Detonator

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16/20
Nom du groupe Ratt
Nom de l'album Detonator
Type Album
Date de parution 21 Août 1990
Enregistré à Music Grinder Studios
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album137

Tracklist

1.
 Intro to Shame
 00:56
2.
 Shame, Shame, Shame
 04:33
3.
 Lovin' You's a Dirty Job
 03:15
4.
 Scratch That Itch
 03:17
5.
 One Step Away
 04:50
6.
 Hard Time
 03:47
7.
 Heads I Win, Tails You Lose
 04:00
8.
 All or Nothing
 04:14
9.
 Can't Wait on Love
 04:04
10.
 Givin' Yourself Away
 05:26
11.
 Top Secret
 03:49

Durée totale : 42:11


Chronique @ dark_omens

07 Juillet 2013

Detonator est l’œuvre qui va précipiter Ratt dans une longue et lente agonie artistique totalement justifiée...

A l’aube de ces formidables années 90, le sol trembla secoué par cette force exceptionnelle, volonté de changement phénoménale, qui semblait vouloir briser un univers culturel conformiste dans lequel certains groupes se complaisaient confortablement, auréolé d’une renommé facilement accessible. Prodigieusement accéléré, aussi, par l’essor de tenDance nettement plus agressive et par l’insatiabilité d’adeptes las par tant de conservatisme, ce bouleversement rendait alors toutes tentatives aux aspirations mélodico-mélodiques, d’emblée, considérablement périlleuse. Au cœur de l’agitation de ce bouleversement fondamentale, la quiétude déconcertante avec laquelle certains groupes continuèrent pourtant, inconsciemment, ou non d’ailleurs, d’ignorer ce changement d’ère fut tragique. Nombres sombrèrent.

Afin d’illustrer cette fracture, et ces pertes, évoquons donc Ratt et son Detonator. Cet album, prouvant toute l’incapacité de ces américains à saisir tous les enjeux d’un monde en pleine évolution, est, effectivement, un cliché saisissant d’une époque troublée. Bien évidemment cette seule erreur de discernement ne suffit pas à expliquer totalement cette plongée en l’abime de groupe, et ce, surtout, si l’on songe, en effet, que d’autres auront réussis, pris dans ce climat de tourmente, à sortir des œuvres certes décalées mais éminemment attachantes (TNT - Realized Fantasies (1992), GotthardGotthard (1992) ou encore, par exemple, Europe – Prisonner in Paradise (1991)). Non, si le déclin de Ratt prend source dans cette incompréhension du monde qui l’entoure, elle revêt, également, bien d’autres causes.

Dans un élan critique, notons, tout d’abord, la présence en tant qu'ingénieur du son de Sir Arthur Payson. Si l’homme demeure, aujourd’hui encore, relativement inconnu dans les milieux qui nous intéresses ici, son pendant indissociable, Desmond Child, est, quant à lui, mondialement reconnue. Le producteur, aussi honnis qu’adulé, reste un spécialiste controversé. S’il ne nous appartient pas d’entrer dans cette polémique, ni même de juger des qualités professionnelles de ces hommes, le résultat de leurs travaux revêt, tout de même, quelques spécificités connues pas nécessairement appréciables. Ainsi est-il de notoriété publique qu’ils produisent des œuvres très mélodiques, et même, adjectif haïs s’il en est, commerciales. Le pire est donc à craindre.

Et en termes de mixage, le désastre est, en effet, proche. Difficile de tirer quelques satisfactions de ce son lisse et aseptisé, manquant singulièrement de relief. Si un tel travail pouvait, peut-être, nous contenter autrefois, il aura suffisamment vieillis pour être devenus totalement surannés aujourd’hui. L’embarras nous gagne.

Outres ce son désuet, notons ensuite que l’absence d’inspiration de ces missives poussives nous accable. En des titres à la musicalité naïve parfois consternantes, Ratt s’emploie à défendre un Hard Rock à l’efficacité défaillante (One Step Away ou encore, par exemple, Heads I Win, Tails You Lose). Si d’autres mélopées sont moins caricaturales, elles demeurent redoutablement inefficaces (Lovin' You's A Dirty Job, Scratch That Itch dont le refrain est étonnamment âpre et séduisant, Hard Time, ou encore, par exemple, All Of Nothing). La gêne devient déception.

Pour atténuer cette désillusion, seule Shame, Shame, Shame, Can’t Wait On Love et le très rugueux Top Secret à l’esprit, toutes proportions gardées, Thrashy, viennent panser une plaie douloureuse. La respiration est furtive mais profitable.

Detonator est donc un échec amer. Au-delà de ce défaut majeur d’être pleinement en décalage avec son époque, et s’alourdissant de bien trop de tares pour être un tant soit peu séduisant, l’œuvre va donc précipiter Ratt dans une longue et lente agonie artistique totalement justifiée.

12 Commentaires

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Loloceltic - 07 Août 2013: Cela va sans dire, mais c'est encore mieux en le disant ! ;-)
PhuckingPhiphi - 18 Juillet 2014: Merci pour cette chronique.

Cet album, comme son prédécesseur, avait été très critiqué à sa sortie, et c'est vrai que Ratt était un peu à la ramasse à l'époque, s'accrochant à son heavy-rock FM alors que la planète Métal tremblait désormais aux accords du Death triomphant, avant d'exploser littéralement sous l'impact de la déferlante Grunge.

Néanmoins, réécoutées aujourd'hui avec du recul, ces deux galettes restent fort agréables à l'oreille, et quelques bons titres bien accrocheurs ressortent avec les honneurs de l'ensemble (Shame Shame Shame, Lovin' You Is A Dirty Job, Top Secret, Givin' Yourself Away…). Sortis deux ou trois ans plus tôt, ces titres auraient pu être des hits ; hélas, la scène glam était alors en pleine ringardisation, et je pense que ce contexte a assombri plus que de raison le jugement qui fut alors porté sur la bande à Stephen Pearcy.

Pour le reste, ce fut pour moi (et comme pour beaucoup d'autres apparemment) le dernier album de Ratt que j'achetais avant le come-back d'Infestation, donc je n'ai aucune idée de ce que valent les disques suivants – encore plus décriés semble-t-il.

Un bon petit 15/20 pour moi :)
samolice - 14 Juin 2016: Retour sur cette chro, merci d'ailleurs, ayant eu l'occasion récemment d'acquérir la version cd de l'album, mon Lp ayant disparu. Après plusieurs écoutes, attention ...désaccord!

Certes la prod' n'est pas ce qui se fait de mieux, même à l'époque, mais elle ne m'a pas rebuté autant que toi. Elle manque de relief, ok, mais je ne la trouve pas "clinique". Bref, ça passe bien pour moi.
Plus important, je trouve la plupart des compos réussies, comme par exemple le
très bon et poppy "Givin' Yourself Away". En fait, il n'y a pas vraiment un titre que j'ai envie de zapper direct lorsqu'il passe.

Maintenant, cela reste un album de Ratt, on va pas polémiquer :-)

Au final, bien content de l'avoir racheté celui là.
MarkoFromMars - 05 Août 2016: Album acquis très récemment en occaze, l'occasion faisant bien souvent le larron, ayant fait l'impasse sur ce groupe à partir du Dancing Undercover qui m'avait fortement déplu à l'époque.
Et bien, tout comme l'ami Sam, j'ai apprécié l'écoute de cet album trouvant la plupart des compos réussies et pas plus rebuté que ça par la prod, ça reste un enregistrement de 1990 hein.
Bonne pioche, j'ai envie de dire.
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