«
Deconstruction of the World »… Voici un titre qui sied à merveille à la teneur apocalyptique d’un groupe comme
Sophia. Car ne vous y tromper pas, ce disque est une tuerie symphonique d’une puissance peu commune qui reprend un peu des meilleurs moments de la discographie de Peter Bjärgo.
Le résultat ? Un album puissant, nihiliste doublé d’une clarté ébouriffante qui fait de
Sophia, l’un des meilleurs combos ambiant/indus en activité, et je le pense sincèrement…
Livré dans un superbe packaging typique du style Cyclic Law (l’un des meilleurs labels de dark-ambiant à l’heure actuelle) où le visuel ne va pas sans la forme sonore qui va avec, le nouvel album de Peter Bjärgo est sûrement l’album le plus varié de sa discographie. Reprenant le côté percutant de «
Spite » (les percussions martiales, terribles comme jamais), la puissance symphonique de «
Herbstwerk » (chœurs d’opéra subtils et non moins macabres), «
Deconstruction of the World » est un mixage cathartique d’une grande puissance qui laisse aller à sa mélancolie perverse qui étouffe, suffoque, dérange mais qui ne laisse jamais insensible l’auditeur lorsqu’il se prend en pleine face un disque pareil.
Cependant l’incessante variation des ambiances sur les titres qui composent cet album crée une sorte de mouvement qui ne se consigne pas à une ligne droite, franche et dévastatrice mais plutôt à une spirale qui nous emmène dans un trou noir… une expérience forte qui fait de chaque titre de «
Deconstruction of the World » un requiem de l’Humanité dont il suffit d’ouvrir la porte de la pochette (la contre-plongée de la photo renforce cet aspect de domination et d’écrasement que l’on ressent tout le long de l’album) pour pénétrer de plein pied dans une atmosphère d’horreur étouffée.
Fonctionnant toujours sur des titres globalement courts (pour du dark-ambiant), dans les environs de cinq, six minutes,
Sophia pose néanmoins les volutes de son ambiance avec force et finesse et c’est à l’auditeur de d’avancer pas à pas dans la moelle de l’album pour mieux se rendre compte du concept nihiliste passant de brèves accalmies symphoniques à des passages de pure terreur martiales d’une mécanisation effrayante mais toujours intimement plus variées.
Inutile de vous en dire plus. «
Deconstruction of the World » est de ce fait une perle d’ambiant/indus martiale et symphonique qui plaira fortement aux amateurs de In Slaugter Natives (toujours lui) et de Karjallan Sissit.
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