouche dès les premiers riffs et à transporter l’auditeur dans l’exubérance et la « sex, drugs and rock n’ roll » life ou tout semble beaucoup plus facile que dans la grisaille et la working class atmosphère de la Picardie profonde. En cela, la musique de Warrant devrait pouvoir être remboursée intégralement par la Sécurité Sociale chère au bon vieux préambule de la Consitution de la Quatrième Rébublique qui « garantit à tous, notamment à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, les repos et les loisirs ». Même si Erik Turner et son acolyte six-cordistes Joey Allen ne sont pas vraiment des virtuoses de la guitare comme peuvent alors l’être des George Lynch ou des Tony MacAlpine ; ces derniers parviennent néanmoins à empreindre notablement le riffing du glam metal de Warrant d’une rigueur quasi parfaite plaçant musicalement Warrant à la pointe du royaume de l’efficacité rock n’ roll d’une scène glam qui en 1989 use et abuse sans vraiment le savoir de ses dernières cartouches avant une inexplicable inversion des valeurs et l’avènement des antihéros grunge dont un simple pain de savon de Marseille ainsi qu’un rasoir deux lames Gillette auraient très certainement changé leur façon de concevoir l’Existence avec un grand E d’une façon on ne peut plus radicale.

Bien que frappant d’efficacité et d’attitude, « Dirty Rotten Filthy Stinking Rich » possède également ; années 80 et romantisme de bas étages obligent ; son lot de passages relativement émouvants qui rappellent alors au sleazy motherfucker amateur de hair metal estampillé 80’s (pléonasme) que Warrant ne compte absolument pas avec ce premier disque se distinguer de ses pairs peroxydés et lipstickés hantant alors les clubs rock du mythique Sunset Strip de Los Angeles et nourrissant parallèlement les fantasmes nocturnes de toute pucelle appareildentarisée de moins de 14 ans tapissant les murs de sa chambre avec les posters dégrafés de Kerrang ! et ayant accès à la chaîne de télévision MTV qui se respecte. Pour le plus grand bonheur des plus faibles d’entre nous en effet, les belles « Sometimes She Cries » et autres « Heaven » traitant respectivement de la solitude d’une jeune femme attendant inlassablement l’Amour et du souvenir des plus nostalgiques d’une affection vraie et sincère ressentie pour une ex-girlfriend belle et simple sauront faire nous souvenir de nos conquêtes féminines les plus marquantes et constructives. Ainsi, « Dirty Rotten Filthy Stinking Rich » constitue un album on ne peut plus représentatif du style musical le plus en vogue en ces ultimes temps d’insouciance propres aux années Reagan et Walkman à cassettes. Bientôt en effet, il faudra composer avec la prolifération des MST, la guerre du Golfe et les sacres de pseudo rock stars aux cheveux gras et aux vêtements n’ayant plus séjourné dans une machine à laver depuis au minimum la tragique disparition de John Bonham. A défaut de proposer véritablement quelque chose de nouveau tant au niveau visuel que musical ; le premier opus des Jani Lane, Erik Turner, Joey Allen, Jerry Dixon et autres Steven Sweet présente néanmoins l’avantage de mettre en scène une énième version édulcorée du trip « sex, drugs and rock n’ roll » à consommer sans aucune modération tant qu’il en est encore temps.

A défaut d’être un chef d’œuvre du genre doué d’une quelconque originalité, « DRFSR » trouvera très largement sa place dans la discothèque idéale du parfait fanatique de metal à perruque et à rouge à lèvres glossy grâce à une efficacité indéniable et à l’adoption de nombreux codes du genre plaçant définitivement Warrant au Panthéon des combos glam ayant écrit les lettres de noblesse de la scène sleaze rock/hair metal hollywoodienne des immuables années 80. Illustré par une pochette dont la non censure par le PMRC de Tipper Gore semble relever du miracle tant beaucoup d’acteurs de l’activité politico-économique planétaire pourraient la considérer à très juste titre comme un véritable miroir de leur laideur et de leur arrogance caractérisée, le premier album de Warrant s’avère être aussi important dans la discothèque de tout fan de sleaze rock/hair metal normalement constitué que les casseroles au cul des porcs qui nous gouvernent.

11 Commentaires

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largod - 25 Mai 2014: A redécouvrir pour moi, suite à son acquisition pour rien ce matin. Merci Adrien, je me rappelais de ton papier alors je l'ai pris sans hésiter
PhuckingPhiphi - 18 Juillet 2020:

Excellente chronique, mon cher Adrien, de ce petit joyau du Hair Metal inoffensif, laqué et festif, comme seule cette époque incroyable de la fin des 80s a su nous en proposer. Et quel talent de visionnaire concernant DSK en effet, haha !

“les fantasmes nocturnes de toute pucelle appareildentarisée de moins de 14 ans”… j’ai ri ! :D

Deux petites remarques néanmoins, toutes deux d’ordre purement chronologique :

La première : “une scène glam qui en 1989 use et abuse sans vraiment le savoir de ses dernières cartouches avant une inexplicable inversion des valeurs et l’avènement des antihéros grunge”.

Je ne dirais pas qu’en 1989, le Hair Metal tirait ses dernières cartouches ; je réserverais plutôt cette affirmation à la période 1991-92, moment où la scène s’effondre vraiment sous les effets délétères conjoints de ses propres excès et de la vague Grunge, et où les derniers albums représentatifs du style arrivent à arracher leurs ultimes disques d’or ("Dog Eat Dog" des mêmes Warrant, “The Wild Life” de Slaughter, “Screw It!” de Danger Danger, “Hold Your Fire“ de Firehouse, etc.). J'aurais même plutôt tendance à classer 1989 comme l'année du pinacle absolu du Hair/Glam Metal, avec une déferlante hallucinante d'albums aux ventes monstrueuses et aux tournées démesurées : "Dr Feelgood" de Mötley Crüe, "Skid Row" des mêmes Skid Row, "Trash" d'Alice Cooper, "…Twice Shy" de Great White, "Coacked & Loaded" de L.A. Guns, "Wake Me When It's Over" de Faster Pussycat, "Slip of the Tongue" de Whitesnake, "Big Game" de White Lion… la liste est interminable, à croire que tout ce qui tenait une guitare et se crêpait les tifs en cette année-là était destiné à vendre ses disques par millions et à faire péter les chiffres du Billboard. Ce n'est vraiment que trois ans plus tard que la scène, arrivée à saturation au point de s'auto-parodier (cf. les inénarrables frangins Nelson dont je te dois la délicieuse découverte ;), entamera vraiment son chant du cygne.

Et la seconde : "Bientôt en effet, il faudra composer avec la prolifération des MST…"

En cette belle année 1989, les grands ados que nous étions mes compagnons de fiesta et moi étions déjà largement sensibilisés aux ravages du SIDA (les campagnes de prévention avaient déjà commencé depuis plusieurs années), et puisque que nous parlions de cartouches, c'est hélas encapuchonnés de latex que nous avons pour la plupart tiré nos premières…

Merci pour la kro ! :)

adrien86fr - 19 Juillet 2020:

Hello Phiphi,

Merci pour ton retour et pour ces remises en contexte ! Born too late... 

PhuckingPhiphi - 20 Juillet 2020:

Hormis ces deux détails anecdotiques, pour quelqu'un qui n'a pas vécu la période "en direct", tu as admirablement su restituer l'atmosphère et le contexte de ces années-là… auquel j'ajouterais la rivalité, aujourd'hui bien risible, entre les Thrashers et les Glammers, les premiers traitant évidemment les seconds de mauviettes, et les seconds considérant en retour les premiers comme des sauvages aux limites de la psychopathie. Débat dans lequel, pour ma part, je ne suis jamais entré, ma discothèque comportant déjà à l'époque autant de Bon Jovi et de Mötley Crüe que de Slayer et d'Exodus. Je dois être une mauviette psychopathe :)

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Chronique @ dark_omens

18 Avril 2014

Un premier pas augurant du meilleur pour la suite...

Témoin d'une époque définitivement révolue ce Dirty Rotten Filthy Stinking Rich illustre parfaitement l'hégémonie de cette musique aux confins du Hard Rock, Sleaze Rock et Glam Rock dont il est l'un des représentants. Ce premier album des américains est, en effet, très symptomatique de cette scène d'alors. Une scène qui si elle peine à se renouveler après plus d'une décennie d'existence, fait preuve d'un insolent talent dès lors qu'il s'agira de contenter un public avide de ce genre de manifestation.

S'agissant de Warrant, outre un sens inné pour une simplicité remarquable et efficace, il n'est pas rare, de surcroît, de découvrir dans son expression les relents des travaux de Motley Crue ou, entre autres, de ceux de Ratt.

Mais n'allons pas trop vite en besogne et revenons donc au début de l'histoire de ce quintette.

Formé quelques parts durant l'année 1984, le groupe connaît, durant ces premières heures, les aléas de l'instabilité lié à un line up changeant. En 1987 il parvient finalement à se cristalliser autour des guitaristes Erik Turner et Joey Allen, du bassiste Jerry Dixon, du batteur Steven Sweet et du chanteur Jani Lane. Les cinq musiciens sortent alors, enfin, une démo sur le label Paisley Park Records, propriété du chanteur Prince. Un premier pas prometteur qui leur permettra, d'ailleurs, plus tard, de signer un contrat avec le label Columbia Records et de se voir octroyer les services d'un producteur renommé en la personne de Beau Hill (Ratt, Kix, Gary Moore, Twisted Sister...). Les efforts de ce triumvirat (label, producteur, groupe) se concrétiseront en 1989 sur le Dirty Rotten Filthy Stinking Rich dont il est question ici.

Abordons maintenant cet album. Fort de la démonstration que votre humble serviteur aura développé au cours des deux paragraphes précédents, inutile de vous dire à quel point le Hard Sleaze Glam Rock de Warrant y est ici mis en exergue par une production très soignée. Il ne sera d'ailleurs pas davantage nécessaire d'expliquer à quel point la musique de cette formation est séduisante. Tant et si bien que sans bouleverser nos convictions profondes et notre foi à l'égard du mouvement décrit plus haut, Jani Lane et ses complices parviennent à nous combler avec des titres aussi intéressants qu'un Down Boy, qu'un prompt So Damn Pretty (Should Be Against the Law), ou par exemple, qu'un D.R.F.S.R.
Ridin' High et Cold Sweat exhausseront même cette excellence démontrant toutes les capacités de ce groupe à produire une musique au feeling et au groove incomparable.

Evoquons également Sometimes She Cries et Heaven qui sont deux ballades certes bien exécutées mais sans doute un peu trop classiques. Du moins pour la première. La seconde étant plus intéressante.

Pour terminer cette analyse succincte, il nous faudra, bien évidemment, insister sur le fait, ô combien crucial, que cette musique démodée aujourd'hui ne saurait sans doute pas nécessairement convaincre les adeptes actuels du style tant elle sacrifie, parfois, son efficacité au profit d'une musicalité un peu trop exagérée. Autre temps, autres mœurs.

Quoi qu'il en soit Dirty Rotten Filthy Stinking Rich, premier véritable album des américains de Warrant, augure, en ces temps bénies pour le Hard Rock, le Sleaze Rock et, ou le Glam Rock, du meilleur pour ces cinq musiciens.

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samolice - 22 Avril 2014: Mon opus préféré du groupe. De loin. Des titres catchy et une fraicheur indéniable. Il faut juste ne pas être allergique au maquillage :-) Merci Darko.
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